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  Le Républicain
Peine de mort au Mali : Amnesty international interpelle ATT

La campagne pour l’abolition de la peine de mort dans les Etats de la Cedeao et la Mauritanie a été lancée par Amnesty en 2003. Mais depuis avril 2005, après le procès de Nioro, il ne se passe plus de jour sans qu’une lettre n’atterrisse sur le bureau du Président de la République à Koulouba.
Dans une série de lettre adressées au Président de la République Amadou Toumani Touré, des militants d’Amnesty International à travers le monde lui demandent d’abolir la peine de mort au Mali.

Si la plupart des lettres rappellent que le Mali n’a procédé à aucune exécution depuis 1980, elles constatent cependant que le nombre de condamnations à mort y demeure l’un des plus élevés d’Afrique de l’Ouest. « En avril 2005, la Cour d’assises de Nioro a condamné cinq personnes à la peine de mort suite à un procès au cours duquel 84 personnes ont été jugées pour association de malfaiteurs, assassinats avec préméditation et entrave à la liberté de culte » font remarquer toutes les lettres adressées au président ATT.
Les auteurs des missives à l’intention du président de la république ont indiqué que depuis l’adoption de la déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948, plus des deux tiers des pays du monde ont aboli en droit ou en fait la peine inhumaine, cruelle et dégradante.
Selon eux, la même tendance existe en Afrique de l’Ouest où, au cours des dernières décennies, le nombre de pays abolitionnistes de la peine de mort est passé de un à 10. Ils ont estimé que les deux tiers des 15 pays membres de la Cedeao se sont engagés de manière décisive sur la voie de la reconnaissance du caractère sacré du droit à la vie.

Les militants d’Amnesty international ont indiqué que le Sénégal qui a aboli la peine capitale le 10 décembre 2004 est le dixième Etats de la Cedeao à avoir pris cette courageuse décision. « Nous souhaitons que votre pays devienne le onzième Etats abolitionniste de la Cedeao » ont-ils révélé. Pour cela, ils ont demandé au président Amadou Toumani Touré de reconduire de toute urgence le moratoire sur les exécutions en attendant de ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques en vue de l’abolition définitive de la peine de mort au Mali.

Dans toutes les lettres, les responsables d’Amnesty international ont rappelé au président ATT que le moratoire sur la peine de mort décrété, en 2002 par l’ancien président Alpha Oumar Konaré, pour une période de deux ans a expiré depuis mai 2004 et n’a pas été renouvelé.
Même si le Mali n’applique plus la peine de mort dans les faits, la non reconduction du moratoire est perçue comme un recul dans la protection des droits humains au Mali.

Assane Koné

30 juin 2005

 

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