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  L’Inter de Bamako
Attaque meurtiere de Sobane-Da : Il est temps de repenser la lutte contre le terrorisme au Mali !

Albert Einstein disait : « Si vous avez un problème et que vous comptez sur la classe politique pour le résoudre à votre place, vous avez deux problèmes : on ne règle pas les règles avec ceux qui les ont créés. »

Nous ne dirons jamais assez que la France coloniale est bel et bien au cœur de la problématique du terrorisme dans la zone sahélo-sahélienne. Pour un besoin de vérité pour les générations futures, il convient de rappeler qu’hier la France a travaillé d’arrache pied pour son maintien sur la terre de nos ancêtres en sa qualité de puissance coloniale.

La délimitation de la zone dite de l’Azawad par cette France coloniale n’était pas dépourvue d’intérêts géo-stratégiques tant il était vrai qu’en dépit des pressions internationales et des peuples, le général De Gaulle avait remué ciel et terre pour la perpétuation du régime colonial chez nous.

Pour ce faire, il s’était engagé dans une tournée ouest-africaine pour proposer aux peuples colonisés de choisir de rester dans la Communauté française avec la possibilité d’une indépendance progressive, ou alors d’opter pour l’indépendance immédiate mais avec toutes les conséquences.

Surprise désagréable pour lui, la Guinée de Sékou Touré avait opté pour l’indépendance immédiate. Le guide de la Révolution guinéenne a jeté à la face de l’hôte De Gaulle, le 28 septembre 1958 : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ! ». La suite a été dramatique pour le peuple travailleur de Guinée. Mais l’on dit souvent que lorsqu’un peuple se met en marche, rien ne peut l’arrêter.

La Révolution guinéenne s’est poursuivie avec Sékou Touré. Comme une traînée de poudre, les pays africains, les uns après les autres, ont recouvré leur indépendance. C’est bien le début d’une révolte généralisée contre le colonialisme français. Et comme on le sait aussi, la France ne peut vivre que de l’exploitation et de l’oppression des peuples. Le retour de la France sur le sol du Mali était un gage pour tous les pouvoirs qui se sont succédé en France.

Pour assouvir cette sale besogne, la France a dû soutenir la rébellion dite touareg dans le septentrion du Mali. Après avoir créé et soutenu le chaos dans notre pays, la France s’est faite inviter par ses amis maliens qui n’avaient et qui n’ont que faire de la dignité et de l’honneur de notre peuple travailleur.

Ainsi, depuis janvier 2013, la France et ses soldats pavanent dans notre pays. Comme pour se voiler la face, les politiciens français et maliens ont œuvré à l’arrivée de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) dans notre pays. Que font donc les forces françaises et de la MINUSMA depuis leur débarquement chez nous !

La question mérite une réponse parce que notre peuple veut la vérité dans cette prétendue lutte contre le terrorisme. En attendant, il convient de rappeler que les honneurs se sont accumulés sur notre sol, des tueries de Aguel Hoc (en janvier 2012) à Sobane-Da, en juin 2019. Les carnages de Nampala, en janvier 2018, de Dioura, en janvier 2012, de Koulongo et de Ogossagou, en mars 2019 et de Sobane-Da en juin courant, ont été particulièrement effroyables.

Pour noyer le poisson, des politiciens crapules en mal de crédibilité et à la solde de leur conscience française s’évertuent à faire croire aux Maliens que les Peulhs et les Dogons sont en conflit dans le centre de notre pays quand bien même ces deux (02) communautés ont vécu ensemble des siècles durant dans l’harmonie et la concorde.
De plus en plus, ces politiciens véreux à la solde de la France coloniale sont démasqués par les masses laborieuses du Mali. Si depuis janvier 2019, 250 civils furent massacrés, il convient de dénombrer à Ogossagou cent soixante (160).

L’horreur s’est poursuivie à Sobane-Da avec des chiffres différents communiqués à propos des morts. Selon le gouvernement de la République du Mali, trente-cinq (35) civils ont été tués à Sobane-Da, pendant que de l’autre côté du chef de village, on dénombrerait quatre-vingt-quinze (95) morts. Suite aux massacres de Ogossagou, le président a tout simplement démis de leur fonction certains chefs militaires. Les tueries de Sobane-Da ont entraîné le limogeage du gouverneur de Mopti.

Aujourd’hui, le constat est unanime : la présence de soldats français et de la MINUSMA, au lieu de protéger les Maliens contre les horreurs les livre, ipso facto, aux tueurs. Cela permet au citoyen lambda de se rendre à l’évidence que la sécurité des Maliens ne peut être assurée que par les propres fils du Mali. Aussi, se rend-t-il compte que la France fait partie intégrante du problème de la rébellion au Mali et qu’en conséquence, elle ne saurait en aucun cas servir la cause de la paix.

Comme l’a dit Albert Einstein : « Si vous avez un problème et que vous comptez sur la classe politique pour le résoudre à votre place, vous avez deux (02) problèmes : on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. »

Aujourd’hui donc, le peuple a compris ses politiciens et se rassure que ceux-ci sont pour l’écrasante majorité, au service de la France coloniale et néocolonialiste. Ainsi, les gouvernants doivent comprendre que le silence du peuple malien face aux drames à répétition au Mali ne signifie pas un seul instant qu’il partage la gestion qu’ils font de la question.

Il est donc important de savoir avec Louis Auguste Martin que : « Le silence d’un peuple n’est qu’un effet de contrainte et non pas une adhésion volontaire à la servitude. C’est le plus souvent le couvre-feu d’une révolte à venir. »

Un des signes avant coureurs de cette révolte est l’opposition, la fin de non recevoir du Quartier général (QG) de la MINUSMA à Badalabougou au cœur de notre capitale. Nul doute que notre peuple est victime de la fracture née de la gestion calamiteuse de la question touareg dans notre pays.

Aboubar Tamboura, dans son œuvre intitulée : ‘’Le conflit touareg et ses enjeux géopolitiques au Mali’’, disait : « Au Mali, la fracture commencée, en 2012 est née, semble-t-il de la rencontre de facteurs de géopolitiques internes et externes, au-delà d’une lecture purement internationale de la crise (souvent trompeuse). N’y a-t-il pas un phénomène d’usure des institutions dont l’immobilisme de la présidence d’Amadou Toumani Touré (ATT) a été le symbole et l’illustration ? »

Tout compte fait, les démocrates ont montré à la face de notre peuple toutes leurs limites objectives dans la gestion des affaires de la nation malienne. Ce constat cuisant est sans appel. L’attaque meurtrière de Sobane-Da (35 morts) prouve, si besoin en est, l’impérieuse urgence de repenser la lutte contre le terrorisme au Mali.

La paix est à ce seul prix ! Il est grand temps pour les démocrates de reconnaître qu’ils ont lamentablement échoué dans la conduite des affaires de la nation. Ils ont longtemps trompé les Maliens.

Ils doivent se convaincre de cette réflexion d’Emile Fottorino : « La démocratie ouvre la porte à la liberté qui débouche sur la revendication. Une fois recouvré leur dignité, les hommes ne supportent plus l’insupportable. Démocratiser sans développer, c’est allumer une poudrière. »

Que Dieu sauve le peuple travailleur du Mali !

Fodé KEITA
Le 17 Juin 2019

 

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