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Une nouvelle date historique pour les acteurs de la lutte contre la pratique des mutilations génitales féminines au Mali ! En effet, le 17 juin 2014 le village de Karaya Kofoulabé situé à 20 Km du cercle de Kita vient de signer une convention attestant l’abandon de la pratique de l’excision dans leur communauté. Pour l’occasion ils étaient tous au rendez-vous, notabilités, leaders religieux, détenteurs de la tradition (Doso) et les enfants pour signifier que le couteau exciseur ne ferra plus de nouvelle victime à Karaya Kofoulabé.

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En apposant leurs signatures chef de village, préfet et représentant de l’ONG ERAD ont engagé le village de Karaya Kofoulabé aux yeux du monde. Désormais le couteau de l’excision ne va plus opérer dans cette localité du cercle de Kita comme le veut la convention signée de plein gré par les différents acteurs. Cette nouvelle victoire pour les acteurs luttant pour l’abandon de la pratique des MGF (mutilations génitales féminines) singulièrement l’excision a été obtenue grâce aux efforts conjugués de Plan-Mali et de son partenaire ERAD (Equipe de recherche et d’appui pour le développement) qui travaillent avec les communautés locales du cercle de Kita.

Le village de Karaya Kofoulabé est situé à 20 Km de Kita loin des grandes infrastructures, le village accède tout doucement au développement grâce à l’appui des organisations non gouvernement à travers des formations en éducation, santé et économie. L’Ong ERAD, partenaire de Plan-Mali est présente depuis 3ans à Kita pour favoriser le développement communautaire. Conformément à son volet santé et droits des enfants, comme l’explique la représentante d’ERAD, Nana Thiam, c’est à travers des séances d’éducation, de sensibilisation avec les populations sur les méfaits et complications liées à la pratique de l’excision, qu’ elles ont choisi pour la santé et le bien être des filles d’abandonner la pratique dans leur communauté. Un résultat obtenu avec l’appui et la concertation des leaders religieux, traditionnelles et autorités administratives, ajoutera –t- elle.

Selon certains témoignages, l’excision relèvera plus de la coutume que de la religion et à travers la forte implication de la confrérie des Doso, garant de la tradition, on peut espérer un engagement responsable et réel du village de Karaya Kofoulabé. Car pour signifier leur adhésion à la convention, les Doso dudit village n’ont pas hésité de brandir des messages relatifs à l’arrêt de la pratique de l’excision pour le bien être des enfants. Pour les habitants de Karaya Kofoulabé il n’y a aucun mal à découdre avec des coutumes qui s’avèrent négatives pour les personnes. Chose qui ne signifie point abandonner sans culture comme l’a indiqué le chef du village de Kofoulabé. Notons que 20 villages couvert par le projet d’ERAD dans la localité ont adhéré à la convention pour l’abandon de l’ excision, 4 villages sont en voix d’abandon et 6 villages demeurent mitigés.

Khadydiatou Sanogo

Le 19 Juin 2014