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  Editorial
Tombouctou : La modernisation côtoie la tradition

La Cité Mystérieuse présente aujourd’hui une physionomie mixte avec au total un ensemble reluisant qui attire beaucoup. D’ailleurs, de nombreux visiteurs parmi lesquels des touristes venus de différents coins du monde tombent sous le charme de Tombouctou.

« Tombouctou à jamais merveilleuse » ! Telles sont les appréciations d’un touriste allemand qui a été émerveillé par la Cité des 333 Saints après une visite minutieuse de la ville. Il n’avait absolument pas tort, car Tombouctou garde son mystère d’antan avec toujours des histoires et des sites antiques, qui donnent de quoi rêver à un visiteur.

De la mosquée Djingarey Ber au site Gordon Laing en passant par les tombeaux des saints et le musée local, les étrangers ne manquent vraiment pas d’informations et d’objets fascinants à se mettre sous la dent. Avec sa construction atypique en banco et les bois qui la soutiennent, l’attrayante mosquée Djingarey Ber, qui « peut contenir 1000 fidèles » demeure l’une des grandes attractions des visiteurs.

Son fonctionnement et sa fréquentation peuvent aussi faire l’objet de questions. « Toute la ville de Tombouctou se retrouve ici pour la grande prière de vendredi au cours de laquelle des séances de bénédictions ont lieu », a informé un guide touristique. Et d’ajouter que l’imamat est héréditaire. « L’imam vient de la famille Aissati Ben Aissati, qui a succédé à son père dirige maintenant la prière à la mosquée ».

Du mystère, il y en a aussi au musée. Là-bas, se trouvent le socle de la ville avec le puits, la puisette et la case de l’un des premiers habitants de Tombouctou, qui signifie d’ailleurs «  puits de la vieille ». On y retrouve aussi des pierres taillées, des condiments antiques, des parures dont font partie des bijoux. « A Tombouctou, les bijoux sont très expressifs et varient en fonction de l’appartenance ethnique, de l’origine sociale et du statut de la femme », a commenté la conservatrice des lieux.

Double visage

Les manuscrits sont aussi variés et anciens à Tombouctou. Ils datent du 10e au 20e siècle. Mais, c’est le règne de la précarité tant leurs conditions de conservation sont problématiques dans la mesure où certains doivent être maintenus à des niveaux de température pas tout le temps disponible. Pis, des manuscrits maliens sont encore à l’extérieur. « Ahmed Baba a fait 74 manuscrits, dont 54 quand il était en exil au Maroc. Mais, 4 manuscrits sont toujours au Maroc et les autorités ne les ont pas réclamés », regrette Bouya Haïdara, archiviste à l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba de Tombouctou avant d’ajouter que certains d’entre eux se trouveraient en Afrique du Sud.

La Cité Mystérieuse garde donc son mystère tout en se modernisant. En effet, Tombouctou est en train de prendre des allures d’une grande ville. Des monuments, des hôtels, des projets de construction des routes et même l’aéroport font de Tombouctou une grande ville en devenir. Et dire que même la nuit, la ville est animée avec des soirées entre autres sénégalaises et des boîtes de nuit prêtes à assouvir les férus de la danse.

C’est tout ce qui a fait dire à un visiteur qu’« avec toute cette ambiance de voitures, de motos Djakarta et de gens qui passent devant mes yeux, j’ai l’impression d’être dans une grande ville ». Content d’entendre ces propos, le gérant d’un hôtel de la place a continué : « Tombouctou n’a rien à envier à ce que vous appelez grande ville car elle a aussi ses armes comme vous venez d’en citer ».

Ce double visage de Tombouctou, à savoir la modernité et l’ancienneté, fait de la Cité des 333 Saints une ville plus passionnante à découvrir.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire, envoyé spécial)

10 Janvier 2008.

 

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