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Marché de fruits : La saison des melons « Canari » et des pastèques

Les différents marchés de la capitale sont inondés progressivement de ces fruits locaux très juteux et peu onéreux

A chaque période ses réalités et à chaque saison, ses produits. Cette vérité authentique est bien ancrée dans les mémoires des Maliens et s’est bien installée au fil du temps dans les habitudes de consommation. Actuellement, la saison de pluie bat son plein, c’est la période des feuilles vertes comme l’épinard, le navet, Brocoli, choux, les feuilles de patates douces, le gombo frais etc. qui sont d’incroyables sources d’antioxydants, de vitamines, de minéraux et de fibres.

Et très prisés du panier de la ménagère pour les sauces à base de feuille (Saga-saga, sauce de gombo et les sauces de pâte d’arachide avec les feuilles). Dans les marchés, les produits comme les oignons, tomates, haricots verts, choux, carottes, les aubergines et les piments se font rares et ne sont toujours pas de bonne qualité.

Cette période n’est pas toujours favorable à la récolte des produits fruitiers. En effet, les produits frais, les fruits et légumes produits localement disparaissent du marché. Les rares fruits qui arrivent de l’intérieur sont de très mauvaise qualité. Certains fruits comme les bananes, les oranges, raisins locaux semblent presqu’introuvables sur le marché national. Les commerçants de ces produits se rabattent désormais sur le made in Sénégal et le made in Maroc.

Aujourd’hui, ces importations arrivent et en force sur le marché. Ainsi, les étals de fruits et légumes sont dominés par les produits d’importations. Cependant, cette année, quelques fruits font exception à cette règle bien établie. Nos marchés accueillent inhabituellement depuis trois semaines, une quantité importante de melons jaunes scientifiquement appelés « Canari » et de la pastèque. A Bamako, des dizaines de camions remplis de ces produits débarquent quotidiennement dans les différents marchés de la capitale.

Depuis, la pastèque et les melons jaunes règnent en maitre dans les marchés de fruits. Les bonnes affaires des agriculteurs. Fruits d’été par excellence, les melons jaunes et les pastèques produits habituellement pendant la saison sèche, c’est à dire juste après l’hivernage. Plantes potagères herbacées, la pastèque et le melon sont de la famille des Cucurbitacées et réussissent sur une terre bien réchauffée. Comment expliquer cette production prématurée de cette année ? Suivez les explications du spécialiste de la question à l’Institut d’Economie rurale (IER).

L’agronome Daouda Dembélé, confirme que ces fruits sont des produits d’été. « Le melon et la pastèque demandent avant tout beaucoup de chaleur pour leur culture. En même temps, le soleil n’est pas un facteur essentiel pour leur développement.

Le melon préfère d’ailleurs une lumière diffuse. Il est plus exigeant que la pastèque pour la richesse de la terre. Un apport assez important de compost et de fumier à l’automne précédent la culture est un gage de bon développement. Si la pastèque n’est pas très gourmande en sol fertile, elle est cependant plus assoiffée que le melon. En règle générale, pastèque et melon apprécient les sols humides, mais bien drainés.

La pastèque est plus précoce que le melon, elle est donc également adaptée aux régions tempérées possédant des étés chauds », développe notre interlocuteur. Cependant, ajoute le spécialiste, le melon jaune « Canari », plus connu dans notre pays sous le sobriquet « Moussa Melon », en hommage à l’ancien président Moussa Traoré dont le régime a favorisé son introduction dans les habitudes agricoles de notre pays, est un hybride (issu du croisement de deux variétés en Espagne). « C’est un produit d’été, mais à force de le cultiver, il s’est sans doute adapté au changement climatique de notre pays.

Mais, vous constaterez que côté saveur, le fruit est de moins en moins succulent. Ce qui s’explique par le fait que les hydrides demandent l’utilisation des semences de source. Mais, nos agriculteurs utilisent les semences issues du fruit et à la longue, le fruit perd beaucoup de ses caractéristiques », enseigne le spécialiste. Les explications du spécialiste sont corroborées par ceux des agriculteurs.

