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  L’Indépendant
La Route de l’Espoir se mue en bretelle du désespoir

Pour qui n’a jamais voyagé de Tombouctou à Douentza ou en sens inverse en voiture, quand on parle de la route de l’espoir, elle reste comme une prouesse et un grand soulagement pour nos compatriotes de la cité des 333 Saints, Tombouctou.

Il est vrai qu’avant sa construction, les Tombouctiens mettaient des jours pour rallier Bamako. Il fallait alors dépenser, au bas mot, 45 000 FCFA. Lors de son inauguration, plusieurs ressortissants du Nord avaient poussé un ouf de soulagement. Mais, au Mali, on a la fâcheuse habitude de construire des infrastructures sans penser à leur entretien.

C’est le triste sort qui arrive à la route de l’espoir qui, petit à petit, devient une piste pour charrette d’ânes, un casse-cou pour les chauffeurs, même les plus expérimentés. Bref, un mouroir pour les usagers du tronçon. D’ailleurs, nous en avons fait l’amère expérience quand l’un de nos véhicules a dérapé à cause d’un profond nid de poule qui se trouvait à un tournant, cinq kilomètres avant le village de Bambara Maoudé.

Sur ce tronçon, on n’évite pas les trous, mais on les choisit. Interdiction formelle de rouler à moins de 60 kilomètres à l’heure. Sinon votre tableau de bord risque d’être déboulonné. Vous avez dit des escaliers ? Si vous déjeunez à Tombouctou, il ne vous faut que quelques minutes pour que le repas s’en aille, les secousses vous nouant tout simplement l’estomac. Le parcours est jonché de débris de pneus à vous donner des sueurs froides.

La chaussée est rongée aux deux tiers par l’érosion consécutive au ruissellement. A certains endroits, les traces de pneus démontrent dans quel pétrin se fourrent les chauffeurs qui se hasardent à emprunter ce tronçon pendant la saison hivernale. Faut-il alors préciser que les quelque 200 kilomètres qui séparent Tombouctou de Douentza vous coûteront trois heures de tortures pour les cascadeurs et quatre pour les plus prudents.

En tout cas, si cette route faisait naguère la fierté des Tombouctiens, elle est aujourd’hui un véritable coupe-gorge pour ses usagers. Si, de surcroît, elle venait à disparaître à cause de l’érosion et de l’ensablement les habitants de la cité des 333 Saints seront simplement coupés du reste du Mali.

Il est donc temps de matérialiser le refrain qui sonne dans plusieurs discours : "le développement d’un pays passe par le développement des routes".

Paul Mben, envoyé spécial à Tombouctou.

16 Mars 2005

 

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