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Une semaine après l’expulsion de 435 Maliens de la Jamahiriya Arabe Libyenne dans des conditions peu respectueuses des droits de l’homme, l’Ambassadeur de ce pays au Mali, Son Excellence Dr Ali Mohammed Ramdan El Magouri, a cru bon d’organiser une conférence de presse hier à la chancellerie libyenne sise à Hamdallaye ACI 2000 pour, dit-il, «donner les vraies causes de ces expulsions» devant une trentaine de représentants de la presse nationale et internationale.

Lors de cette conférence, l’ambassadeur a surtout fait part de sa volonté de préserver, à n’importe quel prix, les relations entre deux pays frères, à savoir le Mali et la Libye. Il a indiqué que cette situation est de loin une nécessité pour les deux pays car, d’une part, le Mali doit pouvoir maîtriser le flux migratoire pour assurer son développement tout en signant des accords les pays cibles des migrants.

Et, d’autre part, la Libye, qui pour des raisons de restructurations économiques et de sécurité, tient à limiter la déferlante humaine sur son territoire. Entretenant des rapports très intimes dans le cadre du développement économique et social avec le Mali, la Libye est un partenaire stratégique et fidèle de notre pays, a soutenu l’Ambassadeur El Magouri.

«La presse a purement et simplement amplifié ce malheureux refoulement de nécessité et je suis surpris de voir des propos excessifs dans les colonnes de certains médias. Il semble que ces médias oublient tous les efforts que la Libye déploie pour fructifier nos relations» a déclaré Son Excellence El Magouri.

«Les Maliens vivant en Libye, dans leur écrasante majorité, sont traités sur le même pied d’égalité que les citoyens libyens et bénéficient de tous leurs droits civiques et moraux que ceux-ci» a-t-il poursuivi.

Le diplomate libyen de soutenir que ceux qui ont été refoulés ont, pour la plupart, commis des délits où des crimes au cas où ils n’étaient pas tout simplement en situation irrégulière. Ali Mohammed Ramdan El Magouri a précisé que nombre d’entre eux étaient des bandits de grand chemin ou se livraient au trafic illicite de drogues.

«En général, la Libye leur sert de pays de transit pour atteindre les côtes occidentales et vu cette situation, on s’est dit qu’on ne pouvait pas laisser des frères du même continent se faire humilier, voire se faire tuer» a-t-il souligné.

Force est, cependant, de constater qu’au cours de la conférence de presse, en réponse à des questions des journaliste, l’Ambassadeur n’a pu prouver qu’un des rapatriés a été arrêté pour un quelconque crime.

Pour ce qui est le mauvais traitement infligé aux Maliens et la récupération des biens des rapatriés, il a déclaré que «ces expulsés ont le droit de porter plainte auprès des autorités telles le ministère des Affaires étrangères, l’Ambassade de Libye au Mali et l’Ambassade du Mali en Libye. Une enquête sera menée pour faire valoir leurs droits et, le cas échéant, les coupables seront sanctionnés et les victimes dédommagées».


Moulaye HAIDARA et Bandiougou DIABATE
Stagiaires

21 Novembre 2008