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  Urbanisme
Bamako : il était une fois, la vieille ville (4)

Comme cité urbaine Bamako a une histoire, un commencement, un noyau. Des efforts et sacrifices ayant contribué à sa création dépendront l’essor, l’ampleur et la grandeur de la cité. Selon que vous vous adressiez à un grand griot ou un petit Niaré, c’est le guerrier Fofana qui le dit, ce récit variera. Ce haut lieu est tout un symbole. Cependant la constante de chaque version, à n’en pas douter, sera l’implantation de la ville avec ses établissements humains. Ce noyau urbain, pour Bamako, porte le nom de Vieille ville. En avez-vous entendu parler ? Cette version est-elle la bonne ? Bonne lecture et merci d’avance pour votre contribution.

Des décisions déterminantes ...

Avec l’arrivée du chemin de fer Dakar-Niger en 1904, la ville de Bamako va connaître un grand essor comme annoncé dans nos précédentes parutions. L’an 1908 devient le tournant dans l’histoire de la ville. En effet cette année là, sur décision des autorités coloniales d’alors, la capitale du Haut Sénégal-Niger est transférée de Kayes à Bamako.

Dans la ville, ce transfert est accompagné et matérialisé par trois décisions capitales :
- La création sur le Point F de Bamako, plus connu sous le nom de Koulou Ba (ou la Grande Colline) du siège du pouvoir administratif ;
- Le transfert des autorités militaires sur le plateau ventilé de Kati, place forte de défense de la capitale et une de ses portes d’entrée et de sortie ;
- De l’érection sur le point le plus haut de Bamako, une stratégie défense et de protection sur le plan de l’hygiène, le Point G des infrastructures sanitaires.

L’implantation du siège de la Chambre de commerce de l’agriculture et de l’industrie et la réalisation de deux collecteurs des eaux usées et vannes, parmi tant d’autres, apportent une notable amélioration des conditions d’hygiène.

Ceci suscite favorablement et considérablement l’accroissement démographique. Aujourd’hui bon nombre de ses grandes infrastructures d’assainissement, très souvent méconnues et sous exploitées, sont tombées en désuétude.

En ce temps, la colonie était présidée par le Gouvernement de Clozel.

Un tournant, et non des moindres ...

Il faut attendre les années 1920, pour voir le véritable développement urbain de la ville Bamako s’effectuer par l’implantation de grands équipements entre autres, le marché Rose, la Radio, etc.

Ce formidable développement urbain s’accompagne et se concrétise par la création de nouveaux quartiers d’habitations et de commerce avec comme éléments forts la Gare ferroviaire ainsi que les grandes infrastructures routières, dont la route de Guinée.

Cette dernière infrastructure constitue et offre ainsi, une autre porte sur la Côte et la mer.

La Vieille Ville, sous l’angle du développement urbain ...
Le développement urbain de la ville coloniale de Bamako, troisième étape de sa vie, fait bénéficier en aménagement les quartiers de Bagadadji et la partie Est de Niaréla, de trames régulières “en damier”.

Par contre le “triangle” du quartier de Bozola, comme pour souligner son conservatisme et sa différence, n’a pas connu de sensible et profonde modification.

Les quelques voies principales le ceinturant et le quadrillant lui permettent de conserver son organisation spatiale traditionnelle, avec une image cuisante d’un village indigène.

Le “triangle” du quartier de Bozola ...

Le triangle de Bozola, avec une superficie de près de 14 hectares, est situé entre :
- Le Boulevard du Peuple à l’Ouest,
- L’avenue de Sikasso à l’Est, l’Institut National des Arts (INA) au Nord
- Et l’avenue Pasteur au Sud.

Ce fameux triangle comporte neuf blocs multiformes, émaillés de ruelles tortueuses et sinueuses lui conférant ainsi un air de véritable labyrinthe.

Ces ruelles, fameux "Bolon Bolonni" en langue bamanan, dépassent rarement 2 mètres de large et relient et traversent souvent plusieurs concessions familiales ou claniques.

Aujourd’hui encore, cette forme d’organisation spatiale de Bozola constitue un véritable héritage historique de notre manière de vivre et de faire et de savoir-faire, qui n’a pas subi aucune influence coloniale ou moderne.

(à suivre)

26 juillet 2005

Bibliographie :
Archive et bibliothèque nationale

Crédit photo :
Collections Fortier et personnelle

Cheich Abd El Kader, architecte
abdelkader@afribone.net.ml
abdelkader@Koulikoro.net.ml

 

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