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Si la fédération malienne de football aime réellement le bonheur du football malien, elle doit, illico, rompre le contrat qu’elle vient de signer, à grande pompe médiatique, avec IFAP Sports. Sinon, la Confédération africaine de football pourrait sévir au cas où elle-même subirait les foudres de Sportfive.

Les grands perdants seraient le public sportif et le football maliens. Alors, messieurs de Malifoot, cassez-nous cet accord de tous les dangers pour l’avenir de notre sport roi !

L’engagement contractuel, entre la FEMAFOOT et la société de marketings sportifs IFAP Sports, n’a pas l’adhésion de la CAF qui a déjà cédé l’exclusivité de ses droits marketings et médias à Sportfive.

L’instance dirigeante du football africain rendra Malifoot responsable de tous les préjudices financiers et moraux qu’elle aura à subir suite au non respect des dispositions contractuelles qu’elle a signées avec Sportfive.

C’est dire que les jours du contrat de 2 milliards, qui n’a du reste pas encore connu un début d’exécution, sont comptés. En tout, il devrait en être ainsi.

La fédération s’est tout simplement mise dans de sales draps en s’engageant avec cette société de droit français. L’engagement de 2 milliards cède l’exclusivité des droits d’images du football malien dans son ensemble à IFAP/SPORTS.

Au moment où ils signaient cet engagement, les responsables de la fédération malienne de football ignoraient le contenu du contrat qui lie la CAF à l’agence Sportive. Celle-ci, au terme d’un contrat qui coure jusqu’en 2016, est, notamment détentrice des droits d’images des coupes d’Afrique des nations 2010, 2012 et autres.

Dans notre parution n° 68 datée du lundi 26 mai 2008, nous avions levé le lièvre sur la position de la CAF. Celle-ci, sous la signature de son secrétaire général, Mustapha Fahmy, a d’ailleurs réagi le même jour, à travers une correspondance adressée au secrétaire général de la FEMAFOOT.

Dans cette correspondance, l’instance suprême du football africain déclare avoir appris par voie de presse que notre fédération s’est engagée avec la compagnie française IFAP Sports, jusqu’en 2012, pour la commercialisation des droits de télévision et de publicité des rencontres de la sélection nationale du Mali.

Cela veut dire que la fédération n’a même pas daigné en informer la confédération dont IFAP/Sports est pourtant partenaire. Si elle l’avait fait, elle aurait pu s’éviter le pétrin dans lequel elle s’est embourbée.

Car la correspondance du 26 mai dit ceci : « au cas où ce contrat concernerait les matches des préliminaires combinées de la Coupe d’Afrique des Nations /Coupe du Monde 2010 ainsi des préliminaires de la CAN 2012, nous aimerons vous rappeler les teneurs de nos correspondances en date du 11 mars 2007 et du 7 avril 2008 ».

La CAF avait, en effet, écrit à 32 associations membres pour leur faire part de ses intentions de s’engager avec Sportfive dans le cadre de la commercialisation des droits d’images. Ces associations avaient un délai de réaction ; certaines d’entre elles, dont la Côte d’Ivoire, ont répondu et décliné.

« Votre fédération n’ayant jamais indiqué qu’elle souhaitait commercialiser elle-même les droits des préliminaires de la Coupe du Monde/CAN 2010, les matches de votre équipe nationale font donc partie du lot qui sera commercialisé par la compagnie Sportfive qui a signé un Mémorandum of understanding avec la CAF au mois d’avril dernier et dont la signature vous été communiquée dans notre correspondance en date du 30 avril 2008 », poursuit la correspondance du 26 mai pour mieux expliquer l’adhésion tacite de la FEMAFOOT.

Par conséquent, poursuit le fax, « au cas où votre fédération ne fournit pas à Sportfive toutes les facilités requises pour transmettre les matches de la CM /CAN 2010 qui se dérouleront sur votre territoire, la Malifoot sera responsable de tous les préjudices financiers et moraux que la CAF aura à subir suite au non respect des dispositions ci-dessus par votre fédération ».

L’épée de Damoclès est donc pendue sur la tête de nos responsables fédéraux qui ont le choix entre réviser les dispositions de leur engagement avec IFAP/Sports ou bien, et c’est l’idéal, de se séparer carrément de ces gens là.

S’ils persistent, ils encourent des pénalités qui dépendront de celles que la CAF va subir suite au non respect de ses engagements avec Sportive.

En effet, contacté par nos soins à Paris, un responsable de Sportfive dit que sa société ignore tout d’un engagement contractuel entre Malifoot et IFAP/Sports, le seul responsable devant elle étant la CAF. Toute entrave à la convention qui la lie à celle-ci pourrait aboutir à des pénalités contre la CAF qui se retournerait alors vers Malifoot.

Mais, aux dernières nouvelles, nous apprenons que des pourparlers ont été engagés entre IFAP/Sports et Sportive pour parvenir à une solution à l’amiable. Pour le bonheur du football malien. Mais, devront nous crier victoire avec mesure, car dans un combat d’intérêt et de gros sous, le dénouement est toujours un jeu de loterie.

Souleymane Diallo

29 Mai 2008