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Comparé à 2006, le prix du bélier de fête de Tabaski est abordable cette année. Les parcs et les points de vente sont bien approvisionnés. Mais, compte tenu des charges des consommateurs, les marchandages n’en finissent pas quand les clients ne se font pas rares.

La fête de la Tabaski approche à grands pas. Nous sommes à seulement dix jours de l’Aïd el-Kébir qui veut que les fidèles musulmans perpétuent le sacrifice d’Abraham en immolant un mouton. Et comme chaque année, les marchés de la capitale sont approvisionnés de béliers. Des vendeurs traversent les rues avec de petits troupeaux. On aperçoit, un peu partout, des scènes de marchandages entre vendeurs et acheteurs.

Des vendeurs de bétail rencontrés sur les marchés ou en ville jugent que les prix sont abordables cette année. Sur les différents marchés, le bélier moyen est proposé entre 15 000 et 25 000 F CFA contre 45 000 F CFA l’année dernière. Il y a également de gros béliers qui se vendent à 50 000 et 150 000 F CFA.

« Ici, les plus petits de mes béliers coûtent 15 000 F CFA et je vends les plus gros à 50 000 F CFA. Comparativement à l’année dernière, le prix du bélier est à la baisse. Nous ne savons pas les raisons de cette baisse des prix parce que nous ne sommes pas des éleveurs. Nous achetons les moutons dans les campagnes pour les revendre en ville. Si nous trouvons les moutons plus chers, nous les revendons plus chers et vice-versa », détaille Moussa Diallo, un vendeur rencontré au « garbal » de Djicoroni-Para.

Sur le même point de vente, Tahirou Dicko donne un autre détail. « Malgré la baisse des prix, les clients tardent à venir. Chaque année à un mois de la fête, les clients viennent abondamment. Cette année, nous sommes déjà à deux pas de la fête et les acheteurs ne viennent que timidement. Malgré tout, certains clients se plaignent toujours des prix du mouton sans tenir compte de tout ce que nous investissons : le transport, l’entretien et la nourriture ».

Chaque jour, ajoute notre interlocuteur, il dépense au moins 4000 F CFA pour nourrir ses animaux. Sans oublier qu’ils se retrouvent souvent avec des animaux malades qu’ils sont obligés de soigner. « Il faut prendre en compte tous ces paramètres au moment de la fixation des prix. Souvent, on ne gagne que 2500 F CFA de bénéfice sur un bélier ».

Pour M. Dicko, « les prix des moutons varient de 35 000 F CFA à 50 000 F CFA. Ils se vendent moins cher cette année comparée à l’année dernière. Seulement les gens n’ont pas d’argent ».

Un avis partagé par un client rencontré sur place.
« Franchement, les gens n’ont pas le même pouvoir d’achat. Ce qui est cher pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre. C’est vrai que pour moi, les prix sont assez élevés. Mais il faut reconnaître que les revendeurs engagent assez de sous pour faire venir les animaux de la campagne jusqu’ici. Et qu’ils peuvent attendre plusieurs jours avant qu’un animal trouve preneur. Et pendant tout ce temps, il faut nourrir les bêtes pour qu’elles restent en bonne forme », remarque-t-il.

Mais, d’une façon générale, les prix sont jugés abordables. Toutefois, compte tenu de la faiblesse du pouvoir d’achat de la majorité des Bamakois, voire des Maliens, ils suscitent toujours d’interminables marchandages.

A dix jours de la fête, l’affluence dans les marchés de bétail reste pour le moment timide car beaucoup de fidèles n’ont pas d’argent en espèces pour acheter le mouton, l’entretenir jusqu’au jour « J » et surtout le surveiller quand on sait que l’approche de la Tabaski est aussi la période faste des voleurs de moutons.

Sidiki Doumbia (stagiaire)

10 Décembre 2007.