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  Le Reflet (Hebdo)
L’accès à l’eau potable, Un éternel défi au Mali

Qu’est-ce qui manque aujourd’hui le plus aux Maliens ? Beaucoup se précipiteront sans doute pour répondre : l’argent ! Ils n’ont pas tort. Mais, il y a une ressource vitale que même l’argent ne peut avoir forcément de nos jours : l’eau ! Le manque du liquide précieux fait énormément souffrir les populations maliennes dans presque tout le pays. L’accès à l’eau, même non potable, est un défi permanent qu’aucun régime n’a encore pu relever au Mali.

De Kadiolo (Sikasso) à Arouane (Tombouctou) en passant par les quartiers de Bamako et une grande partie du territoire national, la corvée d’eau a repris de plus belle pour les femmes et leurs filles.

Il faut se réveiller tôt pour espérer avoir un peu d’eau dans le puits du village. A Magnambougou, Kalanbacoura, Boulkassoumbougou, Sangarébougou, Lafiabougou... il faut aujourd’hui veiller tard dans l’espoir que quelques goûtes vont suinter du robinet.

Dans la capitale, des quartiers sont privés d’eau pendant souvent 48 heures à cause de la faiblesse de la pression. Le débit est tellement lent qu’il faut vraiment de la patience pour affronter le soleil dans les longues files devant les bornes-fontaines.

Au même moment, certains gaspillent de l’eau dans leurs coquettes résidences. Ils se prélassent dans des baignoires continuellement remplies. Les gazons et les fleurs sont abondamment arrosés pour apporter un micro climat dans la cour, où, on hésite encore à installer un climatiseur. Que dire des piscines et de ces luxueuses voitures sans cesse lavées ?

Comme d’habitude, la chaleur a encore ramené au devant de la scène le débat sur l’accès de la majorité des Maliens à l’eau potable. Tandis que la majorité souffre pour satisfaire ses besoins, une minorité ne sait qu’en faire.

La gestion de l’eau est un exemple palpable de la mauvaise répartition des richesses et des ressources dans ce pays. Après 46 ans d’indépendance, le Mali n’est encore parvenu à trouver une solution à l’approvisionnement de sa population en eau. Moins de 1/3 des Maliens ont accès à l’eau potable.

Comment accepter que des quartiers de la capitale aient encore des problèmes d’approvisionnement en eau ? On rétorquera sans doute que le Mali n’est le seul pays africain dans cette situation.

Mais, pour une fois et avec nos immenses potentialités, le Mali aurait pu constituer un exemple réellement positif dans un domaine du développement humain durable. Mais, dans ce pays de laxisme et de démagogie corruptive, la réalisation de chaque point d’eau est fêtée comme un triomphe et fait l’objet de tapage médiatique.

Depuis la fin des grands empires, la honte ne tue plus dans ce pays. Sinon, un dirigeant malien ne devrait plus se réjouir d’offrir à boire à une localité après 46 ans de souveraineté.

Il devait se dire que s’il est interpellé encore par rapport à ce drame qu’est la crise d’eau, c’est que les dirigeants ont toujours failli à leur mission. Le pays en est là aujourd’hui parce que ceux qui doivent soulager les populations pensent en terme d’objectifs politiques et non de la prise en charge des vrais besoins des citoyens.

De la distribution gratuite de l’eau à la construction des édifices socioéconomiques, tout est réalisé avec une ambition politique personnelle derrière la tête. Les ressortissants de certaines régions comme Kayes l’ont compris et travaillent à soulager leurs familles.

C’est pourquoi le Mali est toujours confronté aux mêmes défis (analphabétisme, famine, manque d’eau, difficile accès à la santé...) depuis son indépendance. Que dalle !

Moussa Bolly

La chaleur des affaires !

S’il y a des commerçants qui font de bonnes affaires en ce moment, ce sont certainement les vendeuses d’eau fraîche et de glace.

« Ma recette journalière a presque triplé. Depuis que la chaleur à commencer, je peux vendre jusqu’à 3000 F CFA par jour », témoigne une vendeuse du Raildah.

Même son de cloche du côté de Mme Sylla à Lafiabougou. « Grâce à mon congélateur, je n’envie pas les salariés. Avec deux congélateurs et un frigo, je ne parviens pas à satisfaire la demande de ma clientèle », nous dit-elle, naturellement heureuse de l’opportunité d’affaires que lui offre la canicule.

Chez elle, en plus de l’eau et de la glace, elle fait également de bonnes affaires avec son jus gingembre et son dablénin (jus de dah rouge).

Comme elle, elles sont nombreuses les braves femmes qui nourrissent aujourd’hui leurs familles grâce à de petits commerces de ce genre qui rapportent gros en période de chaleur.

N’eussent été la défaillance de son système d’approvisionnement et son incapacité à satisfaire sa clientèle, EDM aurait l’un des gros bénéficiaires de la canicule.

Mais, la bonne affaire est surtout réalisée par les propriétaires des bornes-fontaines, les gérants des piscines au niveau des hôtels de la place, les vendeurs de ventilateurs voire de climatiseurs, les électriciens... Et si cela ne tenait qu’à eux, la canicule aurait duré 12 mois sur 12 !

Moussa Bolly

20 avril 2006.

 

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