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  L’Aube
Gestion de la transition : forte pression sur la junte militaire

Face à l’entêtement des putschistes de céder le pouvoir aux civils, la communauté internationale se mobilise et appelle les membres du Cnrdre et leur président Amadou Haya Sanogo à obtempérer sous peine de nouvelles sanctions. Les Etats-Unis et l’Union Européenne ne cachent plus leur impatience vis-à-vis de la junte militaire et font monter la pression.

Les membres du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (Cnrdre) seraient en train de s’accrocher au pouvoir politique malgré le rétablissement de l’ordre constitutionnel, le 12 avril dernier, avec l’investiture du Pr Dioncounda Traoré comme président de la République par intérim. Le président du Cnrdre, Amadou Haya Sanogo, ne veut décidément pas partir avec les honneurs. Il tient à prendre en otage la transition malienne comme les bandits armés en ont fait des régions de Kidal, Tombouctou et Gao. Contre la volonté de la frange importante du peuple malien et de la communauté internationale, le capitaine Sanogo et ses proches (militaires et civils) veulent coûte que coûte briser le processus de retour à « l’ordre constitutionnel ? » Sanogo, qui au départ, a accepté le « rétablissement de l’ordre constitutionnel », veut aujourd’hui diriger la transition. Ce serait la plus grave erreur que les Maliens commettront s’ils acceptent que des putschistes, qui ne cachent plus leur détermination à remettre en cause les acquis démocratiques, dirigent la transition. Le Cnrdre veut aussi prolonger le délai de cette transition et se maintenir par la force des armes. A quelle fin ?

Pour éviter cette éventualité, la communauté internationale s’organise pour faire barrage à la junte militaire qui profite de sa position dominante pour « marcher » sur la classe politique et les institutions de la transition. Le Capitaine Sanogo ne considère ni le président de la République par intérim, encore moins le Premier ministre dont il est le mentor. La communauté internationale l’a compris et prend ses distances avec une junte qui ne veut plus quitter le pouvoir.

Les Etats-Unis ont exprimé, le vendredi dernier, leur « profonde inquiétude » sur la détérioration de la situation politique au Mali, et ont appelé à la démission du président de la junte et au retour à un pouvoir civil complet. « L’ingérence continue du Cnrdre dans le gouvernement a miné la démocratie au Mali, a conduit à la partition de facto du pays, et a compromis la capacité du pays de répondre à une crise humanitaire dans le nord du Mali », a indiqué la porte-parole du Département d’Etat américain, Victoria Nuland. Elle a demandé au chef de la junte Amadou Sanogo et aux membres du Cnrdre, de démissionner. « Nous tenons directement le Cnrdre responsable pour les souffrances croissantes du peuple malien », a déclaré Mme Nuland. « Le militaire doit démissionner complètement afin de laisser à l’administration intérimaire dirigée par le président Dioncounda Traoré et le Premier ministre Cheick Modibo Diarra de gouverner librement et d’organiser des élections présidentielles le plus rapidement possible ». Les Etats-Unis promettent également de maintenir leurs sanctions contre le capitaine Sanogo et d’autres leaders du Cnrdre ainsi que le gouvernement malien, jusqu’à ce que la junte militaire démissionne et que la démocratie se restaure au Mali.

Le chef de la délégation de l’Union Européenne au Mali, Richard Zink, a, au cours d’une visite rendue, la semaine dernière, au président de la République par intérim, Dioncounda Traoré, exprimé la volonté de l’Union européenne de voir un pouvoir civil s’instaurer au Mali pendant la transition. L’UE s’oppose de toutes ses forces à un pouvoir militaire. Même si les Chefs de l’Etat de la CEDEAO ne l’ont pas expressément dit, ils le pensent en choisissant Dioncounda Traoré pour conduire la transition d’une année. Dans une moindre mesure,la France et la Russies ont aussi dans cette logique. Ce qui ferme toutes les portes de la communauté internationale à la junte militaire qui doit, pour le bonheur du peuple malien, se ressaisir et se retirer de la scène politique, où les militaires n’ont nullement leur place. Leur place, c’est dans le camp.

Espérons que ces pressions fortes fassent plier la junte militaire. Sans ces pressions, les Maliens pourront ne jamais voir leur pays unifié. Car la junte semble avoir d’autres chats à fouetter que d’aller faire la guerre au nord du Mali. Une guerre dont elle ne dispose ni les moyens humains, encore moins financiers. Dans tous les cas, la communauté internationale est allergique au pouvoir militaire et ne versera pas le copeck à un pouvoir militaire. Sanogo et ses hommes mettront-ils les intérêts du Mali au dessus d’intérêts personnels ? C’est là toute la question.

Idrissa Maïga

L’Aube du 14 Mai 2012

 

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