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Quelque 19,6 millions de Kényans sont inscrits pour ces élections qui doivent leur permettre d’élire leurs députés, sénateurs, gouverneurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’Assemblée. Le scrutin présidentiel s’annonce très serré entre le sortant Uhuru Kenyatta et l’opposant Raila Odinga. Chaque voix compte. Ce dont sont parfaitement conscients les habitants de Kisumu, un bastion d’Odinga où sa tribu luo est largement majoritaire. Les deux candidats doivent obtenir plus de 50% des voix pour l’emporter dès le premier tour. Les allégations de corruption sont indissociables de la vie politique kényane, qui depuis des générations est organisée selon des lignes de fracture ethniques, les différentes communautés attendant que leurs leaders leur fassent profiter des largesses de l’État.John Odundu, 40 ans, qui marche sur une béquille, est venu voter avec sa fille de six ans, Immaculate, vêtue d’une parka rose. « Elle est une très grande supportrice de Raila….John est un Luo et a voté pour Odinga. Ce qui ne l’empêche pas de se plaindre du « tribalisme » dont ferait preuve le gouvernement Kenyatta, et d’insister sur le fait qu’Odinga a gagné sa voix pour ses projets en faveur des pauvres et non pour des raisons ethniques. La détermination de chacun à voter – et gagner – laisse nombre de personnes inquiètes à l’idée que ni Kenyatta, ni Odinga n’acceptent la défaite. AFP.