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Depuis qu’il a été admis à la retraite, il est rentré au pays où il s’est adonné aux travaux agricoles. C’est que le vieux François était de constitution robuste qui lui autorisait une vie toujours active. Mais tout solide que l’on soit, l’on n’est jamais totalement à l’abri de toutes les maladies. Et un jour le vieux François tomba malade.

Après les premiers jours d’auto- médication et le mal empirant, vieux François s’ouvrit à ses proches qui apportèrent qui des plantes médicinales, qui des produits pharmaceutiques qui ont fait leurs preuves sur d’autres personnes souffrant de maux qui ressemblaient à son mal.

Mais vieux François ne guérissait pas. Au contraire. Alors, la famille décida de le conduire à l’hôpital où l’on diagnostiqua une occlusion intestinale assez avancée. Il fallait donc l’opérer. Mais avant, les médecins jugèrent sage de le mettre sous perfusion, d’arrêter toute alimentation le temps que vieux digère et qu’il se débarrasse de toutes les nourritures qui se trouvaient dans son appareil digestif.

Et cela fut ainsi et vieux François se sentit soulagé. Mais soulagé ne veut pas dire guéri. C’est pourquoi les médecins retinrent une date pour procéder à l’intervention chirurgicale. C’est ce moment-là que choisit la fille aînée pour intervenir. Elle-même exerce dans le corps de la santé dans une clinique dans un pays voisin ; il est donc étonnant que ce soit elle qui soit venue voir les médecins pour leur demander de surseoir à l’opération de vieux François.

Pour elle, son père s’étant suffisamment remis des soins appropriés à domicile viendrait bien à bout de ces intestins rebelles ; et même si dans le pire des cas vieux François devait mourir, il aurait été préférable pour elle, que cela se fît chez lui à la maison. Les médecins tentèrent de l’en dissuader en vain.

Alors on lui fit signer des papiers qui engageaient sa responsabilité et on la laissa partir avec son père. Une fois à la maison, on alimente vieux François assez normalement. Ses intestins firent de la résistance et vieux François mourut le 5e jour de sa sortie de l’hôpital. Certains de ses amis n’ont pas été à son enterrement pour ne pas rencontrer la fille aînée.

On ne comprendra peut- être jamais que ce pourrait être par peur de voir son père fatigué, amaigri, décéder au cours de l’opération que la fille aînée a agi ainsi. Quoi qu’il en soit, il ne nous reste plus que nos prières et nos larmes pour pleurer vieux François.

Sacré Cheidou Ouédraogo | Sidwaya

15 juin 2007