Partager


Les tournants de l’histoire d’un pays sont souvent marqués par les bons mots d’un leader charismatique. Ainsi, à l’annonce de sa victoire à l’élection présidentielle française du 10 mai 1981, le nouveau président Français Mitterrand aurait murmuré : «enfin les difficultés commencent».

Il avait remporté le scrutin avec 52% des voix face à Valery Giscard d’Estaing. A l’issue de la conférence des cadres du Mouvement Citoyen, un cadre s’est exclamé, «enfin ! il était temps» avant de rappeler les paroles de Mitterrand. Tout le monde a été soulagé, le 20 avril dernier. Et il y a de quoi. La direction politique du Mouvement Citoyen décide, désormais, de s’atteler à la refondation et à la redynamisation du regroupement politique des amis politiques du président Amadou Toumani Touré (ATT).

Enfin, le défi est lancé de laver l’affront que quotidiennement les piètres politiciens infligent au Mouvement Citoyen. Combien de fois ont‑ils, avec mépris et arrogance, traité le MC d’être une association politique sans âme, sans projet ?

Il est vrai que le Mouvement Citoyen est un front de conquête politique. Comme tel, il a connu le destin de tout front politique après son accession au pouvoir d’Etat. Les traditions entre les clans s’aiguisent. Bizarrement, les nuances dans la tradition de l’idéal politique, du projet de société, deviennent des contradictions principales dans l’esprit de beaucoup de responsables politiques.

Le front se lézarde. Il arrive même que des familles politiques se détachent pour suivre leur voie parce qu’elles ne supportent plus d’être «minoritaires» dans les prises de décision. Très peu de partis politiques maliens ont échappé à ces secousses internes après le 26 mars 1991 et l’institutionnalisation du multipartisme intégral.

Le Mouvement Citoyen n’a pas échappé à la règle. Depuis quelques mois, un débat interne a tiré les leçons des réparations douloureuses d’avec le PCR et la FCD de Monsieur Djibril Tangara. Les leçons ont été tirées : refonder et redynamiser le Mouvement Citoyen. Le moment est opportun. Le Mouvement Citoyen dispose maintenant des idées, de la méthode, de l’organisation pour traduire en actes son projet de société.

Ce projet n’est autre que le «Projet de Développement Economique et Social (PDES)» proposé par ATT et accepté par les populations du Mali. J’insiste : le PDES est le projet de société du Mouvement Citoyen.

Mais, faut‑il rappeler qu’en politique dans une démocratie forte, l’analyse de l’état de la nation et les solutions proposées par un groupe politique ne sont pas forcément identiques à la lecture gouvernementale et aux décisions d’un chef de gouvernement. Même si ce dernier est membre du parti au pouvoir. Du parti et du gouvernement, chacun suffit à ses raisons.

Il en est de même des autres institutions républicaines. Pour le bonheur du peuple, le jeu politique dans une démocratie est une somme de nuances dans la vision politique et la décision administrative.

A partir de la Conférence des cadres du 20 avril 2008, la mission des cadres, militants sympathisants du Mouvement Citoyen est de s’approprier le «PDES» dans toutes ses nuances. Je suis convaincu qu’ils restaureront bientôt, partout, au Mali, les socles du «PDES». Le travail bienfait dans la discipline et la transparence. La récompense du mérite. La sanction de la faute.

Le forum du 20 avril a été productif. Le soulagement se lisait sur le visage des participants. En effet, les conférenciers ont été convainquants. Les ministres Hamed Diane, Hamed Sow, le conseiller présidentiel, Seydou Cissouma, ont exposé brillamment les avantages du «PDES» pour créer plus d’emplois pour les jeunes.

Je rassure les lecteurs de ce journal. Je ne suis pas un optimiste béat. Je suis même conscient que depuis son avènement sur la scène politique, les leaders du Mouvement Citoyen ont été timorés et ont raté de multiples occasions pour mieux occuper le terrain politique. Cet handicap découle t‑il du fait que le Comité Exécutif National (CE) est et reste provisoire ?

Je me demande aussi si le Mouvement Citoyen a le flair politique suffisamment développé pour repérer, attirer, faire adhérer des alliés objectifs qui partagent avec nous la vision du président ATT pour le Mali ? Pourquoi le Mouvement Citoyen n’a-t-il pas tendu la main à l’expert comptable, Moussa Mara, et à l’Association de la Jeunesse Malienne (AJM) ? L’étoile montante, Moussa Mara, vient de réussir coup sur coup deux succès majeurs.

Il a organisé sur RFI une causerie directe entre ATT et les jeunes. Il a animé un séminaire des jeunes désireux d’être candidats aux prochaines municipalités.

Le président Hamed Diane Séméga a déclaré aux cadres du Mouvement Citoyen «qu’aucun progrès social ou économique n’est envisageable sans changement radical de comportement du citoyen malien, en général et de l’Administration publique». Il a raison. Mais qu’entend donc le Mouvement Citoyen pour réclamer la traduction en acte de l’ordre donné par le Président de la République lors des dernières présentations de voeux, de redynamiser le Service National des Jeunes (SNJ)?

Le Service National des Jeunes peut être le moteur de toute mobilisation pour faire du Mali, à court terme, une puissance agro‑pastorale. Le retour de l’autosuffisance alimentaire demande la «mise en mouvement» de millions de bras juvéniles valides, paysans et intellectuels.

Le SNJ, d’une certaine façon, sera le bouclier pour résorber l’émigration des jeunes en Occident. Le temps presse pour rassembler les hommes et les moyens pour atteindre cet objectif.

Je suis convaincu que le Mouvement Citoyen réussira cette mission dont la première étape sera son triomphe lors des élections municipales de 2009. Dans le leadership du président Amadou Toumani Touré une chance pour le Mali. Inch Allah !

Bamako, le 23 avril 2009

Adama KEITA, ami d’ATT et enseignant à la retraite

Rue 350, Bamako‑Coura

30 Avril 2008