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  Le Reflet (Hebdo)
Politique européenne de l’immigration

Les expulsés du Mali préparent la contre-offensive

L’Association malienne des expulsés (AME) attend s’organiser pour riposter aux nouvelles mesures de l’immigration qui sont entrain d’être imposées par certains pays européens, notamment la France et l’Espagne. L’annonce a été faite par le président de l’AME, Ousmane Diarra, au cours d’une conférence de presse tenue dimanche dernier au siège de la radio Kayira.

Dans une déclaration, les responsables de l’AME ont estimé que la question de l’immigration est devenue une question essentielle dans les relations entre le Nord et le Sud depuis plusieurs années.

Pour eux, avec l’exacerbation de la crise socioéconomique, résultat d’une offensive néolibérale massive et brutale contre le salariat, les acquis sociaux et les droits fondamentaux de l’Homme à travers le monde, les gouvernements du Nord, en alliance avec les pseudo démocraties du Sud, mènent systématiquement des politiques répressives contre l’immigration et le droit d’asile.

Ceci se traduit notamment par l’expulsion massive de « Sans papiers ». Ces politiques répressives, d’abord nationales, sont désormais coordonnés et planifiées à l’échelle européenne.

« Cette Europe forteresse utilise les pays limitrophes, notamment le pourtour méditerranéen, pour jouer le rôle de gendarme dans la mise en œuvre de ces mesures antidémocratique et contraires à toutes les Conventions internationales relatives à la libre circulation des personnes et au droit d’asile », ont-il dit.

Selon les dirigeants de l’AME, les conséquences de ces mesures sont, entre autres, les drames de Ceuta et Melilla, de nombreuses disparitions dans des barques de fortune aux larges des côtes de la Sicile, d’Andalousie, du Maghreb, de la Mauritanie, etc.

En outre, ils ont estimé que les capitaux et les biens circulent librement et sans restriction, les immigrants « Sans papiers » sont perçus par les pouvoirs publics comme de vulgaires criminels à expulser manu militari et dans des conditions qui offensent la dignité humaine (personnes menottées et scotchées, sans leurs biens, notamment l’argent, qu’elles n’ont pas eu le temps de récupérer avant l’expulsion).

« Comment accepter que ces hommes et femmes, qui émigrent pour subvenir aux besoins de leurs familles, soient considérés comme des dangers dans les pays d’accueil ? Ne faudrait-il pas plutôt repenser à une nouvelle coopération Nord/Sud plus appropriée aux besoins des populations ? », s’interrogent ils.

Mobilisation de la société civile

Pour les conférenciers, l’immigration a été largement abordée lors du Forum Social Mondial qui s’est tenu en janvier 2006 à Bamako. Ils ont indiqué que des rencontres se sont organisées entre Sans papiers expulsés, associations et Collectifs du Nord et du Sud. Celles-ci ont impulsé une dynamique de luttes communes pour la défense des migrants.

Le président Ousmane Diarra a rappelé que l’Association malienne des expulsés, qui avait été créée le 6 octobre 1996 après les expulsions de l’Eglise Saint Bernard du 23 août 1996 en France et les expulsions sur le continent africain (Angola, Libye...), participait à ces débats.

Au vu de la situation internationale inquiétante par rapport à l’immigration, l’association a senti la nécessité de mobiliser impérativement ses forces en faveur des expulsés et des Sans papiers afin de les rassembler et de les soutenir dans la revendication de leurs droits par des interventions auprès des pouvoirs publics « d’ici et là-bas ». Selon le conférencier, de nombreux expulsés se sont joints à l’association depuis fin janvier 2006.

Au Mali, la lutte des expulsés participe au large mouvement social existant et s’inscrit dans une lutte plus globale pour la revendication des droits élémentaires (droit à la terre, au travail, à la santé, au logement, à l’éducation, etc.). L’AME soutient les luttes des ouvriers des mines d’or, des paysans, des cheminots, etc.

Le président Ousmane Diarra, a lancé un appel à toutes les associations de défense des droits de l’Homme et à toutes les forces syndicales et sociales à se joindre à l’AME pour développer une lutte énergique afin de parvenir à l’aboutissement de ses revendications.

Madiba Kéita

28 mars 2006.

 

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