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Elle a le sens de rimer les vers, de rythmer sa voix et de séduire son auditoire. Grâce à cette manie de parler poétiquement, cette jeune fille s’est imposée cette année au Massa Slam en remportant le titre de la championne nationale du Slam malien.

Née le 23 Juin 2003, « Lalii » de son nom de scène, a commencé ses premiers pas depuis son lycée avant de monter en puissance sur les grandes scènes. Cette jeune slameuse a nourri sa passion de déclamer les mots depuis son enfance. C’est ainsi qu’elle a embrassé cet art depuis son lycée : « J’ai connu le Slam grâce à une slameuse professionnelle dans mon école lorsque je faisais la 10 ème année. Elle nous a expliqué un peu l’intitulé du Slam et son utilité pour les slameurs et pour le public lors de l’organisation d’un concours de slam que mon école organisait chaque 8 Décembre. Tout est parti de là »  dit-elle.

Après avoir participé à cette compétition, la jeune slameuse continue de rechercher la perfection en slam. Elle ne baissera les bras en aucun cas, car elle a un objectif bien déterminé : être une grande slameuse de renommée au Mali. Lalii, à la quête du savoir des mots, croise le chemin de groupe Maralinké, un groupe influent dans le milieu slam au Mali. Ce groupe féminin composé de Trois jeunes filles, l’initie plus sur les techniques d’écriture et de déclamation poétique. A travers cette initiation accompagnée d’une compétition, Diarafa Soukouna pousse encore plus des ailes avec ses vers poignants.

Selon Wesh la Slameuse ou Bambi Slam, une des filles du groupe Maralinké, la plume et la déclamation de Diarafa sont impeccables. « C’est une fille intelligente, sérieuse qui a une très belle plume. Sans oublier sa voix séduisante qui perce et transperce les cœurs lors des spectacles » se réjouit-elle du résultat de son élève.

Le slam est un moyen d’expression, un cri de cœur que le slameur véhicule face à un public. Lalii conçoit cet art comme un guérisseur pour elle. Selon elle, si le slam n’existait pas, il fallait l’inventer. « Le slam est toute ma vie, c’est mon repère, c’est mon docteur, et c’est mon soulagement. A travers le slam, je fais passer mes douleurs aux yeux de tout le monde » déclare-t-elle.

Certains slameurs, même les grands n’aiment pas s’inspirer sur certains thèmes de la société. Quant à Lalii, elle n’a pas de préférences, elle s’inspire sur tous les thèmes de la société pourvu qu’ils parlent des sujets prépondérants du Mali. « J’aime écrire sur tout. Je ne trie pas les sujets. A rappeler qu’il y a des thèmes qui se chevauchent dans mes écrits notamment : l’immigration, le mariage précoce, les violences faites aux femmes, l’avortement… » affirme-t-elle.

Au bout d’un travail acharné, se trouve toujours une récompense colossale. Après avoir eu une formation intense en slam, Diarafa Soukouna, se fait remarquer dans ce milieu ou évolue plusieurs talents.

A cette 7e de Massa Slam, sur 14 finalistes composés d’hommes et femmes, elle sort vainqueur. A cet effet, elle représentera les couleurs du Mali à l’échelle mondiale lors de la coupe du monde prochaine qui se tiendra en France.

Adama Sanogo

@Afribone