Partager

Selon notre source de Gao, le jeudi dernier, deux personnes éléments prétendues membres du MNLA ont rencontré les enseignants de la ville. La raison invoquée : inviter les enseignants à reprendre le chemin des classes pour que les élèves de Gao puissent faire les examens en même temps que les autres élèves du Mali libre.

Alors, les enseignants ont posé aux rebelles un certain nombre de questions qui sont toutes restées sans réponses, à part une seule question. En clair, les enseignants ont demandé aux rebelles le paiement de leur salaire du mois de mars et de leurs donner des assurances par rapport aux autres mois à venir et concernant leur sécurité et celle des élèves. Enfin, les enseignants ont demandé à ces deux éléments dits MNLA de donner leur hymne et leur programme et si toutefois la ville ne fait partie du Mali. Cette dernière question a fait que l’un des deux éléments a du coup boudé la rencontre sans donner de réponse. Quant à l’autre, avant de se retirer, il a indiqué qu’ils ne peuvent donner des assurances que par rapport à la sécurité des enseignants et des élèves. Après le départ de ces deux éléments, les enseignants ont souhaité que les élèves soient admis dans des écoles au Sud du pays afin qu’ils ne perdent pas cette année.
Ançardine récupère des mains du MNLA un camion de vivres à destination de Bourem.

Toujours selon notre source de la localité, suite à l’évasion des prisonniers de Gao, les jeunes de la ville se sont organisés pour mener à bien des patrouilles de minuit à 5 h du matin. C’est à cet effet que les patrouilleurs du 6è quartier de Gao ont remarqué deux camions quittant la ville vers 2 h pour Bourem. Du coup, ils ont fait appel aux éléments d’Ançardine, mais ces derniers dormaient. Tôt le matin, Ançardine a rappelé les patrouilleurs. Après compte rendu, une course poursuite a été engagée.

Les éléments d’Ançardine ont pu mettre la main sur l’un des deux camions. Il s’est finalement avéré que c’était des éléments du MNLA qui le convoyait vers Bourem. Le camion contenait des sacs de 50 kg de petit pois offerts par l’ONG « Save The Children » en guise de don aux populations. Mais contrairement à cette volonté, le MNLA avait choisi de ravitailler ses éléments de Bourem. Saisis après l’acheminement dans la mosquée « Koweït de Château », les éléments d’Ançardine ont stocké les vivres dans un magasin contigu à la Direction régionale du plan le jeudi dernier. C’est ainsi qu’ils ont procédé au partage des vivres entre les mosquées de Gao.
Mais les éléments du MNLA avaient résisté à la volonté de ceux d’Ançardine.

Aussi, le MNLA a programmé une rencontre avec Ançardine prévu pour le 25 avril prochain et à l’issue de laquelle il enjoindra aux éléments d’Ançardine de quitter les régions occupées. Pour leur part, les djihadistes d’Ançardine ont conseillé les populations de faire très attention car selon eux, des affrontements entre eux et les gens du MNLA sont possibles parce selon Ançardine, le MNLA se dit indépendant en torturant les populations. Par ailleurs, ces patrouilles de jeunes ont permis de restituer à son propriétaire une voiture volée par des rebelles du MNLA.

La Charia « officiellement » instaurée le vendredi dernier à Gao

Selon nos informations, Ançardine a commencé à appliquer la Charia le vendredi dernier de Gao et cela, à travers le châtiment d’un ivrogne par 30 coups de fouet. En fait, les djihadistes ont conduit l’ivrogne à la prière du vendredi. Suite aux témoignages de trois témoins, les éléments d’Ançardine ont passé à l’action : le châtiment du « coupable » (l’ivrogne).

Signalons que c’est la première fois que cette branche islamique procède à l’application de la Charia. Désormais, du moins avant la récupération de la ville par l’armée malienne, Ançardine appliquera la Charia chaque vendredi et à tour de rôle dans les différentes mosquées de Gao. Un voleur sera amputé d’un bras ; le célibataire adultérin recevra 100 coups de fouet ; le marié qui commettra l’adultère sera lapidé à mort. C’est dire qu’il est urgent que les nouvelles autorités maliennes se dépêchent afin d’épargner de telles tortures aux populations du Nord.

Oumar Diakité

Le Combat du 23 avril 2012