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Dans le micro-trottoir ci-dessous, certains Bamakois critiquent la gestion des questions du Nord par le président de la République IBK. Selon eux, le « MNLA » est soutenu par la France.

Amara Kanté (juriste) :

« Le grand problème du Mali, c’est Kidal. Les promesses d’IBK tardent à se réaliser. Aujourd’hui, ce n’est pas l’affaire d’Amadou Haya Sanogo qui presse, car il ne peut pas fuir le Mali mais ce qui est important, c’est la libération et l’intégrité territoriale du Mali. Tout d’abord nous sommes tous des citoyens maliens et ce n’est pas la douleur d’une seule personne qui doit nous pousser à réagir très vite, mais la souffrance et l’injustice faites à tout un peuple. Ce qui me torture aujourd’hui, c’est la gestion du dossier ‘Kidal’ d’IBK et la situation dans laquelle on voit le pays ».

Bourama Traoré (animateur de radio) :

« Ce n’est pas le MNLA qui est représentatif des Touaregs, et ils ne sont pas les seuls habitants au nord de notre pays. Ils ne sont même pas majoritaires. Il y a les Peuls, les Songhays, les Arabes, les Bambaras et beaucoup d’autres ethnies. C’est au gouvernement de tirer profit de toutes ses réalisations pour convaincre la diplomatie internationale ».

Hamed Kéita (étudiant à l’EN Sup):

« Le MNLA a été créé de toutes pièces pour réaliser le vieux rêve néocolonial français dans le but stratégique de protéger les intérêts énergétiques de la France dans cette partie du Mali. Retenons que c’est grâce à l’intervention du Burkina pour exfiltrer les dirigeants du MNLA et leur donner asile à Ouaga, que ce mouvement a pu survivre pour devenir aujourd’hui une force militaire occupant Kidal avec la bénédiction de l’armée française. Ce complot va au-delà de la compréhension des Maliens, mais je pense que nous devons revoir notre politique de coopération avec la France et ça ira comme on le souhaite ».

Binta Kamissoko (enseignante) :

« Les soutiens du MNLA doivent abandonner ce mouvement sanguinaire. Après les atrocités commises par le MNLA notamment à Aguelhok, je pense qu’ils ne méritent plus de séjourner dans notre pays. Le Mali a trop souffert de leurs fautes et ils doivent répondre de leurs actes. Il est grand temps que le président et la justice malienne cessent de semer les polémiques à Bamako, le plus difficile c’est Kidal. Il n’y a rien n’à dialoguer qu’ils renoncent a ce qu’ils n’obtiendront jamais et que les autorités ouvrent les yeux pour trancher comme ça se doit ».

Adama Berthé (revendeur de journaux) :

« Il faut que les autorités sachent que le peuple malien en a assez des dysfonctionnements chroniques de l’Etat. Il est temps que le gouvernement cherche des solutions durables et efficaces pour lutter contre tous les maux qui minent notre pays. Il vaut mieux avoir de l’unité avec la paix plutôt que de division avec la violence. Après l’élection réussie du président, c’est à lui de nous prouver qu’il est digne de notre confiance ».

Sory I. Konaté

Les Echos du 6 Décembre 2013