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  Soir de Bamako
Si le ridicule pouvait tuer : Le Mnla a déclaré la journée du 6 avril 2015 chômée et payée à « Azawad »

Décidément le Mouvement National de Libération de l’Azawad (Mnla) n’en fini pas d’élucubrer. La dernière fanfaronnade qu’il a trouvée est de déclarer “la journée du 06 avril, jour férié chômé et payé à Azawad”. Détrompez-vous. Il ne s’agit nullement du lundi de Pâques qui a coïncidé cette année avec le 06 avril et qui a été jour férié dans beaucoup de pays à travers le monde. Pour le Mnla, cette date commémore l’indépendance de l’Azawad.

On se souvient que c’est le vendredi 06 avril 2012, donc il y a trois ans de cela, que les combattant de ce mouvement rebelle, après avoir pris les armes contre leur propre pays, ont proclamé en leur façon “l’indépendance de l’Azawad”. Pour ces utopistes, l’État de l’Azawad engloberait les trois régions septentrionales du Mali (Gao, Tombouctou, Kidal) et une partie de la région de Mopti, soit un peu plus des 2/3 du pays.
Les préparatifs pour cette commémoration ont commencé le dimanche 05 avril où les chefs rebelles ont fait parer les villes de Kidal, Ansongo et Menaka (leurs fiefs) aux couleurs du Mnla. Dans la nuit du dimanche 05 au lundi 06 les populations civiles desdites localités ont été amenées à organiser des “marches pour le flambeau” et autres activités récréatives. La matinée du lundi a été surtout maquée par des défilés et une prise d’armes. Il faut dire que depuis plus d’une semaine, les réseaux sociaux ont été inondés de courriels informant que le “06 avril 2015 est le jour anniversaire de la liberté et est, en conséquence, chômé et payé sur toute l’étendue du territoire de l’Azawad”.

Mais l’incongruité dans cette célébration qui se voulait d’envergure “nationale azawadienne”, est que les festivités se sont déroulée dans seulement trois localités. Les autres contrées, censées faire partie de l’État chimérique de l’Azawad, n’ont même pas eu vent de cela. Quoi de plus normal, quand on sait que les dirigeant du Mnla, ceux-là mêmes qui prônent la partition du Mali ne peuvent mettre les pieds à Gao, Tombouctou ou Mopti sans risquer leurs vies. Même à Kidal qui est l’épicentre de toutes les rebellions touaregs, de l’indépendance du Mali à nos jours, ce ne sont pas toutes les couches sociales qui sont de cœur avec eux. La seule force dont jouissent le Mnla et ses alliés, c’est leur service de communication. Ce qui leur permet de faire, à tout moment voulu par eux, des déclarations mensongères et fantaisistes.
C’est ainsi qu’ils ont divulgué sur les réseaux sociaux et spécifiquement sur les ondes de Rfi, leur saugrenue déclaration à propos de la journée du 06 avril 2015. Selon les derniers chiffres fournis par les services du Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (Ravec), sur le plan démographique, la région de Kidal représenterait moins de 5,4% de la population malienne. Encore, la majorité de cette population de la région n’adhère pas aux idéaux du Mnla. Toutes choses qui font dire à bon nombre d’observateurs que le rejet du projet d’accord d’Alger par les Kidalois n’est l’œuvre que d’une minorité qui, malheureusement, tient haute la dragée à une majorité aphone.

On se souvient que la Coordination des Mouvements de l’Azawad (Cma) a refusé de parapher le projet d’accord sous prétexte qu’elle voudrait rencontrer sa base auparavant. Mais bizarrement, pour cette consultation de leur base, les responsables de la Cma n’ont osé se rendre ni à Gao, ni à Tombouctou, encore moins dans la région de Mopti. Mais pourtant, selon eux, ces territoires sont censées faire partie de l’Azawad.

Dans leur déclaration faisant du “06 avril 2015, un jour férié chômé et payé à Azawad”, les responsables du MNLA parlent de “journée de la liberté”. De quelle liberté veulent-ils parler ? De l’indépendance du Mali à nos jours, les touaregs ont-ils été stigmatisés ou discriminés ? Bien sûr que non. D’autre part, parler de “journée chômée et payée” suppose qu’il y ait des travailleurs qui émargent au budget d’une administration ou d’une entreprise. Or l’État de l’Azawad n’étant que chimérique, il ne dispose ni d’administration, ni d’entreprises employeuses de personnels ou de mains d’œuvre. Les populations de la région de Kidal sont réduites au chômage chronique et à la misère depuis que le Mnla et ses alliés leur ont imposé un diktat. Parler d’une “journée fériée, chômée et payée” n’est ni plus , ni moins qu’une injure à l’endroit d’une population déjà profondément meurtrie.

Mamadou GABA

Le Soir de Bamako du 08 AVRIL 2015

 

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