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Ainsi de Samaya, localité considérée comme la porte d’entrée du Mandé, à Kangaba en passant par Farabana, Samayana, Djoliba, Kirina, Kouroussalé, Kollé, Bancoumana, les populations sont sorties avec les tam-tam et autres instruments traditionnels de musique pour réserver un accueil enthousiaste au chef de l’État et à la forte délégation qui l’accompagnait.

Quand le cortège présidentiel fit son entrée à Kangaba, il était 11 h 30 mn et la chaleur était écrasante. Mais cela n’a entamé en rien l’ardeur des habitants du Mandé venus en masse sur le site où s’est déroulée la cérémonie.

Il faut rappeler que certains de ces habitants avaient déjà fait preuve d’une grande endurance physique en marchant de Kangaba à Bamako pour venir remercier le président de la République, après l’annonce du début imminent des travaux. C’était en avril dernier. Le site de la cérémonie est situé juste en face de Kourouganfouga, un haut lieu histoire du Mandé et du Mali.

Un terrain difficile.

Le maire de Kangaba, Mamoutou Kéita commença son discours de bienvenue dans une atmosphère de grande ferveur. « Cet événement était très attendu par les populations du Mandé qui avaient longtemps rêvé de la réalisation de ce vieux projet.

Merci Monsieur le président pour avoir tenu votre promesse de commencer les travaux de construction de notre route une année seulement après votre réélection», a-t-il déclaré, souhaitant le prolongement de la route jusqu’à la frontière avec la Guinée. L’élu communal a profité de la tribune pour annoncer la fin des travaux de la nouvelle Maison des jeunes, construite grâce aux efforts du président de la République.

Pour Mamoutou Kéita, l’occasion était également bonne pour soumettre à l’hôte de marque un nouveau souhait de la ville : la construction d’un lycée. Il a aussi évoqué les préoccupations du moment, à savoir la crise dans le nord du pays, la vie chère, la situation scolaire, tout en soulignant la pertinence des solutions apportées par le gouvernement à ces problèmes.

Le ministre de l’Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga a, lui, donné des caractéristiques de la nouvelle route dénommée RN 26.

Longue d’environ 85 km, le tronçon sera revêtu en béton bitumineux de 4 cm d’épaisseur entre Bamako et Bancoumana et en enduit superficiel bicouche à partir de Bancoumana jusqu’à Kangaba.

Le projet prévoit également la construction de 3 grands ponts, 66 ouvrages d’assainissement et l’installation de 256 panneaux de signalisation verticale et des bandes de marquage pour la signalisation horizontale.

Les travaux coûteront près de 17 milliards Fcfa entièrement financés par le budget national. Le coût élevé des travaux s’explique par la nature difficile du terrain. Le marché est attribué à l’entreprise chinoise Covec-Mali pour un délai d’exécution de 30 mois.

Ahmed Diane Séméga a assuré que parallèlement à la construction de la route, l’écosystème de la zone sera préservé et que des forages seront réalisés. Le chantier va favoriser une multitude d’opportunités dont la création d’emplois pour les jeunes. Il a précisé que la construction de la route s’inscrit dans le cadre du Projet de développement économique et social.

La voie, une fois réalisée, va desservir les communes rurales du Mandé, de Bancoumana et de Minidjan ainsi qu’une vingtaine d’autres localités. Mais autant la route apporte le bonheur, autant sa construction engendre des désagréments, a relevé le ministre de l’Équipement et des Transports, appelant les usagers de la route à la plus grande prudence.

Malgré les épreuves.

Après le bitumage, la vitesse de référence sur la route sera de 80 km à l’heure. Et à moins de 40 km à l’heure pendant les travaux.
L’intervention du président de la République était très attendue à cet événement historique. «Je vous remercie pour l’accueil légendaire que vous avez réservé à moi et à ma délégation.

C’est ici à Kourougafouga qu’a été posé l’acte fondateur de l’Empire du Mali, je veux parler de la Charte du Mandé. Des centaines d’années après, nous voilà réunis en face de ce même espace pour non pas bâtir un empire, mais construire une route. La réalisation de cette route est une réponse à une doléance qu’on m’a faite ici », a noté le chef de l’État.

Après avoir souligné l’importance d’une route comme celle de Kangaba qui va totalement désenclaver plus d’une vingtaine de villages Amadou Toumani Touré a insisté sur deux choses : la prudence sur la route et son entretien. «Je vous ai promis une route bitumée et maintenant je vous engage à l’entretenir une fois les travaux terminés», a-t-il insisté.

Parlant des difficultés du moment, le président de la République s’est dit très confiant dans le fait que le pays va les surmonter. Mais il faut se mettre au travail. « Malgré les épreuves que le monde connaît aujourd’hui, rien ne nous arrêtera dans la réalisation de nos ambitions pour le Mali. Les problèmes sont là, c’est à nous de les résoudre », a-t-il déclaré.

Le président Touré a aussi évoqué d’autres infrastructures récemment réalisées : les routes Bougouni-Yanfolila, Gao-Ansongo-Labezanga, Bamako-Naréna, les stades de Bougouni, San et Koutiala, et qui seront bientôt inaugurés.

Avant de conclure, il a remercié l’entreprise chinoise Covec pour la qualité de ses travaux et surtout pour avoir rendu les nouvelles infrastructures souvent avant le délai contractuel. Il est ensuite est monté à bord d’un Caterpillar pour lancer symboliquement les travaux.


Envoyés spéciaux

M. KÉITA et O. DIOP

09 Juin 2008