C’est le cas de Oumar Traoré, rencontré au marché de fruit de Bozola. « Je viens de la zone de Konobougou. Je fais de la pastèque depuis 5 ans, mais c’est cette année que j’ai commencé la culture du ‘Moussa Melons’. Et curieusement, ça a beaucoup donné. Je viens de liquider un camion de melons à plus de 500.000 Fcfa. C’est vraiment réconfortant. Je n’ai utilisé que mes semences de l’année dernière, pas d’engrais, ni arrosage, les pluies qui viennent par intermittence ont suffit. Et ça marché », lance le paysan très enthousiaste.

Daba Diarra, un autre paysan est sans équivoque. « Je me reconvertis à la culture de ses fruits, c’est plus gratifiant que les produits céréaliers. Avec trois camions de pastèques et un camion de melons, je viens de toucher près de 1 million de Fcfa. Le reste de ma récolte est déjà commandé par un négociant venant de Tombouctou qui a même avancé 300.000 Fcfa. Je cède la pastèque entre 400 et 500 Fcfa l’unité aux grossistes, les melons sont cédés à 50 Fcfa l’unité », témoigne le paysan.

Zones de productions privilégiées.

Les fruits locaux sont bien appréciés des consommateurs surtout pendant les périodes de grande chaleur, mais ils s’accommodent bien à cette nouvelle situation. La nouveauté de cette année est le volume de plus en plus important des arrivages. En effet, ces produits viennent de la région de Ségou et de Koulikoro notamment des zones de Markacoungo, Dioila, Fana, Konobougou et Baraouéli.

Les négociants squattent les alentours du stade du 26 Mars, les marchés de gros de fruits de Bozola, des marchés de fruits de Médine et les marchés de Banankabougou. Des dizaines de camions garés dans ces différentes centrales d’achats déchargent quotidiennement leurs cargaisons à la demande des clients venant des zones de production.

Ici, les acteurs principaux ne se font pas prier pour dévoiler leurs recettes. Il faut noter que ce commerce très florissant regroupe une multitude de négociants. Dramane Sacko est un négociant confirmé de produits. Selon lui, il s’agit surtout d’un commerce saisonnier. « D’habitude, je suis acheteur, c’est dire que, nous sillonnons l’intérieur du pays à la recherche de produits frais pour ravitailler la ville de Bamako et les autres régions du pays. La région de Ségou et une partie de Koulikoro sont les zones de production privilégiées.

Mais cette année, à cause certainement des facteurs climatiques, la pastèque et le mélon connaissent une production record. Nous avons donc mobilisé nos camions pour approvisionner tous les pays. Aujourd’hui, j’ai 4 camions de pastèques et deux camions melons en partance de Gao et Tombouctou.

Trois autres camions se dirigent vers le Sénégal. Ce sont les affaires », lance t-il très content. Ousmane Sylla, un autre négociant de fruit à Médine est aussi très enthousiaste. « Je viens de faire débourser chemin à deux de mes camions qui étaient en partance de Nouakchott pour se ravitailler en légumes et fruits marocains. Mais, on nous a annoncé une importante quantité de pastèques dans la zone de Baraouéli.

Et la demande serait importante au niveau de Dakar », témoigne cet homme d’affaires. Ce commerce très florissant a attiré beaucoup d’importateurs de fruits et légumes de certains pays de la sous-région (Sénégalais et Burkinabè) depuis quelques semaines. Gustave Ouédraogo, négociant burkinabé est sans équivoque. « Au Burkina, je fournis les restaurants et hôtels en fruits. Dès que j’ai appris la production record de pastèque et melon au Mali pendant cette période hivernale, je suis donc venu ici.

Moins parfumé mais plus juteux, le melon jaune Canari est très apprécié. Les nutritionnistes louent ses qualités diurétiques et laxatives. Ils seraient conseillés en cas de maladies rénales, de cystite et de maladie de la vessie. Ils aideraient à combattre la cellulite », enseigne ce négociant bien averti.

Ces produits sont aussi appréciés des consommateurs locaux et les prix aujourd’hui défient toute concurrence. La pastèque est cédée entre 500 à 1500 voire 2.000 Fcfa selon la dimension tandis que les melons se vendent entre 100 à 200 Fcfa l’unité. Rafraîchissant et désaltérant, le melon se caractérise par une grande richesse en provitamines A (carotène) qui ont une action efficace de protection des artères et de la peau. Riche en vitamines C (25mg soit 42% des apports journaliers recommandés, le melon a une valeur énergétique modérée (48 kcal aux 100 g).

D. DJIRE

Essor du 20 Août 2014

 

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