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Portée sur les fonts baptismaux le 25 Décembre 2006, soit quatre mois avant l’élection présidentielle du 29 Avril 2007, l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) a bien joué sa partition quant à l’un des objectifs qu’elle s’était souverainement assignée, à savoir la réélection du Président Amadou Toumani Touré.

Par contre, l’autre objectif, qui est le soutien et l’appui nécessaires aux initiatives du Président, est loin d’être perceptible et sur le terrain, et dans le comportement des responsables du directoire de l’Alliance.

Ce qui confirme ainsi ces propos de Me Abdoulaye Garba Tapo : “L’adhésion à l’ADP ne saurait être une sincécure dont on se contenterait pour dire “nous soutenons le Président de la République”. Nous devons à tout prix atteindre nos objectifs, à savoir la réélection de notre candidat, et l’appuyer réellement durant tout son mandat”.

Voilà qui est clairement dit, sauf que Me Abdoulaye Garba Tapo lui-même ne donne plus le bon exemple, depuis qu’il a accepté de fondre son parti (le RND) dans l’ADEMA. On dira certainement qu’à ce niveau, il n’y a pas de problème, du moment que l’ADEMA est l’un des principaux partis de l’Alliance.

Mais qu’est-ce que Tapo et ses camarades du feu RND trouveraient comme réplique, lorsqu’on leur signifiera que leur démarche (ladite fusion) relève purement d’un calcul politicien? N’est-ce d’ailleurs pas de cela qu’il s’agit réellement?…

Quoi qu’il en soit, personne ne connaîtra la motivation profonde de cette fusion du RND dans l’ADEMA. Si bien que nul n’ignore que la peur qu’on redoute, face au “trou noir ” de l’après ATT, a quelque chose à voir ladite motivation. Dans ce même ordre d’idée, le refus de Me Hassan Barry de fondre l’UDD (un autre parti de l’ADP) dans l’ADEMA n’est-il pas le relent d’un mal de vivre politique, sinon d’une crise de confiance au sein de l’Alliance?

En effet, en réponse à la demande de l’ADEMA d’engloutir l’UDD, Me Barry s’est montré plus que catégorique : “L’UDD n’abandonnera ni ses ambitions, ni ses projets pour le Mali ! ”. Mieux, Hassane Barry appelle les militants UDD “à plus de vigilance, face aux velléités d’agression contre le parti ”.

Voilà le mot enfin lâché : par ses méthodes, l’ADEMA agresse les partis membres de l’ADP et effiloche, pourrait-on dire, le soutien de l’Alliance au Président de la République, Amadou Toumani Touré. Toute chose que Me Abdoulaye Garba Tapo et camarades et les héritiers politiques de feu Maribatrou Diaby n’avaient pas vu venir.

A moins (bien sûr) qu’on veuille accorder du crédit aux propos de Hassane Barry. Car l’avocat de l’UDD est plutôt preçu, par beaucoup d’obserbateurs politique, comme un homme au service exclusif du président qu’on dit “à vie ” du parti de la Colombe, mais non moins président du patronat malien : Moussa Balla Coulibaly .

Au delà de ces membres de l’ADP, l’Alliance soutient-elle réellement le Président de la République, Amadou Toumani Touré ?

La question conserve toujours son pesant d’or, car de la crise de l’école au problème du Nord, en passant par la cherté de la vie, on n’aura pas vu assez d’actions venant de l’ADP et susceptibles de tenir lieu de propositions concrètes de sortie de crise, à défaut de se poser en alternative.

Du reste, l’organisation d’une journée dédiée à la Rentrée politique de l’ADP, suffit-elle comme soutien? Toujours est-il que depuis des mois déjà, on n’avait plus entendu parler d’une quelconque initiative de l’Alliance.

Aussi, dans un dernier baroud d’honneur, le président du directoire ADP, M. Dioncounda Traoré, de convoquer les présidents des partis membres de l’Alliance pour, dit-on, envisager un moyen de redynamiser leur soutien aux initiatives du Président de la République.

Reste maintenant à savoir comment ils s’y prendront, alors qu’entre ces partis de l’ADP règnent des rancunes, des intentions inavouées, des fuites en avant… Pour preuve, le président du RDS, M. Younouss Hamèye Dicko, n’a jamais manqué une occasion pour tirer à hue et à dia sur le comportement des responsables du directoire ADP qui, souvent, ne trouvent pas nécessaire d’impliquer certains partis membres dans des questions engageant l’Alliance.

D’ailleurs, dans ce registre, Younouss Hameye Dicko n’est pas le seul, car la gestion et la démarche du président de l’ADP sont de plus en plus décriées par nombre de partis membres de l’Alliance. Aussi se demande-t-on comment Dioncounda pourra regarder Hassane Barry droit dans les yeux, après le coup fourré de la tentative de fusion émise par l’ADEMA, par l’entremise de son président.

Dans tous les cas, convier une rencontre des responsables de l’ADP pour redynamiser le soutien de l’Alliance aux actions du Président ATT est déjà la preuve d’une prise de conscience, par Dioncounda et les siens.

Prise de conscience vis-à-vis de leur effacement, face aux questions brûlantes de l’heure. Prise de conscience également face aux interrogations des Maliens qui se demandent, perplexes : “Mais où, diable, sont passés les amis du Président ATT ?”.

Et si ce n’était que des chercheurs de postes? Ce questionnement ne concerne pas tous les responsables de l’ADP, car Dioncounda a beau initier une rencontre au sommet de l’Alliance pour plus de visibilités dans le soutien du regroupement au Président ATT, il va lui falloir courir plus vite pour rattraper Choguel Kokalla Maïga qui, bien qu’éjecté du gouvernement, n’a jamais falli à son soutien à ATT.

Alors, avait-on besoin d’une réunion pour faire la même chose ? Non, sauf quand on pense que le MPR de Choguel n’a pas d’ambition pour Koulouba en 2012. On comprend bien alors les hésitations et petits calculs de ceux qui en ont. Ceci expliquerait-il donc cela ?

Toujours est-il qu’il est urgent que l’ADP s’assume, et cela, au sens propre du terme. Il y va de son crédit, car un engagement reste un engagement, et ne pas le respecter, c’est autre chose…

Adama S. DIALLO

22 Mai 2008