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Avec un taux de croissance le plus élevé dans l’espace Uemoa, l’inflation en baisse, un déficit budgétaire en réduction grâce à la bonne tenue des recettes et une meilleure maîtrise des dépenses, notre pays a enregistré de bons résultats en 2009. Les perspectives pour l’année en cours sont également bonnes.La plate-forme de dialogue sur les finances publiques, qui regroupe les autorités nationales en charge des administrations et régies financières et l’ensemble des partenaires techniques et financiers, la communauté des bailleurs de fonds de notre pays est réunie depuis hier à l’hôtel Salam. La rencontre se déroule autour de l’évaluation de nos finances publiques. Cette importante rencontre s’insère dans le cadre du Plan d’action gouvernemental d’amélioration et de modernisation de la gestion des finances publiques (PAGAM II).

jpg_finances.jpgLa cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Mme Sangaré Niamoto Ba. Les participants à la rencontre sont des cadres de l’administration chargés de la gestion des finances publiques, des experts de la Banque mondiale, des représentants des partenaires techniques et financiers.

Le PAGAM est un programme ambitieux de reforme de finances publiques avec pour mission d’améliorer tout le processus budgétaire et de faire en sorte que le budget devienne véritablement un instrument efficace de politique économique. L’appui apporté par la communauté des partenaires du Mali au titre de la mise en œuvre de la première phase du PAGAM est à la hauteur de la forte mobilisation de ces partenaires. Le même élan devait être maintenu afin de faire du PAGAM II, une nouvelle réussite.

Selon les statistiques, notre pays a réalisé des progrès remarquables en matière de gestion macroéconomique en dépit de la crise mondiale. En 2009, la croissance a atteint 4,5% en 2009. C’est la meilleure performance sur ce plan parmi les pays de l’UEMOA.

Cette performance s’explique par les bonnes réalisations du secteur agricole, notamment le riz, les céréales sèches et le coton. Lesdites réalisations sont à leur tour le reflet de la bonne pluviométrie que le pays a enregistrée. L’inflation est passée à 2,2% contre 9,1% en 2008. Le déficit budgétaire a été réduit à 32,7 milliards de Fcfa ou 0,8% du PIB contre 1% du PIB en 2008 grâce à la bonne tenue des recettes et une meilleure maîtrise des dépenses. Les recettes ont représenté 15,4% du PIB en 2009 contre 13,8% en 2008.

Le seul point noir de ce tableau est le fait que les objectifs en matière de réduction des instances de paiement au Trésor n’avaient pas été atteints à la fin 2009. En effet, le montant des instances du Trésor a diminué, mais moins que ce qui était prévu initialement. Mais qu’à cela ne tienne, les pouvoirs publics se sont rattrapés au cours du premier trimestre de 2010.

Les perspectives pour 2010 s’annoncent également bonnes. L’économie devrait connaître au taux de croissance de 5% grâce aux bonnes prévisions agricoles et à la reprise économique mondiale alors que l’inflation devrait se stabiliser autour de 2%. S’agissant des finances publiques, la loi de finances rectificatives 2010 prévoit un très léger accroissement du déficit de base à 1,1% du PIB.

Une grande nouveauté.

Ces performances économiques ainsi que les bonnes perspectives de 2010 ont été reconnues aux niveaux des partenaires financiers et des institutions internationales. Ainsi, le 4ème programme du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) a été approuvé par le conseil d’administration de la Banque mondiale en juin dernier.

Ainsi, au cours des travaux de la présente rencontre, les experts se doteront de la méthodologie de mesure de la performance de la gestion des finances publiques appelée Public Expenditure And Financial Accountability (PEFA) comme système devant permettre l’évaluation des finances publiques. Selon Diame Youssouf Thiam, un expert de la Banque mondiale, le PEFA se présente comme une grande nouveauté en matière de gestion des finances publiques. « L’exercice PEFA ne vise pas l’évaluation de la gestion, des responsables des administrations, mais se positionne uniquement comme un démarche d’auto-évaluation du système financier dans son ensemble », a-t-il expliqué.

« Il s’agit, en somme, et tous les acteurs s’accordent sur cette fonction, de mettre sur pied une base d’information et de suivi qui permet de mesurer la performance des finances publiques, notamment en établissant une référence initiale des finances publiques autour des trois axes que sont la discipline budgétaire, l’allocation stratégique des ressources et la prestation efficiente des services publics. C’est donc dire combien cet exercice PEFA vient à point nommé.

Il devrait permettre de mieux appréhender les faiblesses inhérentes au processus d’allocation et d’exécution du budget. Le budget reste le principal instrument de politique économique. Il est donc indispensable qu’il soit le plus efficace possible par rapport aux objectifs qui lui sont assignés. Ce travail est donc essentiel pour la mise en œuvre rapide des conclusions et dans le cadre du financement du PAGAM II », a développé l’expert.

Le secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Mme Sangaré Niamoto Ba, a également expliqué que le cadre de mesure de la performance en matière de gestion des finances publiques « dépenses publiques et responsabilité financière » (PEFA) est une contribution aux efforts collectifs déployés par de nombreux parties prenantes pour évaluer et développer les systèmes de gestion des finances publiques.

Revenant sur le but de cette importante rencontre, Mme Sangaré Niamoto Ba dira que cette évaluation de notre système de gestion des finances publiques suivant la méthodologie PEFA fait partie des engagements majeurs pris par notre pays dans ses accords avec la plupart des partenaires multilatéraux et bilatéraux. « Il est établi que les résultats de cette évaluation influenceront largement le développement des appuis budgétaires dans le contexte de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide fondée notamment sur le confiance, l’efficacité, l’efficience, la transparence, la responsabilité et l’imputabilité », a-t-elle détaillé, exhortant les participants à s’approprier la méthodologie, les terminologie et les indicateurs PEFA, afin de définir le rôle des acteurs et de les sensibiliser sur leurs responsabilités.

De fait, pour atteindre les conditions optimales pour accueillir ce flux croissant d’aide budgétaire, ces exercices PEFA seront suivis de la mise en place d’un programme national de réformes, et d’un programme coordonné d’appui institutionnel des bailleurs de fonds.

Le PEFA est un programme de partenariat entre plusieurs institutions. Il est parrainé par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Commission européenne et d’autres partenaires importants. L’évaluation PEFA constitue un exercice commun d’informations pour mesurer et suivre la performance de la gestion de finances publiques et offre une plate-forme commune de dialogue dans un cadre transparent.

Doussou Djiré

L’Essor du 29 Juillet 2010.