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Après une visite minutieuse des installations de l’Abattoir frigorifique de Bamako, son PDG a bien voulu nous accorder un entretien dans lequel il parle des travaux effectués et ceux en cours, les efforts déployés pendant la crise de la viande et de ses relations avec les bouchers.

Les Echos : Pouvez-vous nous présenter l’Abattoir frigorifique de Bamako ?

Abdoul Wahab Moulékafou :
L’Abattoir frigorifique de Bamako a été privatisé en 2003. Ma famille l’a racheté et j’en suis le PDG. Malgré les difficultés de départ (machines en panne, état des lieux…), nous avons fait améliorer la situation de l’abattoir petit à petit. C’est ce qui nous a amené à une étude de modernisation de l’Abattoir. L’étude a été réalisée par le Centre de développement pour les entreprises (CDE) basé à Bruxelles. Le coût de la modernisation s’est chiffré à plus de 5 milliards de F CFA. Nous avons fait la première phase qui concerne l’aspect physique, la 2e phase (équipement) est en cours et la 3e phase (congélation) est à 95 % exécutée. Aujourd’hui, nous employons environ 170 personnes y compris les saisonniers. Pour le moment, l’Abattoir s’occupe seulement du traitement de la viande. Notre objectif principal demeure l’approvisionnement correct de nos compatriotes en viande.

Les Echos : Quelles sont les dispositions prises par l’Abattoir pour un approvisionnement satisfaisant des Maliens en viande, surtout en période de crise ?

A. W. M. :
Comme d’habitude, l’Abattoir fait tout son possible pour que les Maliens soient correctement approvisionnés en viande. Notre travail concerne seulement l’abattage, mais nous avons répondu favorablement à la sollicitation du gouvernement au moment de la crise en acceptant d’acheter le bétail nous-mêmes. Nous avons travaillé pendant 20 jours dans le cadre de la subvention du gouvernement et avons fait un mois sans prendre de taxes avec les bouchers. Mes employés et moi-même avons tout mis en œuvre pour mettre fin à la crise en dépit des difficultés occasionnées par l’exportation des vaches. Nous nous sommes sacrifiés pour le peuple malien et le gouvernement. Nous pensons donc avoir accompli notre mission de service public.

Les Echos : Comment sont les relations entre l’Abattoir et les bouchers ?

A. W. M. :
Seulement la paix et la concorde existent entre l’Abattoir et les bouchers. Nous défendons les intérêts des bouchers comme les nôtres. Nous sommes interdépendants, car nous allons de pair. C’est donc l’entente cordiale entre nous comme les syndicats de bouchers peuvent le témoigner.

Les Echos : Quels sont les projets de l’abattoir ?

A. W. M. :
Nous sommes très ambitieux et nos projets sont énormes. Ils visent essentiellement à mieux améliorer la qualité de nos services et de nos installations pour le grand bonheur de nos compatriotes. Pour l’instant, nous préférons les taire et les dévoilerons à la fin des travaux en cours ou en gestation.


Propos recueillis par
Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

Les bouchers confirment la bonne entente

Le secrétaire général du syndicat des bouchers du district de Bamako, Amadou Fomba, a confirmé les propos du PDG de l’Abattoir frigorifique de Bamako concernant leurs rapports. Selon lui, « il n’y a aucun problème entre l’Abattoir et nous les bouchers. Nous travaillons dans de bonnes conditions et payons à notre tour à l’Abattoir les taxes de redevance que nous lui devons ».

Toutefois, M. Fomba a, pour la énième fois, fustigé l’attitude du gouvernement à qui il attribue la cherté de la viande. « C’est le gouvernement qui est responsable de la cherté de la viande. Au moment de la crise, elle a, à notre demande, promis d’empêcher l’exportation du bétail, une chose qu’elle n’a pu faire que pendant une semaine. Arrêtez l’exportation du bétail, vous verrez que les prix de la viande reviendront au niveau du pays réel ! », a-t-il tranché.

O. O.

17 août 2007.