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Depuis plus de six mois, le Mali bruit de sourdes rumeurs sur un prochain remaniement ministériel. La question est revenue brutalement à la Une quand un patron de presse a publiquement interpellé le chef de l’Etat. Certes, le ton peut être qualifié de maladroit et le style inutilement agressif, mais à la décharge du confrère, il faut reconnaître l’urgence de la clarification.

ATT a un devoir de vérité et de clarté envers ses compatriotes : Va-t-il, oui ou non, recomposer l’attelage gouvernemental ? Que la réponse soit brève et claire, pour que l’on passe à autre chose.

Il est admis aujourd’hui que plusieurs ministres, certains en poste depuis 2002, d’autres 2004 sont au bout de l’effort, de l’imagination et de l’anticipation. Ils ne gèrent plus rien et ne peuvent se renouveler. Des dizaines d’initiatives intéressantes sont bloquées parce que tout le monde se pose la question : Y aura-t-il une nouvelle équipe qui nous obligera à tout recommencer ? Pour un pays pauvre et sous-développé comme le Mali, des rumeurs de remaniement peuvent carrément bloquer l’administration publique et divertir les titulaires des différents portefeuilles.

Il y a, à ce jour, des contentieux et problèmes à la tonne : l’école est paralysée, le dossier de l’assurance maladie ne va nulle part, la décentralisation est en panne, les finances publiques sont dans un état grave, les prix des produits de première nécessité connaissent une inflation insupportable, la diplomatie malienne n’arrive même pas à se mettre en branle pour organiser une simple conférence, la famine sévit dans le Nord, les touristes fuient le Septentrion, l’environnement urbain de Bamako est devenu un poison pour les habitants, l’insécurité persiste, la justice est soupçonnée des pires maux, la liste est aussi longue que les intitulés des ministères. Sans résultats.

Insuffler du sang neuf, booster les initiatives et mettre à la porte les incompétents et les flemmards est une urgence. Cependant, en tant que chef d’orchestre et décideur, si ATT estime que cette équipe fait son affaire et qu’il n’a aucune intention de la changer, qu’il le dise clairement et que chacun sache à quoi s’en tenir. L’expectative est une bave pour l’économie nationale. Et, le peuple attend une réaction du 1ier citoyen de la République. ATT ne risque point la vindicte populaire en re-affirmant sa confiance en Modibo Sidibé et son équipe. Il mettra juste fin à la distraction et à l’attentisme. La pire des solutions.

L’OPTION du 22 Juin 2010.