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Bamako, nous sommes aujourd’hui ...(1)

Bamako totalise déjà une chaussée submersible et deux ponts. Ses faubourgs se sont multipliés et agrandis. Des rapports ville - campagne, il existe actuellement, un rapport qui doit être le dépassement du concept modernité - tradition.
Le centre urbain est le lieu rêvé pour la réussite tandis que le village est considéré comme un grenier. Cette immigration est à la fois nationale et internationale. Cette dernière catégorie dont la direction est l’occident, considère Bamako comme un lieu de transit. Alors, dans l’attente donc d’un titre de transport, au gré de la durée du séjour, même s’il s’étend sur plusieurs mois, vive l’accroissement démographique !

... et la suite ... aujourd’hui ...?

Depuis plus d’une décennie les deux bords du fleuve Niger sont reliés par une chaussée submersible et deux ponts. Les hauteurs du fleuve ont été envahies de constructions, malgré les interdits du SDAU - Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisation, de la ville.

La ville s’est étendue de façon démesurée et linéaire tout le long du Niger. Par endroits des aménagements frôlent l’incivisme, le manque de citoyenneté et la malveillance vis à vis de la chose publique : des constructions et occupations anarchiques, des tas immondices et décharges incontrôlées, des abus et ignorances des intellectuels dont nous nous réclamons.

Parfois, on est loin de penser ou de croire que cette ville, cette cité des 3 caïmans, cette agglomération tant admirée et choyée des Gouverneurs de Trentinian et Louveau, cette ville donc dis-je a été un jour, non lointain, une ville coquette, belle et enviable dans laquelle, il faisait bon vivre et travailler.

Villes du Tiers-monde ...

out comme les villes de Ségou, Djenné, Mopti, Tombouctou et Gao, toutes riveraines du fleuve Niger, et connues et admirées à l’étranger par les patrimoines immobiliers dont ils regorgent, Bamako a représenté et symbolisé une brillante civilisation et une tradition urbaine largement justifiées.
Hélas, Nostalgie quand tu nous tiens !

De création plus ou moins récente, ces villes du fleuve Niger présentent toutes, les principales caractéristiques suivantes : forte explosion démographique taille largement démesurée, sous intégration des quartiers périphériques ou quartiers - dortoirs, insuffisance des équipements communautaires et pénurie des infrastructures d’assainissement, prolifération sauvage des décharges d’ordures de tous ordres et quasi absence de voies urbaines cyclables, etc.

Aujourd’hui, au Mali, Bamako est la seule ville à compter plus d’un million d’habitants (près du 1/10 de la population du Mali). Ce record démographique risque d’être longtemps maintenu, à cause de la forte immigration qu’elle connaît, résultat d’un exode doucement toléré. Comme facteurs explicatifs, peut-on citer, l’échec des politiques gouvernementales successives depuis plusieurs décennies.

Restons en ville avec nos habitudes villageoises ...

Par ailleurs et comme facteur non négligeable de cette démographie galopante, on peut dire qu’avec le progrès de la médecine et le respect relatif de certaines mesures d’hygiène, un accroissement du taux de natalité et une baisse du taux de mortalité notamment infantile est à noter.

Pendant la colonisation, l’accent avait été mis par les gouvernants sur une politique de peuplement de Bamako. Cette politique trouvait sa justification dans le fort besoin de la main d’œuvre d’alors pour faire une ville.

Pour mettre fin à cette initiative coloniale et encourager les travaux champêtres, avec le début des indépendances en 1960, la nouvelle politique mise en oeuvre visait le contrôle du mouvement des personnes tant à l’intérieur qu’a l’extérieur des villes.

A partir de 1968, à la fin du régime socialiste, le phénomène s’inverse. La campagne se vide de ses bras valides au profit de Bamako et de quelques capitales régionales dont l’attraction ne cesse de grandir pour la population rurale, à cause des conditions simples comme l’existence de l’électricité et de la lumière.

Et que Bamako grossisse ...!

Avec pour objectifs autrefois de trouver des ressources nécessaires pour faire face à la saison des pluies, un caractère donc saisonnier, l’immigration a pris de l’ampleur et revêt aujourd’hui plusieurs formes dont un caractère définitif.

Ainsi à leur retraite, il n’est plus question et possible pour bon nombre de gens de retourner au village, où, il n’existe d’ailleurs aucune structure et infrastructure d’accueil aussi bien pour les parents que les enfants.

Par des mesures incitatives dissuasives et même parfois coercitives, l’exode rural était combattu. Des structures étaient mises en place dans les zones rurales pour assurer l’épanouissement et le bien-être de la population des campagnes.

Bref, il y avait une politique de fixation de la population dans les terroirs villageois avec la modernisation et la valorisation des activités traditionnelles : l’agriculture, l’élevage, et la pêche.

Les campagnes échangeaient leur production provenant essentiellement du secteur primaire contre les produits manufacturés importés ou nationaux et des services jugés indispensables.

06 septembre 2005.

Cheich Abd El Kader, architecte
abdelkader@afribone.net.ml
abdelkader@Koulikoro.net.ml

 

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