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Les environs de Kidal ont été le théâtre d’affrontements meurtriers entre l’armée malienne et les rebelles d’Ibrahim Ag Bahanga. Malgré les négociations qui se poursuivent en Libye, les armes crépitent sur le terrain. Aucun bilan fiable n’est encore disponible, même si les rumeurs font état de 62 morts et plusieurs blessés parmi les rebelles.

L’armée a utilisé les grands moyens, hier, pour se frayer un chemin face à la détermination des hommes de Bahanga qui s’opposaient à l’arrivée d’un convoi militaire à Kidal. Selon certaines sources, des coups de tirs aux armes lourdes ont été entendus, les BRDM et les hélicoptères de combat seraient entrés dans la danse.

Pendant que les émissaires du gouvernement malien et ceux du chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga s’apprêtent à entamer la phase de négociations directes à Tripoli, l’armée malienne serait entrée en action à 20 km de Kidal, en utilisant des armes lourdes au cours d’un accrochage avec les rebelles.

L’alerte qui a créé la panique à Kidal le 1er avril, avec l’annonce de l’imminence d’une attaque rebelle, n’était pas fausse. Mais seulement, il ne s’agissait pas d’une attaque de la ville de Kidal. Les services de renseignement ont donc manqué de précision amenant le gouverneur à ordonner la fermeture des services de l’Etat. Hier matin, un affrontement a eu lieu à 20 km de Kidal entre l’armée malienne et les rebelles, amenant la première à utiliser les hélicoptères en plus des BRDM.

Le sud de Kidal a été transformé en un vaste champ de combat entre l’armée et les rebelles. Des personnes contactées par nos soins à Kidal ont affirmé avoir entendu des coups de tirs aux armes lourdes, ce 2 avril. Le théâtre de cet accrochage n’est autre que l’axe Gao- Kidal. Selon certaines sources, le convoi militaire qui devait regagner Kidal a cantonné non loin de la ville d’Anefis, en apprenant la présence sur leur voie des hommes de Bahanga (question de stratégie).

L’accrochage aurait eu lieu entre les rebelles et un bataillon d’éclaireurs de l’armée. Des sources affirment que des BRDM et deux hélicoptères de combat sont intervenus en renfort pour pilonner les positions de la rébellion.

Au moment où nous bouclons, nous n’avons aucun bilan de ces accrochages. Selon les rumeurs, il y aurait eu des morts et plusieurs blessés, un hélicoptère aurait été touché faisant un mort à bord. La panique aurait gagné les camps de Kidal où des coups de feu auraient été entendus.

Cependant, certains affirment que le convoi militaire est parvenu à regagner la ville de Kidal. Cette ville tourne aujourd’hui au ralenti et les habitants se seraient terrés chez eux, souvent sans vivres, faute de ravitaillement suite à la fermeture des magasins.

Le 31mars, le gouverneur de la région de Kidal avait ordonné la fermeture des services de l’Etat et des banques avec l’annonce des rebelles touaregs à 5km de la ville où ils s’apprêteraient à faire barrage à un convoi militaire en provenance de Gao.
Conséquence : les commerçants aussi ont plié leurs marchandises et fermé boutiques et certains habitants auraient abandonné la ville de Kidal.

La Rfi diffusait le témoignage d’un député de Kidal, Alghabass Ag Intallah, joint au téléphone : « Ce matin (31 mars), avant juste peut-être 11h, on a reçu des informations pour dire que le gouverneur a ordonné à tous les services de l’Etat l’instruction d’être fermés. On nous a dit, il y a Ibrahim Ag Bahanga, le chef du groupe armé touareg avec son groupe qui sont à 5 km de la ville de Kidal ».

Selon Alghabass Ag Intallah sur Rfi, avec cette décision du gouverneur, les populations qui se sont senties en insécurité ont conclu que l’Etat ne contrôle plus la sécurité de la ville. Certains ont donc choisi de se réfugier face à la menace d’une attaque du groupe touareg.
Paradoxalement, Rfi démentait, par la suite, cette information qu’elle venait de donner et que la suite des événements confirme aujourd’hui.

B.Daou

03 avril 2008.