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Après être parvenu à corrompre le conseil de village, le président de la CCIM, Jeamille Bittar, en violation des textes, est en train de transformer le site du Foyer des jeunes de Niamana en une propriété privée. Des jeunes du quartier et la mairie de Kalabancoro se disent déterminés à défendre leur patrimoine. C’est la veillée d’armes en attendant peut-être la grande confrontation.

L’un des plus grands spéculateurs fonciers de la République du Mali, Jeamille Bittar, un monsieur réputé pour ses manquements aux morts, a de nouveau repris l’occupation illégale du Foyer des jeunes de Niamana. Le président du Conseil économique social et culturel (CESC), également président de la CCIM, vient de montrer une fois de plus qu’il ne recule devant rien et n’a peur de personne pour parvenir à ses fins.
A Niamana, dans la Commune rurale de Kalabancoro, l’insatiable Bittar, dans sa confiscation des parcelles, vient de s’attaquer au Foyer des jeunes du quartier pour y bâtir un immeuble. Comment en est-on arrivé là ?

Il y a quelques années, l’ex-maire de la Commune V, Demba Fané s’est présenté aux populations de Niamana avec en main un titre qui change la vocation du Foyer des jeunes du quartier en propriété privée. Ne l’entendant pas de cette oreille, le conseil de village et les jeunes avaient saisi les autorités municipales de Kalabancoro pour leur faire part de leur inquiétude. Outrés certains avaient même soupçonné la mairie de Kalaban de complicité avec le nouvel acquéreur.
Garante des patrimoines de la Commune, la mairie de Kalabancoro a démontré le contraire.

Elle a opposé une fin de non recevoir à la demande d’autorisation de construire formulée par l’ancien député au motif que l’espace convoité n’est pas une propriété privée. Et de rappeler que le changement de vocation d’un espace public communal n’est possible que si le conseil communal délibère là-dessus.

Les investigations ont prouvé que l’ancien maire spéculateur foncier a reçu son titre de propriétaire de l’espace public avec la complicité de la préfecture à Kati, qui est à la base de tous les malheurs des populations de Niamana. Ayant sur son dos, tout le village et les autorités municipales, l’ex-maire de la Commune V a jugé nécessaire de se débarrasser du titre. C’est ainsi que Jeamille Bittar, l’a acquis.

Comme il a le don de corrompre et de diviser, il a mis à exécution une stratégie d’achat des consciences. Une somme de 30 millions F CFA aurait été versée aux contestataires du village avec une promesse de faire des réalisations sur une partie du site. « Le chef de village et certains de ses conseillers, des jeunes se sont partagé l’enveloppe de Bittar ». En compensation de l’ancien, président de la CCIM et du CESC a commencé les travaux du foyer des jeunes de Niamana sur un autre site refusé par des jeunes. Ceux-ci tiennent à leur site originel comme à la prunelle de leurs yeux.

Depuis l’acquisition et le partage de l’argent empoisonné, des dissensions ont commencé entre les parties. De la même manière qu’il a procédé en Commune VI, M. Bittar est parvenu à faire taire la chefferie de Niamana.

En décembre 2010, M. Bittar a entrepris les travaux de construction de l’espace illégalement acquis. « Sans l’autorisation de construire de la mairie », souligne le conseiller municipal. « En vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous avons pris notre responsabilité en arrêtant les travaux ». Un bras de fer est alors engagé entre le président de la CCIM et la mairie.

Deux jours après la décision de la mairie, Bittar a repris les travaux. Le maire Issa Ballo a envoyé sur les lieux des éléments de la gendarmerie et un garde pour saisir le matériel de travail et fait arrêter le maçon qui a été conduit à la brigade de gendarmerie de Kalabancoro. A la surprise de l’équipe municipale, le travail a repris de nouveau quelques jours après. Une fois de plus le maire fait arrêter les travaux.

C’est désormais ce jeu de ping-pong qu’il y a. Des jeunes se disent déterminés à défendre leur dû même si cela devait passer par la violence. Avis aux autorités.

Amadou Sidibé

10 Janvier 2011.