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Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, M. Berthé, en bon syndicaliste, fait le diagnostic sans complaisance de l’entreprise et propose une ordonnance de médicaments essentiels pour guérir Transrail qui sont : le dialogue, la concertation et l’unité syndicale.
L’Inter de Bamako : Comment se porte Transrail ?

Abdoulaye Berthé : Aujourd’hui, Transrail se porte assez bien. Au regard de ce qui se passe (salaires à jour, les allocations familiales se négocient favorablement avec l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), les frais médicaux et les autres droits des travailleurs ne souffrent actuellement d’aucun problème. On peut dire que ça va de mieux en mieux. Côté technique, une grande amélioration est constatée (maintien permanent du nombre de machines et de pièces de rechange nécessaires pour assurer régulièrement le trafic, augmentation de la vitesse commerciale et d’énormes efforts dans les travaux de réhabilitation de la voie.

Le Gouvernement à un moment a mis temps deux (2) milliards dans la locomotive afin qu’elle siffle fort. Qu’en est-il exactement ?

Abdoulaye Berthé : Bien que destiné à la société Transrail, aucun sou des deux (2) milliards n’est tombé dans la caisse de Transrail. Seul le département de l’Equipement et des Transports peut répondre à l’utilisation faite de ce montant. Ce que nous savons, c’est que les deux (2 ) milliards de FCFA devraient servir à l’achat de pièces de rechange et pour effectuer des travaux de réhabilitation de la voie afin de relancer les activités de Transrail pour faire face au règlement préventif auquel elle est soumise. D’instance de suivi- correct des dépenses de ce fonds, le département est devenu décideur de l’utilisation de ces fonds.

Et l’affaire de pot de vin de 300 millions de FCFA proposés au ministre ?

Abdoulaye Berthé : Cette affaire n’engage que celui qui l’a déclaré sur les antennes d’une radio libre de Bamako. Il parle de corruption, il connaît donc le corrupteur et le corrompu même s’il affirme que le ministre a refusé le pot-de-vin. Dans cette situation qui doit échapper ? Celui qui a fait la déclaration sans apporter des éléments de preuve, doit être convoqué et entendu. Les deux autres (le corrupteur et le corrompu) doivent porter plainte pour diffamation, pour se blanchir d’un acte de corruption qui les frappe.

S’il n’y a aucune réaction de la part des deux, c’est admettre alors que la tentative de corruption et le refus de dénoncer un acte de corruption sont là. C’est ça notre analyse tout en précisant que le syndicat observe tous les trois dans leur démarche et la justice, si elle devait être saisie. L’affaire est rocambolesque et mérite des éclaircissements.

L’heure est à l’unité syndicale. A Transrail comment voyez-vous les choses ?

Abdoulaye Berthé : L’unité syndicale est l’arme la plus efficace pour la gestion du front social. Elle se trouve perturbée aujourd’hui par une campagne d’intoxication menée par un groupuscule en crise de majorité et de crédibilité.

Ce groupuscule lâchera sans doute d’une manière ou d’une autre :

1. Devant la dure réalité du jour, il se ralliera à la majorité qui lui laisse la porte toujours ouverte.

2. Devant le risque de disparition sur la scène syndicale de Transrail qui s’agrandit de jour en jour, le groupuscule cèdera ou périra. Le choix est donc là, il est gratuit pour les deux cas de figures précités. Pour toute précision, nous signons et persistons que ce groupuscule est instrumentalisé par le département de l’Equipement et des Transports, qui a lui-même souhaité au départ l’unité syndicale à Transrail.

Aussi, nous profitons de vos colonnes pour affirmer une fois de plus que le souci majeur de la section-unique UNTM/Transrail est la recherche d’une couverture politique et la maîtrise de l’application des lois nationales par rapport aux lois internationales. C’est à ce seul prix que Transrail peut être sauvée.

Quels sont vos différends avec votre ministre ?

Abdoulaye Berthé : Il n’y a aucun différend entre notre ministre et nous. Le seul point obscur découle du manque de concertation et de dialogue provoqué et entretenu par le ministère à travers des détracteurs et anciens dilapidateurs des fonds de Transrail qui croient pouvoir faire revenir le même système. Ce temps est révolu et ne reviendra plus.

Réalisé par Amy SANOGO

L’Inter de Bamako du 25 Novembre 2013