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En visite à Moscou, en Russie, le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, a co-animé, hier, jeudi 11 novembre 2021, une conférence de presse avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Au cours de cette conférence de presse, le chef de la diplomatie malienne a fait savoir que l’un des objectifs de sa visite en Russie est de donner une impulsion à la coopération entre le Mali et la Russie en matière de défense et de sécurité. «Le Mali n’a rien à cacher en venant à Moscou, parce que c’est une relation qui n’est dirigée contre personne, mais qui est censée prendre en charge les préoccupations des Maliens pour assurer leur propre sécurité, défendre l’unité, l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali. Le Mali n’est pas en train de sous-traiter sa sécurité, mais le Mali veut avoir les capacités nécessaires pour pouvoir assurer sa sécurité », a déclaré Abdoulaye Diop.

«Ma visite ici n’est pas une surprise, elle n’est pas nouvelle parce que la Russie et le Mali sont des partenaires stratégiques et historiques. Le Mali, déjà à son indépendance en 1960, a pu compter sur le soutien indéfectible de l’ex- URSS (Union des Républiques Socialistes et Soviétiques)  pour pouvoir bâtir l’économie et les forces de défense et de sécurité. Depuis, notre relation avec la fédération de Russie ne s’est jamais démentie », a souligné le ministre Abdoulaye Diop. Avant d’exprimer sa gratitude envers la Russie pour avoir formé des milliers de militaires maliens, des fonctionnaires, des cadres maliens. « Nous sommes là pour réaffirmer notre volonté de travailler avec la fédération de Russie, pour le renforcement de notre coopération. Le Mali n’a rien à cacher en venant à Moscou, parce que c’est une relation qui n’est dirigée contre personne, mais qui est censée prendre en charge les préoccupations des Maliens pour assurer leur propre sécurité, défendre l’unité, l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali d’un coté et de l’autre coté, pour renforcer la stabilité dans notre pays, et de trouver un partenariat gagnant-gagnant sur le plan économique, commercial », a-t-il dit. Il a précisé que le Mali souhaite avoir une place importante dans le cadre des relations entre la Russie et l’Afrique. « Nous sommes là aussi pour pouvoir trouver les voies et moyens nécessaires de donner une impulsion à cette coopération surtout sur les questions de défense et de sécurité, parce qu’aujourd’hui, le Mali en tant qu’Etat, est en train de se battre pour sa survie », a déclaré le ministre. A cet effet, il a sollicité l’appui de la Russie sur le plan des équipements militaires, sur le plan de la formation. Selon lui, il y a des plans de partition du Mali qui existaient depuis longtemps. A cet effet, il a souhaité que le Mali soit mis à l’abri de cela. En outre, il a souhaité une aide au Mali dans le cadre de l’accord pour la paix et la réconciliation. « Nous attendons de la Russie, qui est un partenaire pragmatique, réaliste, qui a su faire la preuve de son efficacité dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans d’autres théâtres d’opérations, tous les moyens qui permettent à nos forces de défense et de sécurité d’être les premiers responsables de la sécurité du Mali », a souhaité le ministre Diop. Et d’ajouter : « le Mali n’est pas en train de sous-traiter sa sécurité, mais le Mali veut avoir les capacités nécessaires pour pouvoir assurer sa sécurité. Dans ce cadre, il est absolument nécessaire pour le Mali de diversifier ses partenaires. Tous les partenaires qui ont la capacité de pouvoir aider le Mali seront les bienvenus. Nous apprécions les premières livraisons effectuées le mois dernier, nous souhaitons que les autres qui sont en chantier puissent se matérialiser parce que l’objectif essentiel du Mali aujourd’hui, c’est comment sécuriser ses territoires ».

«Sur les 19 régions au Mali, seules 5 régions seront en mesure d’organiser des élections »

Face à la presse, Abdoulaye Diop a évoqué les attaques terroristes perpétrées au Mali et les conflits intercommunautaires par endroit. A ses dires, le Mali veut inverser cette tendance. « Le Mali est dans une transition politique qui était censée s’achever le 27 février 2022, malheureusement, cela ne sera pas possible, pas du fait ou de manque de volonté politique des autorités maliennes, mais parce qu’il y a des situations réelles qui sont objectives. Je vous ai dit par rapport à la situation sécuritaire sur le terrain, aujourd’hui, sur les 19 régions au Mali, seules 5 régions seront en mesure d’organiser des élections. Pour le reste, il faut que nous travaillions à sécuriser le pays, à augmenter le niveau minimal de sécurité pour créer des conditions sécuritaires pour la tenue d’élections. Nous avons souhaité que le Mali, dans le cadre d’un dialogue, convenir d’une feuille de route pour pouvoir terminer cette transition par des élections transparentes et crédibles et nous espérons que nos partenaires de la CEDEAO, de l’UA et des Nations Unies puissent faire plus de preuve de compréhension. Aujourd’hui, les sanctions qui sont imposées à notre pays lors du dernier sommet de la CEDEAO ne sont pas des sanctions qui aident à avancer. Aujourd’hui, ce dont le Mali a besoin, c’est d’écoute, de compréhension, de partenariat et d’accompagnement », a-t-il dit. Il a fait savoir que les sanctions de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali ne peuvent que fragiliser une situation déjà complexe. « La Russie en tant que membre du conseil de sécurité est un partenaire important avec lequel nous avons partagé nos préoccupations, nous avons souhaité qu’elle puisse nous accompagner. Quelle que soit la gravité des problèmes qu’on respecte la souveraineté du Mali, qu’on permette aux Maliens par leur géni propre de pouvoir trouver des solutions », a précisé le ministre Diop. A l’en croire, avant la fin du mois de décembre 2021, un calendrier sortira et qui permettra au Mali d’avancer. « Nous réaffirmons notre volonté de renforcer la coopération avec la Russie dans le domaine de sécurité et du développement économique, dans le domaine de la formation », a conclu le chef de la diplomatie malienne.

Aguibou Sogodogo

Source: Le Républicain