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  L’Aube
Armée malienne : les dessous d’un affrontement

Après le coup d’Etat du 22 mars dernier, qui a brisé la chaîne du commandement, l’armée malienne était encore au devant de la scène, le jour de la fête du travail, avec des affrontements acharnés entre les bérets verts et le 33è régiment des commandos parachutistes de Djicoroni.

Tout a débuté le lundi 30 avril aux environs de 17 heures. Les populations vaquaient librement à leurs occupations quand tout d’un coup éclatent des coups de feu. Difficile de savoir sur le champ ce qui s’était passé. Chacun cherchait à se mettre à l’abri des armes qui crépitaient dans tous les sens. C’était le sauve-qui-peut.

Les raisons de l’escalade

Tout a commencé lorsque, peu avant la tombée du crépuscule, certaines unités du 33è régiment des commandos parachutistes ont tenté de prendre le contrôle de la télévision nationale, du camp de Kati ainsi que l’aéroport international de Bamako Sénou.

A l’ORTM, les militaires qui gardaient les lieux avaient été surpris par l’arrivée des éléments du bataillon para qui ont occupé la radio avant d’y être délogés par des renforts venus de Kati. Selon plusieurs sources, le Colonel Abidine Guindo, ancien aide de camp de Amadou Toumani Touré, était le seul chef d’unité qui a toujours refusé de faire allégeance au Cnrdre. Ce qui a créé une situation de brouille entre son unité et le Cnrdre.

Le colonel Guindo aurait ainsi décidé de mettre fin à l’hégémonie de ce comité omniprésent, (malgré le retour à l’ordre constitutionnel), en s’attaquant à la garnison de Kati. Pour mener cette opération, certaines sources évoquent l’infiltration des bérets rouges par des mercenaires venus de certains Etats voisins. Toute la nuit du lundi 30 avril au mardi 1er mai derniers, bérets verts et rouges se sont livrés à des combats acharnés, en divers endroits de la capitale, particulièrement à Kati, Djicoroni, Koulouba.

Le mardi, dans la matinée, les populations apprennent, à travers un communiqué lu à l’aube par le lieutenant Mohamed Issa Ouédraogo, membre du Cnrdre, que c’est un coup d’Etat contre le Cnrdre et les institutions, qui a été déjoué. Le porte parole du capitaine Sanogo rassure les populations de la maîtrise de la situation et fait état de l’arrestation de certains meneurs.

Mais, s’agit-il réellement d’une tentative de déstabilisation des institutions ? C’est la version du Cnrdre. Alors que c’est une toute autre version qui est avancée par les commandos parachutistes de Djicoroni où, indique t-on, des militaires en béret vert étaient arrivés au camp de Djicoroni (camp des bérets rouges) avec un mandat du capitaine Sanogo pour mettre aux arrêts le commandant de l’unité, le colonel Abidine Guindo. Celui-ci, mettant en avant ses galons, n’aurait jamais voulu faire le déplacement à Kati pour aller répondre aux multiples convocations du chef du Cnrdre. Finalement après les interventions infructueuses de plusieurs personnes dont les sages et les griots, le capitaine Amadou Haya Sanogo, aurait décidé d’arrêter le colonel Abidine. C’est suite à ce premier incident que seraient partis les premiers accrochages qui se sont soldés par plusieurs morts parmi les commandos parachutistes dont le camp a subi l’assaut des tanks de la garnison du camp Soundiata de Kati.

La traque aux bérets rouges

Quel est aujourd’hui le sort de cette unité d’élites ? La question est sur toutes les lèvres. Car depuis ces incidents malheureux, les bérets rouges font face aux forces coalisées de l’armée. Une fouille systématique est organisée dans les maisons et dans les quartiers où les pièces d’identité sont contrôlées avec l’objectif de traquer tout élément appartenant au 33è régiment du bataillon para. Cette situation a contraint aujourd’hui les bérets rouges à se fondre dans la population civile, en évitant de porter tout signe qui puisse indiquer leur corps d’appartenance. Cette situation qui ne grandit point notre armée, interpelle aussi bien les organes de la transition que la classe politique. L’armée malienne, déjà confrontée à beaucoup de difficultés, doit travailler à préserver son unité et sa cohésion sans lesquelles elle ne pourra ni rassurer les populations, ni libérer les villes nord du pays toujours aux mains du Mnla et d’Ançard-dine.

Oumar Diamoye

L’Aube du 7 Mai 2012

 

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