Le Mali
Institutions
Coopération
Education
Art & Culture
Tourisme
Presse
Urbanisme
Horoscope
Météo
Formation
Editorial
Liens



 
  Presse
Coopération : Kadhafi à Bamako

Le guide de la Jamahiriya arabe libyenne, Mahammar Kadhafi, a effectué le week-end dernier une visite, dit-il, de courtoisie au Mali. Le premier ennemi des maliens disait fièrement être chez lui, sans que cette phrase ne vienne des plus hautes autorités du pays. Un malien peut-il dire pareilles choses en Libye ?


Autre chose, sa visite s’inscrivait-elle dans le cadre de la sauvegarde au Mali des intérêts de son pays ? Peut-on assimiler la rébellion du nord malien à la guerre israélo-palestinienne ? Ces questionnements brûlent actuellement les lèvres de bon nombre de maliens.

En tout cas, beaucoup d’entre eux sont pessimistes quant au règlement définitif de la rébellion touareg. Ils pensent que la solution à la « Kadhafi » arrangera mieux les rebelles que l’Etat malien. Sinon, sa solution ne saurait être inscrite dans la durée, quant on sait que les solutions précédemment envisagées par le guide libyen ont été jusqu’ici vaines.

C’est vrai, il a été dit qu’une partie de l’alliance du 23 mai 2006 a décidé de déposer les armes pour rejoindre l’armée régulière. Mais, cela ne pourrait jamais constituer une solution à la rébellion.

Car, il y a plusieurs petits regroupements qui n’en seraient pas contents. L’immixtion de Kadhafi pour le règlement de la rébellion avait dérangé l’Algérie qui avait menacé en son temps, de vouloir mettre fin à ses médiations.

C’est ce même Kadhafi qu’on voit aujourd’hui à Bamako pour la réinsertion des rebelles. Alors qui soutient Bahanga et ses acolytes ? Dans quel pays est-il exilé le chef de l’alliance du 23 mai ? Les réponses à ces questions sont connues de tous.

Kadhafi à Bamako, la primauté aux rebelles

Si l’arrivée de Kadhafi à Bamako dans la nuit du samedi 3 décembre 2008, fut une grande surprise pour les bamakois, les populations des régions nord, notamment les rebelles en étaient informés d’avance.

A deux jours de son arrivée, les téléphones ne cessaient de sonner informant les uns et demandant aux autres la confirmation de la nouvelle. Ainsi, aucun officiel contacté par nos soins, n’a pas pu ni infirmer ni confirmer.

Alors qu’au même moment les rebelles avaient toutes les informations allant de l’heure d’atterrissage de l’avion du guide libyen, à la durée de son séjour jusqu’au programme de sa visite au Mali.

Certainement pour Koulouba, aucun rebelle n’était informé de la visite de Kadhafi. Pourquoi n’a-t-on pas informé à temps le peuple malien ? Que veut-on cacher ?

Car c’est la quatrième fois, depuis l’arrivée au pouvoir en 2002 par voie démocratique du Général Amadou Toumani Touré, que Kadhafi foule le sol malien. Pourtant, à chacune de ses précédentes visites au Mali, c’est une mobilisation totale et un accueil triomphal qui lui ont été réservés. Nos autorités savent qu’il n’aime que la masse à l’accueil.

Kadhafi est-il aimé par les maliens ?

Sa visite semi surprise qui s’est achevée hier matin, a donné lieu aux commentaires les plus controversés. Il semble que nos autorités et Kadhafi lui-même, ont désormais compris que les maliens leur accordent peu de considération. Le guide de la révolution libyenne se fait passer pour l’un des dignes fils du Mali, alors qu’il n’en est rien !

L’expulsion et l’emprisonnement récents des immigrés maliens après les avoir détroussés de tous leurs biens, restent encore vivaces dans la mémoire collective.

Cet aspect en est pour beaucoup, dans la glaciation de la sympathie que certains compatriotes lui éprouvaient. A cela, s’ajoute la complication du conflit maliano-malien qui a été transporté en Algérie puis finalement à Tripoli.

C’est certainement à cause de tous ces paramètres que les autorités et la partie libyenne, ont décidé de ne pas éventer cette énième visite de Kadhafi dans notre pays. Cette stratégie a été bien appréciée par bon nombre de maliens qui ont éteint leur téléviseur, pour ne simplement pas voir la tête de Kadhafi.

Aussi, elle a été bonne pour le guide qui aurait pu esquiver la mésaventure arrivée en Irak au président américain Georges W. Bush. C’est-à-dire, en ce temps qui coure dans le monde Kadhafi ne risquerait-il pas de recevoir des chaussures en pleine figure ?


Sékou Coulibaly

Le Guido du 06 Janvier 2009

 

Dans la même rubrique :


© 1999-2018 - Afribone Mali SA - Tous droits réservés