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  L’Aube
Femafoot-Giresse : les raisons d’un divorce

Le bail qui lie la FEMAFOOT à Alain Giresse ne sera pas renouvelé. Face à la presse, le samedi dernier, le vice-président de celle-ci, après avoir fait le point des négociations, a laissé entendre que les rênes de l’équipe seront provisoirement confiées à Amadou Pathé Diallo.

Aux dires du vice président de la FEMAFOOT, Moussa Konaté, le souhait de la fédération malienne de football était de poursuivre la belle aventure de la dernière Coupe d’Afrique des nations qui a vu l’équipe nationale terminer à la 3e place. Ce succès, a-t-il ajouté, qui a été brillamment salué et fêté par toute la nation malienne, s’explique par talent et à la détermination de nos footballeurs sous la direction de leur entraîneur-sélectionneur.

Ces propos suffisent à comprendre pourquoi la FEMAFOOT voulait poursuivre l’aventure avec l’ancien joueur de l’équipe nationale de France.

Le contrat de deux années qui liait le Mali et Alain Giresse devant arriver à son terme le 31 mai 2012, en prévision de cette échéance, et dans l’optique d’un renouvellement,la FEMAFOOT, aux dires du conférencier, a jugé nécessaire d’apporter quelques réaménagements à certains termes du contrat. La nouvelle proposition de contrat a été envoyée à Giresse courant avril.

La FEMAFOOT a ainsi décidé d’apporter des changements à certains points, ce qui n’a pas été accepté par Alain Giresse. Entre les deux camps, les points de discorde étaient liés à la composition du staff médical, à la validation de liste des joueurs sélectionnés et au règlement de la facture téléphonique.

S’agissant du staff médical, le conférencier a expliqué qu’au cours des deux années écoulées, c’était le sélectionneur qui venait avec un staff de quatre spécialistes : un médecin, un kinésithérapeute, un préparateur physique et un préparateur des gardiens de but. Ils étaient rémunérés à raison de quatre cents euros (400 €) par personne et par jour pour toute la durée du regroupement. Ce personnel était assisté de deux maliens, un intendant et un kinésithérapeute qui, pour la même période, percevaient chacun la somme de quatre cent mille francs CFA, soit environ 615 €.

« Force nous a été de constater que les prestations des « spécialistes » expatriés n’étaient pas ce qu’on était en droit d’attendre d’eux et leur motivation laissait à désirer. Nous avons estimé que ce staff médical devait être sous la responsabilité de la commission médicale de la fédération tenue de travailler étroitement avec le sélectionneur. Nous avons aussi estimé qu’il était possible de trouver ici au Mali, un personnel médical qualifié et compétent à l’instar des deux techniciens dont les prestations ont été jugées satisfaisantes. Ceci n’a pas été du goût de Giresse ». a-t-il affirmé.

« Après échanges, nous avons quand même accepté de laisser le soin à M. Giresse de choisir un médecin et un kiné, tous deux différents de ceux qui ont été de la campagne au Gabon, leur attitude générale ayant été jugée incompatible avec l’ambiance du groupe qui exigeait une grande convivialité de la part de tous les membres de la délégation » a-t-il ajouté.

Au sujet du point « des joueurs sélectionnés », Moussa Konaté explique que la précédente version du contrat stipulait que le sélectionneur « aura toute la latitude de proposer à son employeur la liste des joueurs sélectionnés ». Cette formulation devrait devenir : le sélectionneur « aura toute la latitude de proposer pour validation à son employeur la liste des joueurs sélectionnés ».

Pour Moussa Konaté, la clause « pour validation » n’avait pas pour but de contester les choix du sélectionneur. Il est absolument clair que le sélectionneur est le seul responsable de ce choix. L’intention de la fédération était de faire bénéficier (au sélectionneur) des observations et autres suggestions susceptibles de l’aider dans sa tâche, par exemple à faciliter éventuellement certaines de ses démarches. Le cas « Seydou Keita » est, à cet effet révélateur. Seydoublen, après avoir décidé de prendre quelque recul par rapport à la sélection nationale, a souhaité par la suite de rejoindre le groupe. Il se heurta à l’opposition du sélectionneur. Le concours de la Fédération aurait sans doute pu décanter la situation.

« La clause « pour validation » ayant indisposé Giresse, nous avons accepté de la supprimer », a laissé entendre Monsieur Konaté.

A propos du denier point remanié, selon le conférencier, pour ses appels téléphoniques, il avait été proposé d’allouer au sélectionneur, sur une base mensuelle, une somme ne devant pas excéder cinq cent mille francs CFA. Ainsi si la facture réelle n’atteignait pas cette somme, la fédération ne réglait que la facture des appels effectués. La fédération, pour des raisons d’orthodoxie de gestion, n’était pas tenue de verser la différence au sélectionneur. Cette disposition ayant été contestée par Giresse, il a été convenu d’inclure la somme des cinq cent mille dans son salaire.

« Malgré ces concessions, M. Alain Giresse maintient sa décision de ne pas renouveler son contrat. Nous à la Fédération, nous aurions souhaité poursuivre avec M. Giresse. Mais nous n’avons aucun moyen de lui faire changer d’avis. A notre corps défendant, nous, responsables de la Fédération, ne pouvons donc, en fin de compte, que prendre acte de la volonté de M. Giresse », a regretté Moussa Konaté.

Les questions des journalistes ont permis au vice président de la FEMAFOOT, de faire l’ouverture sur l’avenir. C’est à Amadou Pathé Diallo que reviendra la charge de diriger l’équipe pour les deux prochains matches des éliminatoires de la coupe du monde. L’ancien international sera assisté d’un collège, d’entraîneurs et d’un staff médical dont les compositions respectives seront connues lundi.

Youssouf Kéïta

L’Aube du 14 Mai 2012

 

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