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  L’Indépendant
Remise de la“ Médaille d’Or du cinquantenaire” : 30 000 personnes vont réclamer un bonus pour ATT jusqu’en 2014

Après le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, qui a demandé, lors de la présentation de ses vœux au chef de l’Etat, qu’ATT ne parte pas du pouvoir avant de mettre en œuvre le vaste chantier de réformes institutionnelles qu’il a initié, voilà maintenant le secteur privé, avec à sa tête Jeamille Bittar, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) et non moins vice-président du PDES, le parti dit présidentiel, qui s’apprête à mobiliser quelque 30 000 personnes et les grands moyens en vue de demander que le mandat d’ATT puisse couler au-delà de 2012.

Ce sera le 5 février prochain lors d’un grand meeting au Stade Modibo Kéïta, au cours duquel le président ATT recevra la " Médaille d’or du cinquantenaire " d’une valeur de 250 millions F CFA et se verra proposer de rester au pouvoir jusqu’en 2014 à la faveur d’une harmonisation des scrutins présidentiel, législatif et communal. C’est donc, en principe, tous les élus, de Koulouba à la plus petite circonscription électorale du pays, qui verront leur mandat prorogé si cette demande du secteur privé est exaucée.

Il y a de cela une semaine qu’une centaine de personnes avaient signé, à Sikasso, une pétition demandant une prorogation du mandat du président ATT jusqu’en 2014. Cela afin, soutiennent-ils, de faire " coïncider les élections communales, législatives et présidentielle et de parachever de très grands projets pour le développement de notre cher Mali ".

Avant cette pétition, c’est le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, qui avait dans ses vœux au chef de l’Etat, demandé qu’ATT ne parte pas du pouvoir sans avoir, au préalable, fait aboutir le Projet de réformes politiques pour la consolidation de la démocratie au Mali (PRPCD), qu’il a initié et confié au Comité d’appui aux réformes institutionnelles (Cari), dirigé par l’ancien ministre Daba Diawara. Présenté le 19 avril 2010, ce projet est depuis rangé dans les tiroirs du Palais et son exécution renvoyée aux calendes grecques. Alors que ce jour-là, le président de la République avait promis l’organisation d’un référendum pour " courant dernier trimestre 2010 ".

Compte tenu donc du retard, volontaire ou involontaire, pris dans l’organisation de ce référendum, il n’est donc pas exclu que l’Assemblée nationale demande, par exemple, au président de la République de rester pour mettre en œuvre ce projet de réformes qui bénéficie, d’ailleurs, du soutien plus ou moins total d’une frange importante de la classe politique. Aucun parti ne l’ayant rejeté en bloc. Au contraire, tous les partis ont salué l’initiative et la plupart ont adhéré au projet en y apportant des amendements pour son amélioration.

Maintenant, c’est le secteur privé, avec à sa tête Jeamille Bittar, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), qui souhaite demander une prorogation du mandat du président ATT pour deux années supplémentaires. Et cela pour permettre au président ATT de continuer l’exécution de ses grands chantiers et à œuvrer pour la sécurité et la paix au Mali et dans la sous-région, par ailleurs, secouée par la crise ivoirienne.

De plus en plus de voix favorables au prolongement du mandat

Aujourd’hui, la question de la relecture de l’Article 30 de la Constitution ne semble plus être taboue dès lors que les uns et les autres en parlent à souhait dans les grins, les salons feutrés voire dans les marchés ou la politique a également ses quartiers. Même si la Commission Daba Diawara n’a pas osé retoucher l’Article 30 de la Constitution qui stipule : " Le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une seule fois ", les observateurs pensent que cela n’empêche pas que la question revienne sur la table. Et cela au fur et à mesure qu’on s’avance vers la fin du mandat du président ATT.

Car, ils sont aussi nombreux nos compatriotes qui pensent qu’ATT doit rester jusqu’en 2014. Ce délai supplémentaire se basant sur une éventuelle harmonisation des mandats du président de la République, des députés et des conseillers communaux. Cela voudra dire, qu’il faille attendre 2014 pour procéder aux élections générales. Dans ce cas, du président de la République aux conseillers communaux, en passant par les députés, chacun y trouvera son compte. Le Mali également en termes de développement dans la paix et la sécurité. Tel est, en tout cas, l’avis de certaines personnes qui ne voient pas de raison pour que le président ATT laisse tous ces projets en chantier et se retirer dans son " soudbaba " (sa maison paternelle) à Mopti.

C’est ce que des représentants du secteur privé national veulent, à cette occasion, porter à l’attention du chef de l’Etat, lors du grand meeting programmé le samedi 5 février 2011 au stade Modibo Kéïta de Bamako devant quelque 30 000 personnes venues de tout le Mali, de Kayes à Kidal. Au cours de cette cérémonie, le président de la République recevra la " Médaille d’or du Cinquantenaire " d’un coût de quelque 250 millions F CFA au nom du secteur privé national.

Certainement que le héros du 26 mars 1991 saisira l’opportunité de ce grand rendez-vous des Maliennes et des Maliens pour éclairer davantage la lanterne des uns et des autres sur sa position réelle sur l’harmonisation des mandats qui est, aujourd’hui, sur toutes les lèvres.

Voilà maintenant, quand certains de nos compatriotes veulent qu’ATT parte dès la fin de son mandat en 2012, d’autres, certainement les plus nombreux, s’organisent pour réclamer un bonus lui permettant de conduire aux destinées du pays pour deux années supplémentaires. Et peut-être même davantage.

Mamadou FOFANA

25 Janvier 2011.

 

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