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Même s’il ne sera pas l’acteur principal du développement de l’Afrique, l’emblématique futur président du pays de l’Oncle Sam entend apporter sa pierre à l’édification du continent de son père dans le cadre de la politique extérieure des USA, avec des projets nobles et hautement significatifs.

Le 4 novembre dernier, les Etats-Unis d’Amérique ont écrit une nouvelle page de leur démocratie exemplaire : en élisant pour la première fois de l’Histoire, un Noir à la tête de la plus puissante nation au monde.

La proclamation de cette victoire historique a été bien accueillie, presque partout dans le monde, particulièrement par les Africains, dont beaucoup pensent qu’au-delà du caractère symbolique de ce succès aux relents de leçon, le président Obama sera la plaque tournante de l’épanouissement du vieux continent. L’espoir que bon nombre d’Africains placent en Obama en termes de représentativité et surtout de coopération bilatérale entre les USA et la terre du père du futur locataire de la Maison Blanche est grand.

Cependant, vu qu’il est submergé par les challenges nationaux et internationaux par rapport auxquels son régime est particulièrement attendu, il serait erroné de penser qu’Obama ferait des gestes extraordinaires pour le continent. Même si l’ancien sénateur d’Illinois sait à quoi s’en tenir, car ayant déjà tracé les lignes directrices de sa politique vis-à-vis de l’Afrique. Celle-ci pourrait s’avérer efficiente, étant donné l’expérience de l’homme éloquent en tant que membre de la Commission des relations extérieures au Sénat américain.

A cet titre, le fils d’un immigré et économiste kenyan aux Etats-Unis a, entre autres, plaidé pour le renforcement des institutions démocratiques en Afrique et l’aide au développement des USA aux pays africains. Concernant ce dernier point, l’Afrique bénéficiera de la prévision de l’administration Obama de « doubler l’aide étrangère des USA de 25 à 50 billions de dollars avant la fin du premier mandat et faire des Objectifs du Millénaire pour le développement, qui ont pour but de réduire la pauvreté de moitié aux environs 2015, une ambition du pays ». Sans oublier la réduction de la dette des pays sous-développés et très endettés.


Initiatives

L’économie africaine y trouvera elle aussi son compte à travers le soutien aux initiatives agricoles et aux petites et moyennes entreprises, le tout appuyé pour une promesse de « réforme de la Banque mondiale et du FMI ». L’un des points les plus intéressants des projets d’Obama sera certainement « l’amélioration de la croissance et les opportunités en Afrique pour assurer que les producteurs locaux ont accès au marché américain et encourager plus d’entreprises américaines à investir sur le continent ».

En plus, l’énergie sera l’une des priorités de l’administration démocrate et l’Afrique ne sera pas oubliée. Il est prévu le lancement de deux projets majeurs, « The Global Energy » (L’Energie mondiale) and « Environment Initiative » (l’Initiative environnementale) pour « assurer aux pays africains » l’accès à moindre coût aux technologies environnementales et la participation de l’Afrique au marché des produits de l’environnement.

S’agissant de la santé, les efforts des USA s’accentueront surtout dans la lutte contre le Sida. Les Etats-Unis s’acquitteront de leur part de responsabilité dans la lutte contre la pandémie et l’accès aux soins anti-retroviraux sera plus facilité à l’horizon 2013, prévoit le futur président. Les pays africains les plus frappés par le Sida comme l’Afrique du Sud et le Zimbabwe verront peut-être le bout du tunnel.

Quant à la promotion des valeurs démocratiques et à la paix sur le continent, Obama entend concrétiser ce qu’il n’a cessé de défendre à Washington en tant que sénateur. Et le Darfour sera l’un des coins chauds sur lesquels il mettra tout son poids dans la balance pour freiner les pertes en vies humaines et les exactions que cette partie du Soudan a connues.

Obama, qui a œuvré au Congrès pour le vote d’une loi visant le retour de la paix au Darfour en 2006, compte mettre plus de pressions sur les autorités de Khartoum et les refermer aux engagements antérieurs entrants dans le cadre de la volonté de la communauté internationale à mettre fin à 30 ans de conflit entre le Nord et le Sud. Surtout avec l’aide de son chevronné vice-président, Joe Biden, longtemps président de la Commission des relations extérieures au Sénat américain.

Les belles initiatives sont légion, mais la question qui se pose est de savoir si les Africains pourront exploiter ces aides à eux faites par les USA en les fructifiant par des avancées perceptibles. Les projets sont une chose. Leur application dans les deux sens en est une autre. Attendons de voir.

Ogopémo Ouologuem

14 Novembre 2008