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Le “Yogoro” : Une pratique en voie de disparition

Le “Yogoro” est une pratique très ancienne dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Elle serait aussi vieille que notre société. Chaque année, pendant le mois de ramadan, nous assistons à l’afflux des enfants dans les rues des villes pour s’adonner à cette pratique de leurs pères et grands pères quand ceux-ci avaient leur âge. Ainsi, la tradition s’immortalisait au fur et à mesure que les générations se succèdaient.

EN QUOI CONSISTE LA PRATIQUE ?

La pratique est simple, chaque groupe d’enfant (de la même génération) est composé au moins de cinq membres exécutant chacun un rôle bien déterminé : deux membres du groupe portent les masques et effectuent des pas de danses folkloriques, comiques sous les chants et l’applaudissement des autres membres du groupe. Dans ce sens, ils vont de porte en porte pour manifester leur joie de vivre le mois de ramadan.

Les membres des familles auxquelles ils rendent visite leur donnent des présents : des céréales ou des pièces d’argent. Et souvent, certaines personnes, se rappelent le temp où elles faisaient la même chose. Les cadeaux visent simplement à les encourager pour la perpétuation de la pratique traditionnelle.

Cette pratique se fait dans toutes les régions du Mali et dans d’autres parties de l’Afrique. Les manières de chanter diffèrent selon les localités.

Ainsi, selon le directeur administratif du centre de la recherche et de création artistique M. Fadji Koné, professeur de lettres à l’INA : “Pour qui connait le fondement des sociétés traditionnelles africaines, qui sont basées sur la sociabilité, et la solidarité entre les membres de la société, le “Yogoro” ne peut être que l’instrument primordial de l’interpénétration entre les membres de la société. C’est une manière aussi pour les enfants de montrer leur savoir faire aux adultes (car les masques, les pas de danses et les chants sont de leur savoir-faire). C’est aussi une manière très comique et très lucide de savoir qu’ils peuvent compter sur les autres membres de la société”.

Cette pratique culturelle qui a existé depuis des siècles déjà est rare, et les enfants sont souvent chassés, découragés ou traités de vulgaires.

UN CHANGEMENT D’HABITUDES

En tout cas, dans certains quartiers résidentiels où chacun a sa porte fermée sur laquelle il est écrit “Attention chien méchant”, ces pratiques ont tendance à disparaître.

Cela est une autre manière de vivre, étrangère à notre société, car dans les sociétés traditionnelles, les maisons étaient construites avec des vestibules sans portail, cela voulait dire simplement que l’entrée était libre, que chacun était le bienvenu, en raison de l’hospitalité qu’il y avait.

LA NECESSITE DE PERPETUER LA PRATIQUE

Dans certains quartiers populaires, la pratique demeure malgré la mauvaise humeur de certaines personnes à recevoir les groupes “Yogoro”.

Il est par ailleurs nécessaire de savoir que ce n’est pas à cause des céréales et des pièces d’argent qu’ielles donnent aux enfants que ceux-ci s’adonnent à cette activité, car certains enfants ont des parents nantis.

L’objectif recherché est la distraction, l’interaction communautaire. Face à cette situation, il importe de penser aux bienfaits de cette pratique qui n’est nuisible à personne et exprime l’identité de notre culture, car rien n’est si mauvais que d’abandonner son identité, sa personnalité, sa manière de vivre pour quelque chose ou quelqu’un qui ignore jusqu’à ton existence.

Moussa KONDO (Stagiaire)

12 octobre 2006.

 

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