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  Situation du pays
Edito : Peuple doublement meurtri du Mali

Pourquoi subitement, l’effervescence gagne les populations qui revendiquent des infrastructures routières ça et là de Kayes à Taoudenit, de Tombouctou à Gao et à Bamako ? Les revendications collectives catégorielles de type corporatiste ou encore politique ne sont pas une nouveauté au Mali. Mais que les revendications d’infrastructures routières se généralisent, ne traduit pas le seul fait que les routes sont devenues partout impraticables. Il n’y a pas que les routes, mais aussi des feux tricolores qui sont sur la liste des exigences populaires dans certains cas.

Pourquoi ces revendications frénétiques d’infrastructures alors que l’on sait que le pays connait toutes les difficultés liées à l’insécurité et à la guerre ? D’ailleurs le ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique n’a pas manqué de brandir l’argument de la guerre pour soutenir que les manifestants contribuent à fragiliser davantage l’Etat.

Le ministre a certainement oublié que l’Etat a contenu les germes de sa propre fragilisation, quand en temps de guerre, des responsables se permettent de dilapider les maigres ressources dans l’acquisition d’engins qui ne font pas l’affaire de la lutte anti-terroriste : avions cloués au sol ou n’étant pas opérationnels.

Quand on fait la relation avec le nombre d’infrastructures routières, de centres de santé, d’écoles, ou de tonnes d’engrais, réalisables avec les 7 milliards de FCFA, mis dans deux hélicoptères obsolètes, on ne peut que s’en mouvoir.

Si le ministre de la Communication, Chargé des Relations avec les Institutions et Porte Parole du Gouvernement, Yaya Sangaré reconnait que l’affaire des « avions cloués au sol » a fait l’objet d’enquêtes, les acteurs sont connus ; on ne comprend alors pas, pourquoi un dossier aussi important que la sécurité des Maliens fait l’objet d’omerta ? S’il n’y a aucune malice derrière l’affaire des avions cloués au sol, que le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita puisse expliquer cela au peuple doublement meurtri du Mali.

B. Daou
Le Républicain du 12 Septembre 2019

 

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