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  Urbanisme
Vers une introduction de l’architecture coloniale au Mali (3)

Dans des parutions précédentes, nous vous promettions de continuer sur l’architecture soudanaise. En effet, il est très difficile de parler de cette architecture dans le cadre restreint d’une parution sur le Web.
Dans tous les cas, nous restons à votre disposition pour apporter d’autres éclaircissements si besoin en est.


III- Les réalisations coloniales

L’étude des réalisations architecturales héritées de la colonisation fait ressortir l’existence de deux groupes de bâtiments :
- le bâtiment colonial classique
- le bâtiment néo-soudanais.

Le bâtiment colonial classique

Il est simple, sobre et destiné au logement. Il compte 3 ou 4 pièces principales et une véranda circulaire dont la toiture en pente est supportée par des piliers régulièrement espacés, confèrant à l’ensemble un caractère très ouvert.
Ses portes et fenêtres sont des rectangles fermés par des battants en bois à l’extérieur et grillagés à l’intérieur pour une bonne protection contre les mouches et les moustiques.

Le bâtiment néo-soudanais

Historique

Les militaires se souciaient de la survie de leurs troupes et de leur puissance dominatrice. Les administrateurs leur succèdent et optent pour un pouvoir de séduction. Le but n’est pas seulement l’hygiène, mais aussi la sécurité et l’esthétisme.

Sous la direction du Lieutenant-gouverneur Terrasson de FOUGERES surnommé le gouverneur-urbaniste, à la politique d’hygiène, s’ajoute une politique d’aménagement de la ville. Le modèle du pays n’est plus répugnant.

Le génie colonial prend les figures significatives, les travestit et les aménage. L’architecture cesse d’être la chasse gardée du Génie et des Travaux publics. Les autorités organisent des concours.

Dans un désir d’unifier le style, elles choisissent Cornilleau. Cet architecte français, résidant à Tanger, dessine pendant une dizaine d’années les projets d’édifices publics.

Et n’inaugure t-il pas ainsi le style néo-soudanais, fruit d’un harmonieux mariage entre l’architecture des palais marocains, de Fès particulièrement, et de celle des mosquées et maisons des cités soudanaises, principalement de Djenné.

Les types néo-soudanais

Ces bâtiments, servant à la fois pour le logement et le service, se repartissent en trois séries : ceux aux façades fermées et bien décorées, ceux à étages et ceux fonctionnels.

Le bâtiment fermé

Il est rectangulaire ou en fer à cheval. Construit en matériaux massifs, il est coiffé d’un toit à deux pentes abritant dans les vérandas de pièces annexes.
La riche décoration de ses façades, pilastres, balustrades, lui donne un air fermé et un caractère représentatif.

Le bâtiment de grand standing

Il est rectangulaire, avec d’un côté la véranda et de l’autre les pièces utilitaires : salle de bain, toilette, cuisine. Un escalier logé dans une tour de mosquée soudanaise conduit au toit en terrasse.

Sa grande hauteur et la riche décoration, parfois excessive de ses ouvertures extérieures (pilastres, parapets, balustrades, et bas-reliefs) lui confèrent beaucoup de prestige et un air de grandeur.

Il s’impose par son luxe, synonyme de la puissance de l’autorité nouvelle, et destiné à séduire les populations, autochtones et coloniales.

Le bâtiment fonctionnel

Son plan et sa forme déterminent sa fonction.
Ses caractéristiques néo-soudanais (pilastres, ouvertures, tours, bas-reliefs) sont très discrets. Contrairement aux autres bâtiments, ses faces ont été voulues dissymétriques.

A suivre...

31/05/2004

Cheich Abd El Kader, architecte
- abdelkader@afribone.net.ml

 

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