Partager

Sur la terre rouge, l’armement de base des miliciens chrétiens anti-balaka: machette, marteau, pelle, fronde. Des soldats français viennent de les saisir. A cinq mètres, le cadavre d’un jeune du quartier Combattant de Bangui. Même les oreilles ont été coupées. « C’est un musulman d’ici, il s’appelait Abaka, ils l’ont tué dans la cour de sa maison », raconte à l’AFP Benjamin, un voisin chrétien. « Ils », ce sont les anti-balaka qui, sous prétexte de combattre les ex-rebelles Séléka, traquent férocement tout musulman dans la capitale centrafricaine. Nuit et jour, des musulmans sont abattus dans d’atroces conditions. « Il faut couvrir le cadavre », dit un soldat français de l’opération Sangaris, arrivé après l’assassinat. Il sont une vingtaine à bloquer des centaines d’habitants, les empêcher de s’abattre sur la concession du mort, pour la piller. Plusieurs dizaines de pillards sont déjà à l’œuvre. Le climat est très tendu. « T’approche pas, reste où tu es, recule maintenant! », crie un soldat à un jeune qui s’avance vers lui. Des pages de cahiers d’écoliers volent dans la poussière. Dès que le soldat se déplace de trois mètres vers un autre point, le pillard revient, charge sur l’épaule une porte en bois, un autre le suit avec un tuyau d’arrosage. Un rapide coup d’œil vers Sangaris, et ils s’enfuient avec leur butin. AFP