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Décidément, il semble que les hauts responsables du football ne sont guère prêts à enterrer la hache de guerre. En effet, après la polémique suscitée entre le département des Sports et la FEMAFOOT, au lendemain de la débâcle des Aigles à la CAN 2008, une nouvelle tension, voire une nouvelle crise, pointe aujourd’hui à l’horizon.

Au lendemain de la CAN, la FEMAFOOT a jugé nécessaire de se débarrasser de Jean-François Jodar. Selon la Fédération, le départ du technicien français serait la seule alternative à un début de solution sur le problème des Aigles. Mais face à cette exigence obligatoire du bureau fédéral, l’Etat, avant de prendre une décision finale, lui avait recommandé d’élaborer un document écrit expliquant les griefs reprochés à Jodar.

Ce qui, selon des sources émanant de la Fédération, a été fait, et ledit document, envoyer au ministère des sports, la semaine dernière. Mais en attendant, la FEMAHOOT a publié, à travers quelques organes de la place, le nom des cinq entraîneurs susceptibles de remplacer le technicien Jean-François Jodar: trois Français, un Portugais d’origine capverdienne, et un Nigérian.

Mais au delà de l’annonce de ces cinq noms, on se rend finalement compte que la FEMAFOOT est en train de se livrer à une vraie farce, voire à de la pure comédie. Car, en réalité, selon nos sources, seul le Nigérian Stephen Keshi est déjà à Bamako, depuis la semaine dernière. Les quatre autres n’ont pas encore été contactés, mais ils sont “en ligne de mire“, au cas où les négociations avec Keshi venaient à échouer.

Toujours selon les mêmes sources, l’affaire Keshi a débuté depuis le 12 octobre 2007. En effet, ce dernier, qui était l’entraîneur du Togo, venait d’être éliminé par le Mali, pour la CAN 2008. Et c’est là même, à Lomé, que le contact avait été établi avec lui, depuis ce jour, même si Keshi n’avait pas immédiatement entamé les négociations.

Peut-être craignait-il de ne pas être taxé d’avoir “vendu” le match, face au Mali. Toujours est-il que depuis lors, les contacts n’ont pas été coupés entre lui et les négociateurs maliens. Aujourd’hui, cela vient d’être confirmé, avec les discussions entamées entre la FEMAFOOT et Keshi. Aussi se pose-t-on des questions. Que se passerait-il au cas où les deux parties venaient à tomber d’accord ? Et si, d’autre part, la FEMAFOOT n’arrivait pas à convaincre l’Etat sur les causes du limogeage de Jodar ?

Même si l’Etat venait à accepter le document écrit envoyé par la FEMAFOOT, ce dernier est obligé à s’entendre avec Keshi. Aujourd’hui, le choix de l’entraîneur risque de provoquer une nouvelle crise si jamais la fédération ne venait pas à se satisfaire de son choix porté sur Stephen Keshi. C’est qui est sûr, c’est que le choix d’un entraîneur étranger a été bien accueilli par le monde footballistique, car seule cette option pourrait faire revenir nos Aigles de loin, contrairement à ce collège d’entraîneurs pressenti à la tête des partenaires de Djila.

On constate, en définitive, que c’est à un vrai jeu de cache-cache que la Fédération et l’Etat son en train de jouer. Pourtant, le temps n’attend pas et la situation continue d’urger, surtout que les éliminatoires combinées de la CAN et de la Coupe du Monde s’annoncent à pas de géant.

Rappelons que le Mali joue son premier match officiel entre les 30-31 Mai et le 1er Juin prochain à Bamako, face au Congo-Brazzaville. Or à l’allure où vont les choses, si rien n’est entrepris, le Mali risque de jouer sans entraîneur, ce qui sera une première dans le pays. Peut-être que l’équipe sera coachée par Djila ou Kanouté, tout en espérant (compte tenu du climat actuel) que les joueurs viendront ?…

Sadou BOCOUM

10 Février 2008.