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  Urbanisme
L’architecture soudanaise (2)

N’est-il pas dit que l’architecture n’est pas seulement espace et forme, mais plutôt l’expression d’une culture et d’une époque. Et la nôtre ? Justifie t-elle cette assertion ? En effet nous pouvons affirmer sans nous tromper que nous disposons d’une culture au Mali, très grande d’ailleurs. Notre habitat existe également, et il est difficile de nous en dissocier. Ne reconnaîtrez vous pas un habitat peulh d’un habitat sarakolé ? Un dogon répondra t-il de la même manière qu’un ressortissant de Djenné, à la gestion d’un maçon sur son chantier ? Autant de questions qui ont leurs réponses dans notre manière de comprendre, de faire et d’agir.
Vous voulez vous rendre au Mali ? Alors, sans hésiter, intégrez la dimension culturelle dans vos projets, sinon vous aurez un éléphant blanc à gérer, et Dieu seul sait, combien il y a en !!!...

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Gouvernorat du District de Bamako

Des éléments distinctifs

Les réalisations se faisaient en banco obtenu par un mélange d’eau, d’argile et des éléments comme la paille de mil et la bouse de vache. Parmi des éléments notoires de cette architecture nous vous attirerons votre attention sur quelques points suivants :

Le mur de clôture se présente comme une arcade, un élément moderne venant du monde européen.

Les murs de façade sont renforcés par des pilastres, mettant ainsi l’accent sur la verticalité du bâtiment.

Très souvent des faisceaux de branches sont posés en saillis sur les murs. Ils ont pour fonction le renforcement, l’accès à la hauteur du bâtiment lors d’un entretien, et la décoration des façades.

La concession traditionnelle (une série de maisonnettes à plan rond ou carré ordonnée autour d’une cour intérieure ou centre géométrique) se développe et devient monumentale sans que se perde le contexte socioculturel de l’habitation.

La seule entrée dans le foyer ouvre sur un vestibule, d’où on n’aperçoit pas l’intérieur de la cour.

Le toit est plat et aménagé généralement en terrasse.

Architecture soudanaise modernisée ?

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Marché rose de Bamako

L’architecture néo-soudanaise serait le nom d’un courant architectural né pendant l’époque coloniale. Les colons inspirés par la splendeur des villes et des infrastructures, ont su combiner formes et compositions de l’architecture locale traditionnelle soudanaise. Pour ce faire, ils ont géométrisé les formes, utilisé les matériaux locaux et améliorés localement, mis en oeuvre des techniques de constructions modernes et coloniales.

Après plus de 100 ans, les bâtiments sont encore debout et depuis l’indépendance, occupés par l’administration, le commerce et le logement. La plupart de ces bâtiments ne sont pas en bon état. En effet des problèmes de fondations affaissées, d’enduits dégradés, de toitures qui fuient, et des portes dégradées existent par-ci et par là.

En essayant d’éliminer les différences entre le mode de vie colonial et africain, on a construit des pièces sur les vérandas, ce qui n’est pas sans causer des problèmes climatiques.

Quand en 1929, l’architecte français construisait le marché rose de Bamako, il choisit de le construire avec le style néo soudanais à l’aide de matériaux durables, comme du banco pressé, des briques cuites, de la pierre et de la chaux.
Le marché rose de Bamako a été réhabilité après l’incendie de 1984.

(à suivre)

20/04/2004

Cheich Abd El Kader, architecte
- abdelkader@afribone.net.ml

 

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