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La constipation ou conséquence d’une mauvaise alimentation ?

En Afrique, nos habitudes alimentaires sont peu variées, ce qui nous expose à des troubles digestifs très fréquents, notamment la constipation.
Par ailleurs, la constipation constitue un important motif de consultation en France (35%) ; en Côte d’Ivoire nous ne disposons pas de donnés car ce trouble, beaucoup plus fréquent, est banalisé et sujet à une automédication.

La fréquence de la constipation augmente avec l’âge et ce sont les femmes qui s’en plaignent le plus souvent.

Faisons le point sur ce trouble digestif.

Définition, symptômes

Il n’existe pas de définition précise et consensuelle de la constipation. Chez l’adulte, on estime que la fréquence normale des selles se situe entre 3 par jour et une tous les trois jours. On parle alors de constipation si le nombre de selles est inférieur à 3 par semaine. Mais ce n’est pas une règle absolue, car certaines personnes vont à la selle seulement 2 fois par semaines et se sentent parfaitement à l’aise. Par contre d’autres vont chaque jour mais avec difficulté, et sont donc constipés.

Nous parlerons alors de constipation nécessitant un traitement que si elle s’accompagne de sensation désagréable de lourdeur, de crampes dans le ventre, de ballonnement, de glaires liquides (fausses diarrhées), de douleurs et/ou de saignement à la défécation (alors associée à des hémorroïdes).

Les causes

La constipation est rarement de causes organiques c’est-à-dire le symptôme d’une maladie sous jacente (digestive, endocrinienne, neurologique…) ou liée à une lésion du tube digestif.

Aussi, l’alternance diarrhée et constipation témoigne soit d’un obstacle dans l’intestin (accumulation de selles dures…), soit d’une inflammation chronique.

La plupart des constipations sont fonctionnelles.


Elles peuvent êtres dues :

- A l’association de plusieurs facteurs : absence d’activité physique, alimentation mal adaptée (pauvre en fibre…) et une hydratation insuffisante.

- Au rythme ou au mode de vie : départs précipités le matin au travail, journées chargées, sédentarité….

- A des problèmes psychiques ou au stress.

- A certains médicaments qui ralentissent le transit intestinal tel que les anti douleurs, les anti ulcéreux, les antidépresseurs.

- A des changements hormonaux : chez la femme, les changements hormonaux lors des cycles menstruels, lors de la grossesse ou de la ménopause peuvent exercer une influence sur le transit intestinal.

Les aliments constipants :

Nos habitudes alimentaires, basées sur la prédominance de tel ou tel aliment dans une région donnée, contribuent à la constipation.


Il y a 2 types d’aliments constipants :

- Ceux qui tendent à ralentir le transit intestinal : aliments riches en amidon (riz, pommes de terre, pâtes, manioc…), mode alimentaire trop riche en sucres (confiseries, biscuits, boissons sucrés) et trop pauvres en fruits et en légumes.

- Ceux qui tendent à absorber l’eau intestinal, ce qui entraîne une augmentation du volume des selles et une diminution de leur fréquence (banane, carotte, coing, riz….).


Nos coutumes et habitudes traditionnelles :

Dans nos régions d’Afrique, il est de tradition que des lavements à base de plante soient administrés régulièrement aux nourrissons car ils favoriseraient leur croissance. Mais la fréquence de ses lavements, qui durent dans certains cas jusqu’à l’adolescence, altère le réflexe de défécation. Il en résulte à l’âge adulte des constipés chroniques.


Prévention

Elle fait appel aux règles hygiéno-diététiques.

- Boire beaucoup : un apport hydrique insuffisant entraîne un durcissement des selles. Il faut boire dès le réveil un grand verre d’eau. Aussi, entre les repas ou pendant ceux-ci, la consommation minimum recommandée est de 1 litre et demi d’eau par jour.

- Buvez également des liquides sous forme de tisanes, de jus de fruits, de soupe, car la prise de liquide favorise la régularité des selles. Mais n’abusez ni du café, ni de thé, ni de boissons gazeuses (colas).

- Augmenter votre alimentation en fibres : elles ont la propriété de réguler le transit intestinal. Elles sont présentes dans les fruits et légumes, et surtout dans les produits à base de céréales complètes ou semi complètes, dans les fruits et légumes secs.

L’augmentation de la consommation de céréales ou de pains complets sera progressive, afin de tester la tolérance.

Cette mesure n’est pas toujours efficace car certaines personnes ne supportent pas les fibres.

- Lutter contre la sédentarité, faites des exercices : l’activité physique a un effet bénéfique sur le transit intestinal qu’il stimule.

Une marche après le repas est toujours bénéfique ; sinon, dès que possible. Dans tous les cas au moins une demi heure de marche rapide chaque jour.

- Evitez si possible de vous coucher immédiatement après un repas.

Les personnes alitées pour cause de maladie doivent essayer de se lever et de marcher, aussi souvent que le médecin l’autorise pour stimuler l’envie d’aller à la selle.

- Allez aux toilettes :

Ne repoussez pas à plus tard une envie d’aller aux toilettes. Prenez votre temps lorsque vous allez aux toilettes. L’intestin à parfois besoin d’un certain laps de temps pour se mettre en train.

Essayer de restaurer le réflexe qui donne envie d’aller à la selle le matin : allez aux toilettes tous les jours pendants au moins 10 minutes, même si vous n’avez pas envie. Ne forcez pas, laisser simplement se relâcher votre sphincter.

Aux toilettes, soulevez le plus possible vos pieds à la hauteur de la cuvette, en les posant sur un marche pied ou un cousin.

Notons que la position accroupie facilite l’évacuation des selles.

Traitement

- Vous pouvez prendre un laxatif, mais seulement pour un temps limité, associé aux mesures hygiéno-diététique. Cependant, la prise régulière d’un tel traitement (même les produits naturels ou à base de plante) crée une accoutumance de l’intestin et augmente le risque de constipation.

- Les différents traitements ont pour objectifs de faciliter le transit et l’émission des selles :

en les ramollissant par un appel d’eau dans l’intestin (laxatifs osmotiques)

en modifiant leur consistance et en facilitant le transit (laxatifs de lest)

en facilitant l’émission des selles à l’aide de corps gras (laxatifs lubrifiants)

en facilitant la vidange du rectum par un réflexe (laxatifs par voie rectale)

en stimulant le fonctionnement de l’intestin (laxatifs stimulants)

- Les laxatifs les plus utilisés sont les laxatifs osmotiques et les laxatifs de lest ; ils ont démontré leur efficacité et sont dénués de toxicités.

- Les laxatifs par voie rectale et les laxatifs stimulants ne doivent pas être pris au long cours (plus de 15 jours) car ils peuvent perturber le transit intestinal à la longue.

Dr KOFFI-AKUE G, Médecin, Kofi_akug@isantenews.info

Références

1) Cinq règles anti-constipation
www.e-sante.be/regles-anti-constipation

2) La constipation en questions
www.plurielles.fr/sante-forme/sante/constipation-questions

3) La constipation de l’adulte
www.eurekasante.fr/maladie/estomac-intestin/constipation


27 Avril 2009

 

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