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Le combat des femmes pour l’amélioration de leurs conditions de vie est légitime, tout comme leur désir d’éradiquer certains maux comme l’excision, le viol, le harcèlement sexuel, etc…. Mais, il y a des maux extrêmement graves qui minent nos sociétés, mais dont les braves combattantes parlent peu. Il s’agit de la débauche et de la prostitution qui constituent un signe évident de déchéance et de décadence d’une société.

Le 8 mars, Journée internationale de la femme est une date très importante. Une date citée partout à grand renfort de publicité. La journée figurerait dans le calendrier officiel des Nations-Unies, suite à une décision prise par elles en 1977. Cependant, l’histoire de cette journée a fait l’objet de vives controverses.

C’est ainsi que les chercheuses françaises, Françoise Picq et Liliane Kandal ont montré que l’origine américaine du 8 mars était une fable apparue pour la première fois dans le quotidien « L’Humanité » en 1956. Pourtant, le mythe des couturières new-yorkaises qui auraient grevé le 8 mars 1857, a pris corps en Amérique et ailleurs.

La réalité, selon Florence Montreynaud, est que la journée des femmes est une décision de la IIe Internationaliste Socialiste initiée par l’Allemande Clara Zetkin lors de la conférence des femmes socialistes de 1910 à Copenhague.

Le but serait, de mobiliser les femmes derrière les organisations de la classe ouvrière et de contrer les féministes dites « bourgeoises ».

Quant à la date précise du 8 mars, elle serait choisie par Lénine en 1921 pour commémorer la révolution du 8 février 1917 qui figurait dans le calendrier de la Russie tsariste.

A mon avis, cette controverse de l’histoire du 8 mars est égale, à part que tous les jours sont bons pour fêter. Chez nous, au Mali, l’harmonie sociale était telle que les femmes n’éprouvaient pas ce mal-vivre comme si elles étaient victimes d’un complot masculin.

Depuis la colonisation, l’Occident a pris l’habitude de faire de nous un dépotoir pour les déchets de son développement et de sa culture. Tout le monde est conscient que les sociétés occidentales traversent une crise sociale très grave. On nous apprend par exemple qu’en France, chaque 3 ou 4 jours, une femme meurt sous le coup de son mari. C’est le prix de la liberté qu’elles-mêmes ont réclamée.

Si l’expérience des uns servait aux autres !

Limitons-nous à ce seul exemple. En faveur de ces épouses victimes, on a cru faire œuvre utile en leur accordant les droits les plus larges dont ceux de disposer librement et entièrement de leur corps. De l’autre côté, la riposte des maris frustrés dans leurs droits conjugaux nous amène à ces constats de meurtres.

Comme solution, on alourdit l’arsenal répressif contre tout mari qui ne respecterait pas la liberté de sa conjointe de disposer entièrement de son corps. Pourquoi dans les sociétés africaines, nous ne connaissons pas ce terrorisme conjugal ?

Dans nos sociétés, l’acceptation qui nous est familière ne donne pas à une épouse ce droit exorbitant de disposer librement de son corps. Voilà que cette restriction de liberté librement consentie par les épouses nous permet de faire l’économie de graves crises sociales du genre que connaît l’Occident.

Toute lutte contre un système de discrimination est par essence, juste et noble. Mais, il faudra surtout éviter l’amalgame. Le combat des féministes n’est plus de démontrer que la femme a les mêmes aptitudes que l’homme.

La femme est déjà utilisée comme l’homme dans tous les domaines, dans toutes sortes d’activités et à tous les degrés de la hiérarchie. Elle est allée jusqu’à servir comme fusilier commando dans l’armée de l’air de certains pays développés.

La question n’est pas de savoir si la femme peut tout faire, mais de se demander si elle doit tout faire. La femme, de par sa vocation de procréation, d’épouse et de mère, est déjà suffisamment chargée par le créateur. Ce n’est pas pour dire qu’il faut l’exclure de la vie publique ou de la sphère de production.

Non ! Ce n’est pas mon discours. Je trouve injuste que la femme soit utilisée comme l’homme dans les boulots trop fatigants, trop contraignants ou trop salissants, sous prétexte de corriger des discriminations.

L’homme ne prend pas part aux peines de la grossesse, à la douleur de l’enfantement, aux tracasseries et aux souillures du bébé, à la corvée de l’allaitement…, j’en passe. Astreindre la femme à certaines tâches au mépris de la fonction que la nature lui a déjà dévolue, c’est une injustice et un manque de respect pour elle.

Quand on nous dit que dans le tiers-monde, des milliers de femmes meurent chaque année de suites d’accouchement ou d’avortement, cela nous interpelle. Nous devons tout mettre en œuvre pour les soulager et les mettre dans les meilleures conditions possibles. De cette même manière, l’amélioration constante des conditions de vie de la femme aux plans économique et social, doit être un souci permanent pour chaque homme.

En ce moment où on regarde avec les yeux des autres, il est important que nos mères, nos femmes et nos sœurs restent sereines. Elles doivent prendre conscience que leur rôle dans la stabilisation de la famille et de la société est plus important que celui de l’homme. Elles se rabaissent et démissionnent quand elles envient la place de l’homme et se substituent à lui.

Le combat des femmes pour l’amélioration de leurs conditions de vie est légitime, tout comme leur désir d’éradiquer certains maux comme l’excision, le viol, le harcèlement sexuel, etc…. Mais, il y a des maux extrêmement graves qui minent nos sociétés, mais dont les braves combattantes parlent peu. Il s’agit de la débauche et de la prostitution qui constituent un signe évident de déchéance et de décadence d’une société.

Les occidentaux qui ont fini de détruire leur équilibre social ne doivent plus être de bons exemples pour nous, même s’ils disposent de l’argent et de la communication. Résistons pour la pérennité de nos valeurs si bienfaisantes. Pour ce, je souhaite une bonne fête de 8 mars aux femmes du Mali, de l’Afrique et d’ailleurs.

Drissa Doumbia

Ecrivain domicilié à Yirimadio

NB : Le titre est de la rédaction

05 mars 2008.