Le Mali
Institutions
Coopération
Education
Art & Culture
Tourisme
Presse
Urbanisme
Horoscope
Météo
Formation
Editorial
Liens



 
  L’Aube
Nord : Retour sur les accords de paix

Dans la recherche et l’instauration de la paix au Nord-Mali, plusieurs accords ont été signés entre l’Etat et les insurgés. De Moussa Traoré à ATT, en passant par Alpha Oumar Konaré, la voie du dialogue a toujours été une constance, donnant lieu à une série d’accords. Le point.

L’espoir de paix et de sécurité qui s’articulait sur quatre points : le cessez-le feu immédiat, la libération de tous les otages, l’instauration d’un climat de confiance entre les parties et le cantonnement des combattants rebelles s’est dissipé. La raison ? L’intransigeance des bandits armés à voir l’Armée nationale du Mali abandonner toutes les positions qu’elle occupe, ce qui, aux yeux du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, est inadmissible.

Or, c’est désormais une certitude, Ibrahim Ag Bahanga tend à devenir le nouveau Pablo Escobar du Sahara. Le propre d’un desperado, c’est de vivre en marge des lois et d’être toujours prêt à s’engager dans des entreprises violentes et désespérées. Ibrahim Ag Bahanga n’a plus à prouver qu’il en est un, un vrai. Cinq ans après la signature du Pacte national et alors que nous vivons en plein régime démocratique, il se signale, en 1997, par la prise en otage d’agents électoraux et de militaires.

Le 23 mai 2006, il réussit à surprendre les camps militaires de Kidal, tuant et emportant armes et munitions. Depuis, ses sanglantes équipées contre l’Armée et les civils font légion. Les morts que causent ses mines anti-personnel alimentent les chroniques.
Bref, en obligeant l’Armée à être constamment sur le qui-vive, la bande à Bahanga contraint en même temps la République du Mali à une guerre.

De Tamanrasset à Alger

Le Mali a déjà consenti trop de sacrifices dans le règlement des conflits armés dans les régions nord du pays. Qu’on en juge.

Quand le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l’Azawad) d’Iyad Ag Ghali déclancha la rébellion, le 28 juin 1990, en attaquant Ménaka et Tidermène, l’Algérie se fit valoir. Elle réussit, trois mois après, en septembre 1990, à réunir chez elle, à Djanet, une conférence ayant rassemblé les présidents malien, nigérien, algérien et libyen.

Deux mois après, le 10 décembre 1990, elle abrite toujours chez elle, à Ghardaia, une réunion d’unification des groupes touaregs (le FPLA, l’ARLA et le FIAA) qui donnera naissance aux MFUA (Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad). Des négociations s’engagèrent, qui aboutiront à la signature des premiers Accords de Tamanrasset (Algérie), le 6 janvier 1991.

Le président Moussa Traoré, bousculé de toutes parts par les contestations politiques réclamant l’ouverture démocratique, avait dû envoyer le colonel Ousmane Coulibaly, chef d’Etat major général à l’époque, pour représenter l’Etat. Il demeurait convaincu que ces actes étaient l’œuvre de bandits armés.

L’Accord de Tamanrasset du 6 janvier 1991 prévoyait une revendication constamment remise, à savoir la démilitarisation des régions de Kidal, Gao et Tombouctou. Ce qui, en termes clairs, revient à demander à l’Etat du Mali de renoncer à exercer une de ses missions, celle de la défense de l’intégrité du territoire national ; à accepter aussi de se défausser d’un pan entier de sa souveraineté nationale, celui de ne pas déployer son armée nationale où il l’estime nécessaire et indispensable.

La conférence nationale du Mali, tenue du 31 juillet au 15 août 1991 pour discuter de toutes les questions d’intérêt national, consacre une bonne part de ses assises au problème du nord.
La nation entière accepte une réunion technique préparatoire sur la question qui se tiendra à Ségou du 25 au 27 novembre 1991. Celle-ci sera suivie, dix jours après, par la conférence de Mopti du 6 décembre 1991.

Un second round de négociation peut alors avoir lieu à Tamanrasset entre gouvernement et MFUA pour mettre fin aux hostilités.
Les différentes concertations aboutiront à la signature, à Bamako le 11 avril 1992, d’un Accord-cadre de règlement des problèmes du nord-Mali dénommé Pacte National qui a l’adhésion sans réserve de toutes les parties.

En 1994, sera organisée en Algérie une réunion pour la mise en œuvre du document. Le gouvernement malien multipliera les initiatives pour consolider la paix.
Entre 1994 et 1995, des missions de sensibilisation sillonneront toutes les régions du pays afin que toutes les couches de la population soient à un niveau d’information suffisant pour pouvoir accepter les clauses du Pacte National.

Le 29 mars 1996, une cérémonie consacrant la paix définitive a lieu à Tombouctou sous le nom de « Flamme de la paix ». Et, le 4 octobre de la même année, 1 435 ex-rebelles intègrent l’Armée nationale. Progressivement, l’Etat s’attelle à la mise en œuvre du Pacte National dont le contenu est colossal au regard des impératifs de développement qu’il contient. Quelle ne fut donc la surprise générale quand, le 23 mai 2006, Ibrahim Ag Bahanga et Hassan Fagaga, attaquent les garnisons militaires de Kidal.

Le gouvernement malien a encore recours à l’Algérie. Un document est signé à Alger le 4 juillet 2006 sous le nom d’« Accord d’Alger pour la paix et le développement de la région de Kidal ». Il contient, encore une fois, la clause de « la délocalisation des casernes militaires maliennes » et la « constitution d’unités spéciales de sécurité composées majoritairement des jeunes ressortissants des régions du nord ».

Comme on le voit, tant de cycles de négociations qui ont toujours abouti à des accords acceptés de tous, auraient pu asseoir la paix totale. Mais si certains Touaregs -la majorité- ont accepté de partager la vie de la nation malienne, Ibrahim Ag Bahanga et les siens sont dans une tout autre logique.

Ali Rida

10 avril 2008.

 

Dans la même rubrique :


© 1999-2018 - Afribone Mali SA - Tous droits réservés