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  L’Aube
Libération du nord-Mali : que fait (donc) le gouvernement ?

La gravité de la situation des régions nord commande d’agir vite. Elle ne tolère ni piétinement, ni tergiversation. Et cette situation dramatique demande des actions concrètes de la part du gouvernement malien.

Le gouvernement est-il entrain d’étaler son incapacité face à la crise du nord ? Depuis son entrée en fonction, il y a bientôt un mois, ce gouvernement sous la houlette du Dr Cheick Modibo Diarra, n’a posé aucun acte d’une grande envergure allant dans le sens de la libération des trois régions du nord. Au contraire, plus le temps passe, plus l’équipe du Dr Diarra donne l’impression de manquer de ressources et d’imaginations pour faire face à cette situation. Cela, au moment où, à Gao, Tombouctou et Kidal, les populations sont soumises aux exactions du Mnla et le diktat des barbus d’Ansar-dine.

Inquiètes et gagnées par le sentiment d’être abandonnées par l’Etat, les populations, otages de ces groupes rebelles, commencent à perdre patience et surtout la confiance au gouvernement. Pour beaucoup, ce gouvernement étonne par son silence sur la question du nord. A t-il réellement la volonté d’engager des actions visant à libérer les zones occupées ? Certains ne cachent pas aujourd’hui leur scepticisme. Censé avoir les pleins pouvoirs, Dr Diarra semble s’effacer. Il a fallu attendre la semaine dernière pour que le Premier ministre brise le silence. Il a exprimé sa volonté d’ouvrir un couloir humanitaire pour approvisionner les populations en vivres.

Si cette action se concrétise, elle fera suite aux actions déjà entreprises dans ce sens par certaines associations qui, au regard de la lenteur de l’Etat, avaient décidé de voler au secours des populations. C’est le cas du collectif Cri de cœur pour le nord, le Coren,la Fedama.Cen’est qu’en ce moment seulement que le gouvernement de transition, en place depuis le 25 avril dernier, s’est finalement décidé à envoyer de la nourriture et des médicaments à des populations assiégées depuis la mi-mars. Pour bon nombre, les événements qui se sont déroulés dans la nuit du 30 avril dernier, ne sont pas de nature à convaincre de la solidité de notre armée.

Une guerre pour le pouvoir

Pendant que ces populations fuient leurs villes, à Bamako, leur sort semble déjà relégué au second plan avec les affrontements intervenus le 30 avril entre les éléments de l’armée malienne. Aujourd’hui, encore certains se demandent comment l’armée a-t-elle pu venir à une telle extrémité à un moment où elle a surtout besoin de resserrer ses rangs ? Cette confrontation a été célébrée par le Mnla qui l’a utilisée pour convaincre les populations de la justesse de son combat au nord. Il nous est, en effet, revenu qu’à Gao tout comme à Tombouctou, des membres du Mnla faisaient comprendre aux gens que les nouvelles autorités n’ont qu’un souci : le partage du gâteau après le renversement d’Amadou Toumani Touré.

Oumar Diamoye

L’Aube du 10 Mai 2012

 

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