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  Urbanisme
Vers une introduction de l’architecture coloniale au Mali (2)

Dans des parutions précédentes, nous vous promettions de continuer sur l’architecture soudanaise. En effet, il est très difficile de parler de cette architecture dans le cadre restreint d’une parution sur le Web.
Dans tous les cas, nous restons à votre disposition pour apporter d’autres éclaircissements si besoin en est.

II- L’architecture néo-soudanaise

Origine et constitution

L’architecture néo-soudanaise, née de la précédente (style de Djenné ou architecture soudanaise), incorpore des éléments nouveaux tels que :

la balustrade

le balcon

le haut de porte...en arc plein cintre, ou en dents de scie
Un arc plein cintre est le haut d’une porte ou d’une fenêtre en forme de demi-cercle.

l’arcade...de forme soit ovale, ou à grand rayon

la combinaison de... deux arcades, ou bien trois arcades

l’ouverture est protégée par des ...barreaux, ou des éléments ajourés

la terrasse supportée par une suite de cintres supportant le toit

la décoration extérieure est en relief par des pierres taillées en parement...des piliers et murs, et des ouvertures

des matériaux de construction

Les matériaux plus résistants : chaux, ciment, briques cuites, tuiles, tôles, fibrociment, ardoises.

des ouvertures

Elles sont plus grandes, des battants grillagés, des persiennes

une délimitation de l’espace

Elle est conçue en des clôtures basses, ajourées au style recherché

Conception : idées directrices

Le bâtiment est érigé sur un socle (environ 1m) pour sa protection contre le milieu extérieur (animaux, eaux pluviales).

Les pièces, très hautes (4 à 4,60m), sans grande largeur et disposées les unes contre les autres, communiquent par des ouvertures à arcade ogive ou plein cintre. Elles sont, conformément aux prescriptions d’hygiène, entourées par des vérandas ouvertes sur un extérieur verdoyant.

Ces larges galeries, prenant une nouvelle dimension, constituent l’essentiel du bâtiment, au point d’en occulter la part utile. Tout en assurant une bonne ventilation, elles augmentent considérablement le volume construit. Ainsi, elles renforcent cette sensation d’écrasement que doit susciter le bâtiment.

Celui-ci au détriment de l’économique, opte pour une solution de prestige. Il veut s’imposer par son luxe destiné à signifier la puissance de l’autorité nouvelle et à séduire les populations autochtones et coloniales.

Les colonies ne sont plus considérées comme des terres de chasse reservées à des militaires en quête de gloire, mais comme une partie constitutive de la nation francaise, de la grande France.

En reprenant les signes de la mosquée de Djenné, dont on encouragera d’ailleurs la restauration, le nouveau pouvoir veut légitimer sa présence, en démontrant par la matérialité, la continuité entre les anciens empires et le nouveau.

Par conséquent, il entend amener l’indigène à reconnaître son architecture dans un espace non seulement sain, mais encore admirable. Et, admiré avec, à travers et par dessus, une belle petite clôture délimitant un domaine vert, aéré et respectueux de l’écologie.

A suivre...

24/05/2004

Cheich Abd El Kader, architecte
- abdelkader@afribone.net.ml

 

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