Partager

C’est drôle, la vie nous réserve beaucoup de surprises. À propos, on dit chez nous qu’«on est redevable de tout tant qu’on respire», littéralement. En clair, la vie est une procession de fortunes diverses et l’être humain n’en est que prisonnier. Il change au gré des contingences. Pense-t-on vraiment de la même manière dans un Palais que dans une Chaumière ?

Si naguère, mon cousin adoré affirmait faire ce qu’il disait, il a tendance aujourd’hui à confier cette attitude aux vestiges du passé. A-t-il vraiment agi, un seul instant, un seul jour, comme il le prétendait ? Je n’en ai pas la preuve et ne saurais en être convaincu. Et affirmer le contraire serait diffamatoire, je ne le ferai point.
Mais, si l’on devait se fier à ce qu’on a vu de la campagne présidentielle à ce jour, en rapport avec ce que mon cousin d’amour avait promis et ce qu’il fit, je vous le conjure, on se demanderait s’il s’agit du même homme. Oui, il s’agit du même homme. Avec des différences de taille et de poids, le tout est tout simplement lié au contexte. Aurait-il été fou de se vendre pour deux fois rien ? Que nenni !
Mais, se faire passer pour quelqu’un qui n’a qu’une parole (Kankélentigui) quand on est tous les jours obligé de ravaler sa propre fierté, c’est grotesque. Or, c’est ce qui arrive à mon cousin adoré. Sans le lui dire distinctement, des gens lui ont demandé de garder ses intimidations et menaces pour ses enfants. Preuve qu’un pantin peut faire peur à un oiseau, et non à un homme, dont il n’est qu’une piètre reproduction sans veine ni sang.

Se faire passer pour un dur à cuire quand on n’est qu’un paquet de nerfs, il y a une perte d’identité qui ne dit pas son nom. Si je l’avais fait, je me serais dit : qui suis-je ? Mon cousin devrait faire de même, à l’aide d’une glace.

Issiaka SISSOKO

Le Reporter du 14 Juin 2016