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Le sujet brûlant qui constitue aujourd’hui la pomme de discorde entre les gouvernements malien et français est relatif au nombre de corps de métiers que nos compatriotes vivant en France sont autorisés à exercer dans le pays de Nicolas Sarkozy.

Il semble que le mécontentement du gouvernement malien a trait au fait que quelque part, ce nombre dénote une certaine attitude discriminatoire envers l’Etat malien, par rapport à celui accordé au Sénégal par la France. En effet, la France en a autorisé que… 54 au Mali, contrairement à plus de 150 pour le Sénégal.

Aussi se demande-on sur quel critère le gouvernement de Sarkozy s’est basé pour procéder à un tel partage. Toujours est-il que pour l’heure, l’Etat malien n’est pas prêt à signer l’accord entre lui et la France, relatif à ce nombre, tant qu’il n’est pas revu à la hausse par le gouvernement français. La signature dudit accord est donc reportée à une date ultérieure…

En plus d’être un fait rare (il faut le reconnaître), cette position aussi courageuse que catégorique du gouvernement malien contre ne décision dans son homologue français a remporté pour une fois (bien qu’une fois ne soit pas coutume) l’adhésion de l’alter mondialiste et non moins leader du “Forum pour un Autre Mali” ; Mme Aminata Dramane Traoré.

La réaction d’une alter mondialiste

Pour une fois, en effet, la “dame de fer” malienne des alter mondialistes semble être d’accord avec le gouvernement malien ; mais elle propose par la même occasion, des pistes de sortie de crise : “…Je pense qu’à partir de ce moment, dans la mesure à la partie française a accepté de surseoir à cet accord (NDLR : relatif audit nombre de corps de métiers accordé aux Maliens de France), nous, nous nous devons d’aller et vite, dans la proposition de pistes. Et depuis de longs mois, d’abord c’est la quatrième édition de ce que nous appelons les Journées de réflexion sur la question migratoire. Il y a eu les journées commémoratives de séouta et Mélilla, Migrance 2007, et maintenant, Migrance 2008“.

Et Aminata D. Traoré, de poursuivre :Aujourd’hui, nous partageons, avec les autres composantes de la société civile malienne, les conclusions de ces réflexions ous forme de pistes, et qui se recoupent en fait avec la plupart des solutions revendiquées aujourd’hui par les Etats du Nord eux-mêmes en guise de réponse à la crise alimentaire, à la crise économique, et à la crise écologique. Très concrètement, nous, nous avons déjà commencé dans les zones de départ, dont Didiéni, par regrouper, de retourner autour de la construction d’infrastructures en matériaux locaux. Donc nous voulons faire de telle sorte qu’ils (NDLR : les Maliens immigrés en France) réalisent que la vie est tout à fait possible ici, et qu’on a même des chances de vivre mieux qu’à l’extérieur“.


Et de conclure :
“Aujourd’hui, nous voulons constituer un front, pas seulement un front du refus, mais un front commun qui porte une vision suffisamment concertée et qui nous permet aujourd’hui d’aller vers les gouvernants qui sont à l’écoute. Parce que pendant tous ces mouvements, on partage les mêmes préoccupations. On peut ne pas être d’accord sur certaines choses. Mais nous devons faire de telle sorte qu’au moins, sur ce sujet, nous puissions nous entendre, et peut-être, avancer ensemble“.

Oumar DIAWARA

12 Janvier 2009