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Exclusif : Protestation contre la révision constitutionnelle

Environ trois cents (300) personnes des partis et organisations membres du collectif “Touche pas à ma constitution” ont battu le pavé dans la matinée de ce vendredi 30 décembre 2011. Motif de la manifestation : empêcher la tenue du référendum prévue pour le 29 avril 2012 en vue d’une révision de la constitution malienne du 25 février 1992.

Partie du ministère de l’administration territoriale vers neuf (09) heures, la marche s’est achevée par des déclarations politiques au niveau du mémorial Modibo Keïta. Des personnalités telles que l’ancien président de l’Assemblée nationale Ali Nouhoum Diallo et Mme Sy Kadiatou Sow de la Comode, Hamèye Founé Mahalmadane, président du Syndicat libre de la magistrature (Sylima), Cheick Oumar Sissoko et Oumar Mariko du parti Sadi ou encore l’éminent avocat Me Mamadou Ismaël Konaté, ont pris part à la manifestation.

Le collectif Touche pas à ma constitution regroupe des dizaines de mouvements et organisations aussi représentative de la société. Outre le parti Sadi, la Comode, le Sylima, des organisations socio professionnelles comme l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) et la Confédération Nationale des Travailleurs du Mali (CSTM), etc., y figurent.

Les femmes des Aéroports du Mali ont également rejoint la manifestation afin de mieux véhiculer leur message. Celles-ci s’insurgent contre le projet de privatisation des ADM et appellent à la démission de la directrice Mme Thiam Aya Diallo. Une manifestation populaire de ces organisations qui mobilise moins d’un millier de personnes n’est-elle pas synonyme d’échec ?

A l’issu de la marche, le collectif Touche pas à ma Constitution se console. « Nous avons fait une marche pacifique très bien réussie. Maintenant, il faut que cela réussisse en termes de contenus. L’objectif principal de cette marche est : Non à la réforme constitutionnelle ! Non au référendum » a tempéré le président du collectif Adama Diakité, président du forum des organisations de la société civile.

Le collectif craint des bourrages d’urnes à la faveur du référendum pour donner un Oui massif au projet de constitution envisagé par le président de la République. « La force a toujours appelé la résistance. Nous résisterons pour qu’il n’y ait pas de référendum », a averti Nouhoum Sarr, président du parti Front Africain pour le Développement (FAD).

Pourquoi le collectif rejette le projet de constitution ? Hamèye Founé Mahalmadane, Nouhoum Sarr, Mme Sy Kadiatou Sow et le Dr. Oumar Mariko, se sont donnés comme tâche de répondre à cette question. Pour le magistrat syndicaliste, les motivations réelles de la révision constitutionnelle ne sont qu’une tentative de « sauver la face des dirigeants parce qu’ils n’ont pas reçu ce qu’ils voulaient ». « Des éléments du comité d’experts nous ont dit que la motivation réelle était de toucher à l’article 30 de la constitution qui concerne le mandat présidentielle.

Comme ils se sont opposés, le président s’obstine à faire une réforme » a révélé le président du Sylima. « Les priorités du Mali sont ailleurs. Elles sont au niveau de la corruption qui a atteint aujourd’hui des sommets, au niveau du chômage de la jeunesse » a indiqué Nouhoum Sarr. Selon lui, la présente révision constitutionnelle est une mise en cause des valeurs démocratiques. Pour Mme Sy Kadiatou Sow qui se veut porte parole des femmes, le nouveau projet est anti démocratique.

Comme principaux griefs, le collectif estime que le texte proposé au référendum n’est pas le fruit d’un consensus national contrairement à celui élaboré à la conférence nationale de 1992. Le projet est également jugé de « liberticide » et donnerait des prérogatives au président de la République à la dimension de ceux d’un roi. Selon le collectif, l’équilibre entre les différentes institutions du pays sera mis en cause.

La création du Sénat est jugé inutile et la question de la nationalité pour se porter candidat à l’élection présidentielle taxée de « situation aux antipodes du monde moderne ». Mieux, la référence faite à la charte de Kuru Kan Fuga heurte les valeurs démocratiques et de l’Etat de droit.

Seydou Coulibaly

30 Décembre 2011.

©Afribone

 

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