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A la faveur de sa conférence de presse du samedi dernier, le président de l’Adéma-PASJ, Dioncounda Traoré, a enfin levé un coin du voile sur un point qui avait jusque-là prêté à confusion : il s’agissait de savoir si, oui ou non, Soumeylou Boubèye Maïga a été seulement réintégré ou réhabilité complétement, suite à son retour dans le parti de la Ruche.

Soumeylou, après son retour, n’était rien du tout…”, avait affirmé, tout de go, Dioncounda Traoré. Etait-ce pour “pléonasmer”, par mégarde, ou tout simplement parce que Dioncounda en a gros sur la conscience, après la réparation de l’injustice par la reconduction de Soumeylou dans le nouveau Comité Exécutif?

Des questions de ce genre, on ne peut s’en passer, dans la mesure où le président de l’Adéma est toujours resté flou, sinon évasif, sur le statut de l’ancien 1er vice-président, après son retour au parti. Pourquoi? Dioncounda Traoré est le seul à en détenir la ou les raisons. Aussi, il ne serait pas inutile de s’attarder sur les motivations profondes de l’invite faite par le premier des Ruchers à Soumeylou Boubèye Maïga, pour occuper le présidium, lors du 16è anniversaire du parti tenu à Kayes.

Pour rappel, Iba NDiaye et Boubacar Ba dit “Bill” s’étaient farouchement opposés à cet honneur qu’on faisait à l’ancien 1er vice-président du C.E. Pour cela, ils avaient été indexés et traités de tous les noms d’oiseaux. Ont-ils toujours raison? Dans tous les cas, Dioncounda leur donne aujourd’hui cette raison, en reconnaissant expressément que Soumeylou “n’était rien du tout”, après son intégration dans le parti de la Ruche.

Pourtant, à l’époque, l’on soutenait que Dioncounda se servait de Boubèye comme bouclier, dans le bras de fer qui l’opposait à Iba NDiaye. Et le 4è congrès ordinaire est venu confirmer ce bras de fer entre Dioncounda Traoré et Iba NDiaye. Et pour que les ardeurs se calment, il aurait fallu l’intervention de Koulouba, mais pas en faveur de l’un ou de l’autre.

Autrement dit, les protagonistes ont été obligés de faire recours à l’arbitrage d’un des leurs, lors de ce 4è congrès ordinaire de l’Adéma-PASJ. Dioncounda Traoré et Iba N’Diaye ne diront certainement pas le contraire.

Parlant de ce 4è ordinaire, on aura vu une occasion de plus pour se faire une idée du caractère du président de l’Adéma qui, soit par crainte de pressions, soit par souci de préservation (de son poste?…), n’a guère eu le courage de se déterminer sur le statut de Soumeylou Boubèye Maïga réintégré parmi les Ruchers.

En effet, la commission d’organisation des assises du 4è congrès ordinaire de l’Adéma avait, elle aussi, aménagé une place au présidium à l’intention de l’ancien 1er vice-président du parti. Si Dioncounda avait été plus expressif -comme il l’a été lors de cette conférence de presse du 8 Novembre-, concernant le statut de Soumeylou réintégré, les membres de ladite commission d’organisation n’auraient pas été les “dindons de la farce Iba NDiaye”.

En effet, le jour de l’ouverture dudit congrès, ce dernier s’était livré à un “one man show”, en s’emparant du carton sur lequel était mentionnait le titre “1 er vice-président” et en le jetant sous les tables du présidium. Il s’était même donné du plaisir en prenant place sur le siège prévu pour Soumeylou Boubèye Maïga. Il n’en fallait pas plus pour dissuader ce dernier, qui a finalement préféré bouder la cérémonie d’ouverture.

Et depuis le samedi dernier, l’on est en mesure de dire qu’il ne faut s’en prendre ni à Soumeylou, ni à Iba NDiaye, mais plutôt à Dioncounda Traoré. Le président de l’Adéma-PASJ est une personnalité atypique qui, dit-on, puiserait sa force dans l’instrumentalisation de certains membres du Comité Exécutif. En un mot, un spécialiste de la politique du “diviser pour mieux régner”. Et comme la fin justifie les moyen..

Dire que le Comité Exécutif a usé de ses pouvoirs pour reconduire Soumeylou dans le nouveau bureau ne saurait être une excuse pour Dioncounda Traoré. Il en est de même de la détermination tardive du statut de l’ancien 1er vice-président, après sa réintégration dans le parti de la Ruche. “Les hommes de la trempe de Dioncounda Traoré peuvent se targuer de toutes les qualités de leader, sauf celles d’un homme d’Etat“, a déclaré un militant de parti.

Est-ce à dire que les adémistes doivent se garder de faire, de Dioncounda Traoré, leur porte-étendard, pour l’élection présidentielle à venir? Et s’ils le faisaient, l’échec sera-t-il toujours au bout de l’effort, qu’il gagne ou qu’il perde? Toujours est-il qu’un homme d’Etat, c’est aussi la responsabilité, l’intégrité et surtout, la fermeté. Dioncounda possède-t-il ces qualités? C’est aux Ruchers d’en juger…


Adama S. DIALLO

12 Novembre 2008